// HTC Magic et Dream : les Google Phones en test
Publié par Paul-E. Graff le Jeudi 9 Avril 2009
Sommaire
Premiers pas avec Android
Dès la première mise en service du téléphone, un assistant vous demandera de saisir vos identifiants et mot de passe Google (au besoin, vous aurez bien sûr la possibilité de créer un nouveau compte). Après avoir passé cette formalité, toutes les données PIM (email, calendrier, contacts) se synchroniseront automatiquement avec le compte Google qui a été associé au mobile. En clair, Android impose l'utilisation d'un compte Google ce qui en fait ni plus ni moins qu'une sorte de passerelle permettant d'accéder aux services connectés de Google.Les habitués des services connectés de Google ne seront pas dépaysés.
L'ergonomie est-elle au rendez-vous ?
L'écran d'accueil et son système de gadgets ont été bien pensés. Tout d'abord, on apprécie que le bureau s'étale sur trois écrans (il sera possible de passer de l'un à l'autre en effectuant un simple mouvement de l'index). Cette large surface pourra accueillir un grand nombre d'éléments de personnalisation (horloge, raccourcis, dossiers, widgets divers). Autre bonne idée : il est possible de visualiser un listing énumérant l'ensemble des notifications à tout moment en effectuant un mouvement d'index du haut en bas de l'écran (photo de droite). Pour finir, tous les programmes seront regroupés dans une sorte de « menu démarrer » accessible depuis la partie basse de l'écran (en mode portrait).Les entrailles du système ont bénéficié du même soin. Dans le menu des paramètres, les arborescences sont construites de façons suffisamment logiques pour que l'on trouve rapidement ce que l'on cherche. Au gré des mises à jour, le système devrait encore se bonifier, mais en l'état actuel des choses, Android est d'ores et déjà parfaitement fonctionnel. Au final, on constate que l'ergonomie ce nouveau système est tout bonnement excellente.
L'écran d'accueil et ses widgets, le volet des programmes et les notifications : les trois pierres angulaires de l'ergonomie d'Android.
Multimédia
Partie photo
L'HTC Magic et l'HTC Dream sont tous deux équipés d'un APN 3.2 mégapixels avec autofocus mais sans flash. Même si cette partie ne saurait rivaliser avec un appareil compact classique, la qualité est tout de même au rendez-vous ce qui pourra toujours dépanner ! Pour ce qui est de la partie logicielle, Google a préféré donner dans la sobriété. Alors que certains constructeurs s'évertuent à proposer des options fantaisies (cadres, effets visuels, etc.), le géant de Mountain View se contente d'aller à l'essentiel. Heureusement, cela ne signifie pas pour autant que les développeurs ont fait l'impasse sur les options utiles et pratiques. Les clichés réalisés pourront d'ailleurs être partagés (via mail ou MMS notamment) ou placés en fond d'écran. Un éditeur basique donne également la possibilité de rogner les photos. Les options fantaisies ne sont pas de la partie. Heureusement, les outils pratiques n'ont pas été oubliés.
Photos réalisées avec l'HTC Dream et l'HTC (cliquez sur les photos pour les agrandir (taille originale)
Partie vidéo
La partie vidéo peut être scindée en deux sous-famille avec d'un côté la capture, de l'autre la lecture. Depuis la dernière mise à jour (nom de code CupCake, version 1.5), il est en effet possible de capturer des petites vidéos au format 3GP avec l'objectif du mobile. Autant l'avouer de suite, cette option ne devrait pas dépasser le stade du gadget qu'on lance une fois dans l'année. La qualité des fichiers générés par ce biais ne laissera pas un souvenir impérissable (voir vidéo de présentation ci-dessous).Concernant la lecture des fichiers vidéo cette fois, du chemin reste également à parcourir. Tout d'abord, il est étonnant que le lecteur multimédia intégré se limite aux fichiers audio ! Pour pouvoir ouvrir une vidéo, vous devrez impérativement passer par la galerie multimédia. D'autre part, la galerie prend peu de formats de fichiers en charge. En résumé, elle se limite au 3GP et au MP4 (H.264 et H.263). Exit donc le format Divx et toutes ses variantes. Même si de nombreux lecteurs vidéo alternatifs sont disponibles sur l'Android Market (Meridian video player, par exemple), dans la plupart des cas, les cinéphiles devront tout de même passer par une phase d'encodage préliminaire (en utilisant des outils tels que Free Video Converter ou SUPER).
