Internet Explorer 7, Firefox 2, Opera 9: le match

Des fonctionnalités toujours aussi innovantes


Au rang des nouveautés apportées par Opera 9, les deux plus « marquantes » sont plutôt uniques dans leur genre pour un navigateur web. En plus de son gestionnaire de téléchargement « classique », Opera 9 inclut désormais un client BitTorrent, permettant de profiter de la technologie Peer to peer sans avoir à installer un client tiers. L'usage est osé mais plutôt bien vu : après tout, BitTorrent n'est qu'une nouvelle technologie de téléchargement de fichiers, au même titre que le FTP. Le client ne dispose pas d'interface propre et s'intègre le plus naturellement du monde dans le gestionnaire de téléchargement d'Opera. Bien entendu, les habitués à Azureus et autres µTorrent n'y verront pas forcément de raison de se passer de leur client favori mais pour un usage occasionnel, la solution proposée par Opera est intéressante, et permet par exemple de profiter des liens BitTorrent souvent fournis par les éditeurs de distributions Linux, sans avoir à installer quoique ce soit. Notons également que le gestionnaire de téléchargement d'Opera, contrairement à celui de Firefox, permet de reprendre un téléchargement interrompu.

Opera 9 : BitTorrent
Opera 9 : transfert BitTorrent

Grâce au client intégré, pas besoin de client externe pour télécharger un lien Torrent


La deuxième innovation d'Opera paraît assez futile au premier abord, puisqu'il s'agit de l'ajout de « Widgets ». Bien connus des utilisateurs de Mac OS X ou de Yahoo! Widget Engine, ces petits accessoires, qui peuvent s'avérer assez gourmands en mémoire, permettent d'afficher en permanence une horloge, des indicateurs système, des flux RSS ou même des mini jeux. Etant donné les multiples solutions déjà disponibles (Yahoo! Widget Engine, Google Gadgets, Rainmeter, le Dashboard pour Mac OS X ...), on peut se demander si l'ajout d'une nouvelle boite à gadgets s'avère indispensable, pourtant la communauté semble suivre et on trouve quelques petites perles, certaines complètement inutiles mais amusantes comme un mini jeu mélange de RTS et de football, d'autres pouvant s'avérer complémentaires du navigateur. Ces accessoires peuvent être téléchargés et installés automatiquement depuis le site Opera Widgets, une manière pour Opera de fédérer une communauté de développeurs autour de son navigateur, à l'image de Mozilla. Concevoir ses propres accessoires requiert quelques connaissances en programmation mais Opera propose un outil permettant de créer plusieurs types de widgets (galerie photo, flux RSS ...) en quelques clics, accessible depuis cette page.

Opera 9 : widgets
Opera 9 : widgets
Opera 9 : widgets

Les widgets envahissent Opera : simples gadgets ou accessoires utiles ?


D'autres améliorations, moins visibles à priori, ne manquent pourtant pas d'intérêt. On trouve ainsi un outil de blocage du contenu permettant de personnaliser les éléments à afficher ou bloquer dans une page web. Appelé depuis le menu contextuel, l'option met en évidence les éléments qu'il est possible de bloquer. Un clic sur ceux dont vous souhaitez désactiver l'affichage et votre page se « nettoie ». L'outil est cependant plus limité que le couple Greasemonkey/Platypus pour Firefox, mais permet tout de même de se débarrasser de certains éléments récalcitrants.

Opera 9 : blocage du contenu

Un outil permet de bloquer certain contenus comme les images ou les animations Flash


De même, une option permet, pour chaque site, d'activer ou désactiver certains éléments : JavaScripts, GIF animés, plug-ins, sons, frames ... Cette fonctionnalité est également disponible dans les options de Firefox mais Opera permet de régler ces préférences pour chaque site, par un simple clic droit sur la page ouverte.

