Test du Honor 8 : faut-il payer plus de 400 euros pour un smartphone Android ?

Le constructeur chinois poursuit son irrésistible et double ascension - Huawei et Honor évoluent en parallèle - dans le segment du smartphone dit haut de gamme mais à tarif très serré. Successeur d'un Honor 7 réussi et cousin du séduisant P9, le Honor 8 profite d'une filiation avantageuse. Est-ce suffisant pour devenir une nouvelle référence ?

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Le Honor 8 est un smartphone au format 5,2 pouces, comme le Honor 7 et le Huawei P9. En apparence, c'est davantage du second qu'il tient. Ceci est en grande partie dû à la présence d'un double appareil photo au dos du terminal. Là-aussi, l'idée c'est de séparer la capture monochrome de celle RVB, afin d'isoler les traitements et d'améliorer le rendu. Mais cette fois, point de partenariat avec Leica, ni l'exact même fonctionnement.

La forme du smartphone est classique, à ceci près que le constructeur a opté pour un verre 2,5D (arrondi sur les bords) en façade comme au dos de l'appareil. Côté design en revanche, le modèle bleu détonne quelque peu dans une offre où l'on singe bien volontiers. D'abord parce que le cerclage métallique est teinté dans la masse, ensuite parce que le téléphone brille de manière inhabituelle (façade, galbe du verre 2,5D, chanfreins) et surtout parce que le motif à microsillions dans le dos provoque une multiplication des reflets lumineux, un peu comme sur un vinyle (Honor parle « d'effet limé »). Ce motif est logé sous les quinze couches de verre, la surface est donc parfaitement lisse. Ça nous rappelle les Galaxy S6 et S7, avec un effet toutefois largement accentué ici.

© Clubic.com
Le Honor 8 en détails
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La prise en main est agréable, le téléphone étant à la fois lisse et doux, tout accrochant bien grâce aux chanfreins affutés. En revanche, c'est la fête aux empreintes et traces de doigts : le choix du verre, que d'autres ont essayé et dont ils sont revenus, nous laisse un peu perplexes. Et on ne parle pas de solidité...


Présentation et caractéristiques du Honor 8


Le Honor 8 affiche des dimensions situées entre celles d'un Galaxy S7 (5,1 pouces) et d'un OnePlus 3 (5,5 pouces). Logique, c'est du 5,2 pouces, un format intéressant, trop rarement utilisé à notre goût. Le Honor 8 est particulièrement fin (7,45 mm) et léger (153 g). On notera en revanche que l'intégration de l'écran aurait pu être meilleure : ici, il occupe 71 % de la face avant du téléphone alors que sur un OnePlus 3 le ratio grimpe à 73,8 % (malgré une vraie ligne de boutons matériels).

Honor8 11

Le Honor 8 à côté du OnePlus 3

En revanche, la dalle IPS de technologie LTPS (équivalent de l'IGZO de Sharp, avec l'électronique embarquée sur chaque pixel) flatte agréablement nos pupilles. La luminance musclée de 506 cd/m², associée à un noir de 0,37 cd/m² aboutit au taux de contraste élevé de 1367:1. Rien n'égale, en la matière, le noir total d'une dalle AMOLED comme sur le OnePlus 3 ou les Galaxy S de Samsung, mais pour de l'IPS, c'est très bien. Les angles de vision sont très larges, la balance des blancs froide de base (7881 K) se règle bien grâce à l'astucieux cercle chromatique pour revenir à 6829 K au mieux. Le seul reproche qu'on serait tenté de formuler, c'est : pourquoi avoir cherché une colorimétrie aussi flashy, proche de l'AMOLED, alors que l'IPS tend normalement bien davantage vers la fidélité ?

Honor8 capture (2)

L'autre signe distinctif, c'est le capteur d'empreintes digitales situé au dos du terminal, capteur qui est personnalisable et cliquable (en plus d'être rapide et efficace). Ce que Honor appelle « le bouton intelligent » peut remplir d'autres fonctions, en plus du déverrouillage biométrique : un clic, deux clics, un appui long et plusieurs gestuelles contextualisées (on effleure vers le bas pour afficher le panneau de notifications, on glisse vers la gauche ou la droite pour faire défiler des photos, on maintient appuyé pour prendre un appel ou annuler une alarme, etc.). Toutes les applications présentes dans le smartphone peuvent ainsi être assignées. On apprécie, plus globalement, le haut degré de paramétrage de la sécurité et de l'ergonomie : trois usages de la biométrie (déverrouillage de l'écran, accès au coffre-fort, verrouillage d'applications), actions variées du « bouton intelligent » et « assistance intelligente » (gestuelles et mouvements du téléphone, mode gant, personnalisation de l'interface, etc.)

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logo Honor 8
L'enregistrement des empreintes digitales se fait de manière classique (et rapide) en apposant le ou les doigts voulus sur le capteur, plusieurs fois de suite.
Outre l'aspect cliquable du capteur biométrique, le Honor 8 propose également une série de gestuelles contextualisées.
C'est globalement toute l'interface qui se révèle bien flexible, en plus de la touche intelligente : gestuelles, mouvements, actions spécifiques (étui intelligent, casque audio, etc.), personnalisation de l'ergonomie des menus, etc.
Le capteur biométrique est cliquable et largement personnalisable.
On peut assigner toutes les applications ou outils de de son choix.
Cette sécurité biométrique sert à déverrouiller le smartphone mais aussi à accéder au coffre-fort et à verrouiller ses applications.

Le reste sort un peu moins de l'ordinaire : connecteur USB type-C, batterie de 3000 mAh avec recharge rapide (technologie maison assurant 47% de recharge en 30 minutes), trappe rassemblant la nano SIM et la microSD (peut servir de double SIM avec Nano et Micro, mais le port Micro est alors limité au GSM/EDGE), prise jack (qui aurait pu être un soupçon plus puissante) et une discrète cellule infrarouge (fonction télécommande). Le Honor 8 repose sur le SoC maison Hisilicon Kirin 950 (octuple cœur avec deux unités quadruple cœur dont un Cortex A72 à 2,3 GHz et un Cortex A53 à 1,8 GHz), associé à un coprocesseur i5, censé assurer « un meilleur traitement des données, un temps de réponse ultra-rapide et une autonomie maximale ». Autrement dit, une puce de très faible consommation qui fait l'intendance et réveille le SoC en cas de besoin. Le smartphone embarque 4 Go de RAM et 32 Go de stockage, extensible. Wi-Fi AC, Bluetooth 4.2 et NFC font partie du lot, tandis que toutes les bandes de fréquences LTE (sauf celle de 700 MHz) sont prises en charge. Notez pour ceux qui s'en inquiètent que le D.A.S. est élevé (maximum de 1,50 W/kg), même si toujours dans la limite fixée par l'Europe (2 W/kg).

Honor 8 spec

Côté interface, c'est la dernière version de Emotion UI, la 4.1, qui officie, basée sur Android 6.0. Honor a un peu chargé la mule en matière d'applications préinstallées : on en dénombre une quarantaine, sans compter celles de Google. Il ne reste donc que 22,4 Go disponibles de base. Toutefois, l'interface claire et fluide trouvera ses adeptes. Et notamment ceux qui n'aiment pas le tiroir d'applications (personnellement, ce que je n'aime pas, c'est d'avoir toutes mes applications sur les écrans d'accueil...). Ceci dit, il est toujours possible d'installer un autre launcher type Google Now pour ceux qui préfèrent la version native d'Android.

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Modifié le 07/12/2016 à 16h41
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