Le lecteur vidéo intégré devrait se bonifier avec l'arrivée des prochaines mises à jour.
Le lecteur audio
Le lecteur multimédia d'origine se limite, comme écrit plus haut, à la lecture des seuls fichiers audio. Ceux-ci doivent être encodé au format MP3, AAC ou AMR. Globalement, le programme affiche une très bonne ergonomie. Concernant les options cette fois, on trouve à peu près tout ce que l'on est en droit d'attendre d'un logiciel de ce type. Il est possible de créer des listes de lecture ou d'effectuer des tris par artiste, album ou titres, ou de rechercher un titre en particulier (en soumettant une chaine de caractères). Finalement, on regrettera peut-être simplement l'absence d'un tuner FM.On apprécie également la possibilité de couper l'écran pendant la lecture pour économiser ses batteries. Enfin, sur l'HTC Magic, il sera de suite possible de profiter de l'A2DP et de l'AVRCP. En clair, cette version du firmware donne la possibilité d'utiliser un casque stéréo sans fil Bluetooth. Attention, les premiers acheteurs du G1 d'orange devront attendre la publication de la mise à jour du firmware planifiée pour le 15 avril pour bénéficier de cette fonctionnalité.
Finissons par aborder la question du stockage des fichiers audio. Les premiers Smartphones Android reprennent le concept qui caractérise la majorité des mobiles Symbian, Sony Ericsson, RIM et Windows Mobile. Contrairement à l'iPhone, avec les HTC Magic et HTC Dream, la mémoire système est dissociée de la mémoire de stockage. Les fichiers multimédia devront donc être placés sur une carte d'extension au format microSD (compatible SD 2.0). À ce sujet, il pourra être bon de rappeler que le prix de ces cartes mémoire a fortement chuté ces deux dernières années. À titre d'exemple, aujourd'hui, une carte microSD de 8 Go coute entre 15 et 20 euros.
Dans l'ensemble, le lecteur audio donne entière satisfaction.
Synchronisation
Premier point et non des moindres : aucun logiciel de synchronisation n'est fourni avec les téléphones Android. Tout fonctionne en mode OTA. En réalité, avec le système de Google, on se situe à la limite entre la synchronisation et l'accès distant. Android est spécialement conçu pour s'intégrer dans l'écosystème de Google. Après un bref paramétrage, on retrouve instantanément ses données PIM Google (mails, contacts, calendrier). Le mobile s'apparente plus à une sorte de « fenêtre » donnant accès à la « nébuleuse Google ».Si cette caractéristique constitue un réel atout pour les amateurs des services Google, il n'en ira pas forcément de même pour les autres. Par exemple, les environnements professionnels regretteront probablement l'absence de prise en charge d'Exchange. Pour pouvoir utiliser le service de synchronisation des données de Microsoft, il faudra impérativement passer par un logiciel tiers qui s'avère payant. D'autre part, le push mail se limite au seul service Gmail.
Finalement, il faut bien admettre qu'en l'état actuel des choses, le système est relativement fermé. Dans un futur proche, il n'est pas impossible qu'une nouvelle mise à jour apporte l'ouverture qui fait défaut à Android mais pour l'instant, les détracteurs de Google pourront s'en donner à coeur joie. Après réflexion, on constate que Google a opté pour une stratégie similaire à celle de Microsoft. Sur Windows Mobile, tout est fait pour favoriser Exchange. De son côté, Android, force purement et simplement la main de ses utilisateurs pour promouvoir les services en ligne made in Google. Le système est fourni gratuitement aux constructeurs OEM, mais cela ne signifie pas pour autant que Google écarte toute notion de profit. Le modèle économique d'Android repose d'ailleurs en bonne partie sur les capacités de synchronisation en ligne.