Opera 9 : gestionnaire de sites

Un outil permet de bloquer certain contenus comme les images ou les animations Flash


Une des fonctionnalités les plus appréciables d'Opera est sa prise en charge des feuilles de style CSS : le logiciel permet de les désactiver complètement, une fonctionnalité idéale pour vérifier la compatibilité de votre site avec les tendances actuelles de séparation complète du contenu et de la mise en page, mais aussi et surtout pour l'accessibilité des sites aux déficients visuels : Opera permet ainsi d'afficher les pages web dans des feuilles de style personnalisées (contraste élevé, polices de grandes tailles ...). Cette fonctionnalité dépend en revanche de la conception du site : idéalement, un site conforme aux standards du W3C s'affichera parfaitement. En revanche, les sites faisant un large usage des tableaux de mise en page seront rendus de manière plus anarchique. Ceci n'est pas imputable au navigateur lui même mais il faut souligner que, malheureusement, de nombreux sites très populaires n'ont pas été conçus pour être accessibles aux handicapés.

Opera 9 : styles CSS personnalisés
Opera 9 : styles CSS personnalisés
Opera 9 : styles CSS personnalisés

Les styles personnalisés permettent de rendre les sites accessibles aux déficients visuels


L'accessibilité est un des points forts d'Opera, proposant des fonctionnalités uniques que l'on ne peut qu'applaudir : intégration d'un lecteur d'écran pour non-voyants, lecture des pages par synthèse vocale, prise en charge des feuilles de style auditives, gestion des « mouse gestures » pour contrôler entièrement le navigateur par quelques mouvements de souris sont des détails qui honorent le navigateur norvégien. La version 9 continue dans cette voie avec la prise en charge de la reconnaissance vocale.

Toujours dans le domaine de l'accessibilité, il est possible de zoomer une page en avant ou en arrière en conservant la mise en page. Internet Explorer 7 a adopté cette fonctionnalité mais Opera est pionnier en la matière. Un mode « petit écran » permet également d'obtenir un aperçu du rendu du site sur un téléphone portable équipé d'Opera Mini.

Opera 9 : Zoom arrière
Opera 9 : Zoom avant
Opera 9 : Mini écran


La gestion des flux RSS est assez différente de ce qui est proposé par Internet Explorer et Firefox. Opera gère les flux RSS et Atom via une interface proche d'un client de newsgroups et pour cause : Opera intègre un client mail et newsgroups. On retrouve donc la disposition à double panneau classique d'un Thunderbird ou d'un RSS Owl, plutôt que des marque pages dynamiques ou une vue d'ensemble à la Internet Explorer 7 ou Safari. Cette approche classique est efficace mais il manque à Opera les fonctionnalités intéressantes d'ajout de flux à Netvibes ou Google Reader que l'on trouve dans Firefox 2.0.

Opera 9 : flux RSS

La gestion des flux RSS ne profite pas des innovations de Firefox 2.0 et Internet Explorer 7


En matière de sécurité, Opera rattrape son retard avec ses concurrents et la dernière version en date inclut un outil de protection contre le phishing. On trouve également la possibilité d'effacer toutes les informations personnelles et le contrôle des cookies. Tout comme Firefox, Opera est de toute manière très peu touché par des problèmes de sécurité, le logiciel n'exécutant pas les « fameux » ActiveX à l'origine de nombreux problèmes.

Opera 9 : effacer les informations privées

La gestion des flux RSS ne profite pas des innovations de Firefox 2.0 et Internet Explorer 7



Un premier bilan ?

Ce tour d'horizon nous permet déjà d'établir les différentes tendances. Internet Explorer 7 s'aventure, un peu trop, dans une refonte totale. Certains aspects sont très réussis : la navigation par onglets est enfin de la partie même si sa gestion n'est pas parfaite, l'intégration des flux RSS est agréable et la fonctionnalité de zoom des pages est un plus appréciable. L'interface est en revanche assez bancale : bien intégrée à Windows Vista, elle est incohérente sous Windows XP. Firefox 2.0 prend beaucoup moins de risques, et l'approche est certainement très sage mais on regrette tout de même que cette nouvelle version n'innove pas plus, même si les extensions permettent toujours de pallier ces manques. Opera 9 s'avère être une excellente surprise : toujours aussi innovant, le navigateur conserve ses fonctionnalités originales, ajoute quelques nouveautés intéressantes (même si on se pose la question de l'utilité réelle des « widgets ») tout en simplifiant son interface pour les néophytes.
Modifié le 28/06/2012 à 09h52
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