le dimanche 03 décembre 2017

Samsung brevette une batterie au graphène à charge ultra-rapide

Le géant coréen a mis au point une technologie pour multiplier jusqu'à cinq fois la vitesse de recharge de ses batteries. En les enduisant de graphène, celles-ci gagnent également jusqu'à 45 % de capacité supplémentaire.

Le graphène intéresse de nombreuses industries pour ses propriétés exceptionnelles de conduction thermique.

Un temps de charge à 100 % réduit à 18 minutes


Sa découverte valut à ses deux inventeurs le Prix Nobel de physique en 2010. Connu depuis 1947 mais très complexe à extraire, le graphène est aussi le matériau de base du graphite et des nanotubes de carbone. Les progrès récents pour l'extraire à l'échelle industrielle pourraient bien révolutionner le stockage de l'énergie. L'Advanced Institute of Technology de Samsung vient de lui trouver un usage prometteur pour les batteries de smartphone.

Samsung est en effet parvenu à créer des billes de graphène. En la plaçant comme un enduit à l'intérieur d'une batterie lithium-ion standard, cette dernière augmente sa capacité de stockage jusqu'à 45 %, et surtout, se recharge jusqu'à cinq fois plus rapidement. Le progrès est énorme : alors que les smartphones les plus récents promettent de réduire le temps de charge à une heure environ, le procédé de Samsung permettrait de tomber à seulement une vingtaine de minutes.

graphene


Des applications dans la santé, l'eau, la voiture, etc


L'enrobage au graphène aurait en outre l'avantage de ne pas affecter la durée de vie des batteries. Les tests menés par Samsung révèlent qu'après 500 cycles de recharge, la batterie conserve encore 78 % de ses capacités initiales. Le graphène possède en fait des propriétés exceptionnelles de conduction thermique, qui stabilisent et optimisent le processus de recharge.

Les chercheurs de Samsung développent leurs travaux dans un long papier publié par la très sérieuse revue scientifique Nature. L'exploitation du graphène n'en est qu'à ses tout-débuts, et il va sans doute falloir attendre pour le voir dans les batteries grand public. Son extraction est extrêmement complexe et horriblement chère : un mètre carré coûterait 600 milliards d'euros, mais ce chiffre est aujourd'hui contesté. Le graphène pourrait en tout cas révolutionner l'industrie : l'automobile d'abord, obsédée par le défi du temps de recharge des batteries, mais aussi le dessalage et la purification de l'eau de mer, ou encore la détection du cancer. Vous avez dit matériau miracle ?

Modifié le 01/12/2017 à 14h02
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