D'autre part, on regrettera peut-être aussi l'absence d'un programme de synchronisation compatible avec les principaux environnements logiciels du marché (Windows, Mac OS, etc). Même si les synchronisations en mode OTA se suffisent à elles-mêmes, le fait de ne pas pouvoir garder la main sur la gestion des PIM risque de rebuter un certain nombre d'utilisateurs. Avec les mobiles concurrents, cette caractéristique donne la possibilité de réaliser des sauvegardes locales en toute facilité.
Quid de la navigation Web
Un navigateur Web est intégré nativement sur Android. Il s'agit de Chrome Lite, l'équivalent mobile du navigateur « desktop » de Google. Si la version classique se montre particulièrement convaincante, l'opus mobile ne laissera pas un souvenir impérissable. Même avec la dernière version (mise à jour CupCake 1.5), on constate de nombreux ralentissements lorsque l'on fait défiler les pages Web à l'aide de l'index. Pour entrer dans le détail, il ne s'agit pas d'un problème de débit de données. En effet, en Wi-Fi, on constate le même manque de réactivité. En réalité, le problème provient d'un manque de puissance. Google devra revoir sa copie pour optimiser la partie logicielle, ou opter pour un hardware plus puissant. Même si ces ralentissements ne sont pas rédhibitoires, ils entrainent une gêne suffisamment grande pour être signalés.De plus, sur le plan ergonomique, la fonction de zoom est beaucoup moins intuitive que celle de l'iPhone. Pour modifier l'échelle de la page, il faudra effectuer « un double tap » sur l'écran de manière à faire apparaitre une sorte de « manivelle virtuelle » (voir photo de droite). Cette dernière donnera la possibilité d'agir sur le niveau de zoom… Ce choix discutable s'explique en partie par le fait qu'Apple a breveté la technologie du multitouch. Cette dernière est utilisée sur iPhone et iPod touch. Rappelons que sur ces appareils, il suffit d'écarter le pouce et l'index pour modifier le format d'affichage.
Gestionnaire de favoris et fonction de zoom.
Concernant les standards supportés cette fois, à l'instar d'Apple et Microsoft, Google a décidé de faire l'impasse sur le flash. Cette absence ne devrait être que temporaire, le géant de Mountain View a d'ores et déjà annoncé qu'il comptait ajouter la prise en charge de ce format lors d'une prochaine mise à jour. L'initiative est louable, mais une question technique subsiste… En l'état actuel des choses, Chrome Lite ne brille pas par sa fluidité, qu'en sera-t-il lorsque Flash sera de la partie ? Rappelons que cette technologie d'animation vectorielle est particulièrement gourmande en ressources matérielles. Au rang des absents, on pourra également mentionner les Gifs animés. Ces derniers s'afficheront comme s'il s'agissait de simples images fixes. Au final, Chrome Light est donc incompatible avec les deux principaux formats d'animation que l'on rencontre sur le Web. Heureusement, la prise en charge de ces deux standards n'est pas encore indispensable. Les sites réalisés intégralement en flash restent suffisamment rares pour que cette absence n'handicape que moyennement le navigateur mobile de Google. La capacité à interpréter le Javascript est beaucoup plus importante… Bonne nouvelle, Chrome Light est compatible avec ce langage de programmation.
Quelques imperfections ?
Les qualités d'Andoid sont très nombreuses, mais cela ne doit pas nous faire oublier qu'un certain nombre d'imperfections subsistent. En dehors des quelques lenteurs du navigateur Web (Chrome Light) et des carences en matière de lecture vidéo, un certain nombre d'autres points d'ombre subsistent. Tout d'abord, on pourra pointer du doigt l'impossibilité d'installer un programme ailleurs que dans la mémoire système ! Finissons par le point le plus gênant : il n'est pas rare de constater des instabilités avec les applications tierces ou natives (même avec le dernier firmware en date). Gageons qu'une nouvelle mise à jour corrige ce problème. Lors de sa sortie, le mobile d'Apple ne faisait pas beaucoup mieux… Google a encore le temps de revoir sa copie.Il arrive trop souvent que l'on constate des fermetures inopinées d'applications.






















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