Adobe Creative Suite 6 : le dossier

Stéphane Ruscher
Spécialiste informatique
16 août 2012 à 18h22
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Flash : réorientation vers les applis mobiles et le jeu

Adobe martèle le message depuis la dernière édition de sa conférence MAX, et encore plus depuis l'arrêt du développement de la version mobile de son plug-in : l'éditeur entend bien faire cohabiter Flash et HTML5, réservant le premier à ce que ne sait pas encore faire le second. À savoir le jeu sur navigateur web et la réalisation d'applications mobiles en utilisant les ponts entre Adobe AIR et les plateformes comme iOS ou Android

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On se souvient que la fonctionnalité de création d'applications mobiles en utilisant Adobe AIR avait fait couler beaucoup d'encre à la sortie de Flash Professional CS5. Apple interdisant l'exécution d'un compilateur à l'intérieur d'une application iOS, les développeurs Flash se voyaient barrer la porte de l'App Store. Une des raisons invoquées par Steve Jobs à l'époque, était la volonté d'Apple de ne pas niveler sa plateforme logicielle vers le bas, et d'inciter les développeurs à créer uniquement des applications tirant pleinement parti des fonctions natives d'iOS.

Depuis Apple a assoupli sa position et supprimé cette condition d'utilisation de l'App Store. Les applications AIR étaient donc à nouveau les bienvenues sur iPhone, iPod Touch et iPad, et certaines, comme la version iPad du célèbre jeu Flash Machinarium, se sont avérées de grands succès.

Flash Professional poursuit dans cette voie avec de nouvelles possibilités pour les applications mobiles. Pour la plupart, celles-ci sont tout simplement des intégrations des fonctionnalités de l'environnement Adobe AIR 3.0.

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La principale nouveauté réside dans la possibilité d'intégrer l'exécutable Adobe AIR dans l'application, que l'éditeur nomme alors « Captive ». Pour les développeurs iOS, ça n'a rien de nouveau, puisque c'était déjà le fonctionnement permis par Flash CS5, et le seul moyen de compiler une application AIR pour la plate-forme. En revanche, il est désormais possible d'utiliser cette possibilité pour des applications à destination d'Android, mais aussi de Windows ou Mac OS X.

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L'autre nouveauté d'Adobe AIR à se voir intégrée dans Flash Pro CS6 est la prise en charge des extensions natives. Celles-ci permettent d'utiliser des fonctionnalités spécifiques des appareils, notamment les gyroscopes, les fonctions de vibration, les notifications ou encore la reconnaissance vocale. La prise en charge varie selon les plateformes : certaines extensions sont disponibles pour iOS et Android, d'autres réservées à une seule plateforme. Le site d'Adobe propose une liste d'extensions natives disponibles

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Pour intégrer une extension native à un projet AIR, il suffit alors, une fois l'extension téléchargée, d'ouvrir le panneau de paramètres de publication, puis les propriétés ActionScript 3.0 pour ajouter le chemin de celle-ci à la liste des bibliothèques.

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Adobe n'oublie pas pour autant le rôle de Flash pour les navigateurs web. Toutes les fonctionnalités existantes restent bien entendu de mise dans la version CS6, néanmoins, là encore, la nouveauté la plus emblématique de cette nouvelle version concerne... HTML 5 ! Ainsi, Flash Professional CS6 prend en charge une extension gratuite, disponible depuis le site d'Adobe, et permettant de convertir une animation Flash aux standards des navigateurs web modernes, en utilisant notamment Canvas et JavaScript. De quoi faire plaisir aux annonceurs : on peut ainsi sans trop d'effort toucher les utilisateurs de terminaux n'exécutant pas Flash sans trop compromettre l'expérience visuelle des publicités diffusées.

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Edge Preview : un recyclage de Flash en HTML 5 ?

En plus d'offrir à Flash Professional de nouvelles options de sortie vers des terminaux non compatibles, Adobe propose également avec Edge une nouvelle application destinée à la création d'animations utilisant les standards du web. L'application avait été dévoilée lors de la conférence Adobe MAX 2010, et reste encore à l'heure actuelle au stade de preview, mais elle est désormais réservée aux utilisateurs de la solution Creative Cloud. Comme pour Muse, on peut regretter l'absence totalement arbitraire d'Adobe Edge dans les versions Master Collection et Web Premium de la suite. Ça se tient comme incitation à passer à l'offre en ligne, mais c'est tout de même regrettable, dans la mesure où Edge s'avère particulièrement simple et efficace.

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Reprenant une interface à base de timeline assez proche de Flash (mais avec un thème de couleurs rappelant plutôt Premiere Pro et After Effects), Edge propose un fonctionnement également peu éloigné de la partie animation de Flash Professional, ou des premières versions de Flash, quand celui-ci était essentiellement un outil d'animation : on retrouve des éléments, des calques, des images clé, des interpolations, bref, tout ce qui permet de créer assez facilement des animations à base de formes vectorielles ou d'images bitmap.

Néanmoins, la différence se situe en coulisses : tout ce qui est créé avec Adobe Edge est en réalité du code JavaScript, HTML5 et CSS3, et peut donc être affiché sur n'importe quel navigateur « moderne ». L'application, encore au stade de preview, peut poser problème avec certaines versions spécifiques, mais dans l'ensemble, les dernières versions en date de Mozilla Firefox, Internet Explorer, Opera, Google Chrome et Safari nous ont semblé exécuter nos projets avec succès.

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Au-delà de la simple création d'animation, l'intérêt d'Adobe Edge réside dans l'ajout de code JavaScript personnalisé, permettant d'ajouter de l'interactivité aux animations. La dernière preview majeure, la version 6, apporte à ce sujet quelques améliorations au panneau de code. On entre alors dans un aspect un peu plus complexe du logiciel, mais de nombreux fragments de code prédéfinis permettent d'obtenir des résultats avec une courbe d'apprentissage relativement abordable.

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Bien entendu, comme toute application générant automatiquement du code à partir d'une interface WYSIWYG, Edge a su déjà s'attirer les foudres des puristes des standards du web : même si le logiciel utilise JavaScript, HTML et CSS, il ne fait, pour ses détracteurs, que reproduire les erreurs de Flash dans ses premières versions, mais avec d'autres technologies en coulisses : agrémenter les sites d'animations inutiles et générer du code difficilement compréhensible.

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Ces arguments sont valables, mais la cible d'Adobe est clairement celle qui cherche à obtenir des résultats convaincants et de manière relativement simple. Sur le web, cet objectif n'est pas toujours compatible avec les « bonnes pratiques » des standards. Néanmoins, Edge s'avère assez prometteur et apporte au moins la possibilité d'ajouter des animations et de l'interactivité aux pages web de manière simple, et à direction des terminaux, de plus en plus nombreux, ne permettant pas l'installation de Flash.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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