Fujifilm XP80 : présentation du compact étanche et verdict

Vidéo : Test du Fuji XP80

Nouveau capteur, résistance accrue, nouvelles fonctionnalités mais design inchangé : Fujifilm nous fait de la mise à jour en douceur. Il y a un point toutefois où le compact étanche reste imbattable, c'est sur le prix. On le trouve aujourd'hui à 170 euros (prix public de 199 euros). A titre de comparaison, le TG-4 d'Olympus culmine à près de 400 euros.

Présentation et prise en main

Cet XP80 nous fait nous poser une question : comment Fujifilm a-t-il réussi à gagner 5 m d'immersion et 25 cm de résistance aux chutes par rapport au XP70, sachant que physiquement les deux appareils sont des clones ? Fujifilm nous a répondu ceci : « même si apparemment rien n'a changé dans le « design » général, l'étanchéité de certains points très sensibles a été renforcée, ce qui autorise maintenant à descendre plus profond. » Le XP80 résiste donc à 15 m et 1,75 m de chute. Poids plume, il fait toujours 179 g.

La prise en main du compact est bonne, sécurisée par les picots en plastique au niveau du pouce et la barre d'appui métallique dans le prolongement du pavé multi-directionnel. L'écran n'est pas le plus beau, loin de là, mais il se montre suffisamment lumineux pour être bien vu sous l'eau. C'est toujours une dalle TN avec de mauvais angles de vision depuis le bas : ça peut poser problème même si en snorkeling, on est plus souvent en position inverse, à surplomber l'appareil.

Fuji XP80


Côté menu, même topo que sur le Canon D30, en pire. Pour aller chercher le mode subaquatique alors que l'appareil est en automatique, il faut appuyer sur la touche menu, aller à droite dans le « mode prise photo », descendre 16 crans plus bas et valider ! Et pour passer en macro, non, appuyer sur la touche fleur du pavé multi-directionnel ne donne rien. Il faut retourner dans le « mode prise photo » et descendre un cran en dessous encore. En revanche, la manette de zoom qu'on trouve pas imprécise dans l'air est plutôt agréable dans l'eau.

Rapidité et qualité d'image

Le Fujifilm XP70 était jugé dans la moyenne en termes de réactivité, cet XP80 ne fait pas mieux, et même un peu moins bien. 2,55 s au démarrage, c'est long. Heureusement, Fuji se rattrape avec la rafale à 10 im/s. Et l'interface, à défaut d'être bien ordonnée, reste fluide.

FujiXP80 timings


Côté imagerie, Fujifilm passe sur un nouveau capteur CMOS BSI, toujours bien pixelisé (16,4 mégapixels). Malheureusement, la déception d'avant demeure : les images sont déjà bruitées à 100 ISO, puis elles se dégradent continuellement. Le traitement fait perdre du détail très rapidement, la colorimétrie plonge dès 400 ISO, l'objectif assez quelconque renforce le manque de précision des clichés. Paradoxalement, à 800 et 1600 ISO, les résultats sont plus dans la norme quand on les compare aux autres appareils. La déception pointe surtout entre 100 et 400 ISO.

Sous l'eau, le XP80 est incontestablement en retrait. Bien qu'il parvienne à rester sous les 200 ISO, ses images sont ternes, peu détaillées et souvent floues. La colorimétrie, certes assez proche de la réalité, mériterait tout de même un petit coup de compensation. Sans compter, même si c'est moins grave, que l'exposition manque souvent de pêche (pour des photos de poissons, ça craint). Bref, dans l'absolu on pourrait se dire que le XP80 fait l'affaire mais quand on le met face aux autres, le bât blesse.

DSCF1026


Fonctionnalités et vidéo

C'est là que Fujifilm compte jouer ses principales cartes avec plusieurs nouveautés dans la besace du XP80 : le contrôle à distance de l'appareil via l'application Fujifilm camera remote (avant, le Wi-Fi n'était exploité que pour transférer des images de l'APN vers le smartphone), le time lapse, un nouvel effet dessin et une fonction Action camera (qui désactive le zoom et éteint l'écran). Des ajouts effectivement bienvenus, même s'il n'y a rien de révolutionnaire dans le lot.

Le XP80 conserve sinon la bonne dotation du XP70, avec photo HDR, panoramique à 360°, nocturne sans trépied et, bien sûr, le mode vidéo en 1080p à 60 im/s. Les rushs mériteraient toutefois un encodage moins compressé (13,6 Mbps, c'est peu) tandis qu'ils profiteraient pleinement d'une stabilisation optique (ici elle n'est que mécanique). Un mix entre Fuji (pour la fluidité) et Canon (pour la qualité) serait idéal. Dommage que la qualité d'image, d'une manière assez globale ici, ne suive pas…

Conclusion

Fujifilm nous propose avec son XP80 des évolutions bien timides. Son compact précédent était à la traîne dans la course à celui-qui-descend-le-plus-loin-sous-la-surface-de-l'eau, celui-là revient dans la compétition. Le XP80 propose des nouvelles fonctionnalités qui ne révolutionnent pas l'espèce mais sont toujours bonnes à prendre : contrôle en Wi-Fi, mode action camera et time lapse. Sorti de ça, le XP80 apparaît comme un XP70 renommé. Son nouveau capteur donne les mêmes résultats quelconques que précédemment, l'appareil n'est pas plus rapide. Un peu décevant de la part de Fujifilm, même si au risque de nous répéter, aucun fabricant ne nous a semblé bien créatif sur cette nouvelle cuvée 2015. Le prix, 170 euros, reste un des éléments clé, sinon le plus important, de la fiche technique du XP80. Il y a mieux, c'est indiscutable, mais il faut débourser au bas mot une centaine d'euros de plus…

Modifié le 08/07/2015 à 16h23
Commentaires

BE GEEK ! Avec clubic