Chronophotographie et HDR : 2 effets pour vos photos

HDR : une image parfaitement exposée et riche en détails

Depuis quelques temps, il est impossible de s'intéresser à la retouche sans tomber sur la notion d'images HDR (pour High dynamic range). De quoi s'agit-il ? Tout simplement d'une technique conçue pour obtenir des images dotées d'une plage dynamique étendue, à même de faire apparaitre des informations à la fois dans les parties les plus claires et les plus sombres de l'image.

	 HRD - Gimp
	 HRD - Gimp

La première photo ne contient pas de détails dans les ombres tandis que la seconde en manque dans les hautes lumières. La question qui se pose au photographe est alors la suivante : quelle partie de la scène privilégier ?

	 HRD - Gimp final

La technique du HDR permet de ne plus avoir à faire de compromis sur les détails, et ce sans se soucier de la luminosité


L'enjeu n'est pas des moindres plus qu'il s'agit ni plus ni moins que de l'un des problèmes majeurs auxquels se heurte le photographe lorsqu'il s'intéresse à une scène présentant de forts contrastes. Très souvent, dans ces conditions, il faudra choisir entre exposer pour les hautes lumières ou pour les ombres, faute d'un capteur capable de capturer les deux extrémités du spectre.

Quelles solutions matérielles pour une dynamique plus étendue ?

Le problème auquel se heurte le photographe est en effet purement matériel et causé par les limitations propres à notre équipement. Aujourd'hui, seul Fuji offre une piste crédible avec son nouveau capteur tout juste dévoilé (voir cette brève pour plus de détails). Ce capteur fait fonctionner les pixels en binôme et spécialise chacun d'un, l'un étant chargé d'enregistrer l'information présente dans les hautes lumières, l'autre dans les ombres. Pour permettre aux photosites d'enregistrer l'information contenue dans les zones d'ombre, FujiFilm joue sur le temps d'accumulation qui sera accru. Astucieux ! Malgré l'existence d'une telle voie, aucune piste matérielle convaincante ne s'offre vraiment au photographe qui devra donc se tourner vers d'autres solutions pour dépasser les limites que nous venons de mentionner.

Fuji capteur Super CCD EXR

A quand une solution matérielle vraiment convaincante ?


Quelles solutions logicielles pour une dynamique plus étendue ?

Deux possibilités s'offrent au photographe pour bénéficier d'une dynamique plus étendue :
  • Travailler à partir de fichiers bruts, plus riches en détails car codés sur 12 bits (voire plus) au lieu de 8 bits pour les classiques Jpeg : les fameux fichiers Raw. Cette solution très intéressante suppose toutefois du temps (et une idée précise de ce que l'on cherche) et des moyens (un logiciel spécialisé dans le traitement de ces fichiers) pour tirer le meilleur parti de l'image. Le travail en Raw montrera toutefois ses limites dans le cas d'un fichier présentant des écarts de luminosité vraiment importants.
  • Utiliser plusieurs images que l'on fusionne au moyen d'un logiciel : c'est la technique du HDR à laquelle nous nous intéressons ici. Au lieu de travailler sur 8 bits par canal dans le cas d'une image classique, on travaille sur 32 bits par canal.


Réaliser les clichés de départ

La réalisation d'une image HDR ne s'improvise pas, pour la simple raison que les fichiers de départ doivent là aussi répondre à un cahier des charges bien précis.

Faire une série de photos sans bouger

Pour que les images puissent être parfaitement superposées, il faut une parfaite immobilité lors de la prise de vue, le moindre bougé entrainant des décalages. Pour connaitre tous les dispositifs à même de minimiser ou d'éviter les flous de bougé, nous vous conseillons la lecture de notre dossier Les astuces pour réaliser des photos nettes dont nous résumons ici les principaux conseils :
  • utiliser un appareil avec un stabilisateur de type optique ou mécanique ;
  • adopter une vitesse d'obturation rapide ;
  • rester aussi immobile que possible et déclencher sur l'expiration ;
  • utiliser un trépied, un retardateur ou un déclencheur souple.
Trépied

Le trépied est presque incontournable lorsqu'il s'agit de réaliser des photos en vue d'un assemblage HDR


Faire une série de photos avec un décalage d'exposition

Le principe du HDR, c'est de fusionner plusieurs images d'une même scène, chaque image présentant une exposition différente. La question est alors : comment réaliser une série de clichés comportant un décalage d'exposition ?

Le bracketing
Malgré son nom technique qui peut décontenancer, le bracketing est un dispositif à la fois simple à mettre en œuvre et efficace. Si tous les reflex et bridges en sont pourvus, c'est aussi le cas de la plupart des compacts, même ceux de type tout automatique. En cas de doute, rapportez-vous à la notice de votre appareil pour vérifier ce point.

Le bracketing permet, en maintenant le déclencheur enfoncé, de prendre plusieurs clichés d'affilée avec un décalage d'exposition programmé. Selon les appareils, vous aurez accès à deux sous-réglages :
  • le nombre de vues (3 par défaut le plus souvent) ;
  • le décalage de l'exposition (1/3 d'IL (indice de luminosité) le plus souvent).
Les réglages par défaut seront satisfaisants dans la plupart des situations. Toutefois, si vous avez à faire à une scène vraiment contrastée, vous pouvez augmenter le nombre d'images sur lesquelles vous bracketez (passer de 3 à 5 images) ainsi que le niveau du décalage (passer de 1/3 d'IL à 1/5 d'IL voire à 1 IL).

HRD - Gimp
HRD - Gimp
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Bracketing sur 3 vues avec un décalage d'1 IL puis bracketing sur 5 vues avec un décalage d'1 IL

	 HRD - Gimp
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Le bracketing consiste à prendre plusieurs vues consécutives d'un même sujet en décalant légèrement l'exposition : une photo nominale correspondant à la valeur indiquée par la cellule, une surexposée et une sous-exposée


Effectuer un décalage manuel
En mode manuel, priorité vitesse, priorité ouverture ou programme, utilisez la fonction « Correction d'exposition ». Prenez plusieurs photos successives en modifiant l'exposition d'un cran entre chacune.

HRD - Gimp
HRD - Gimp

Utilisez la touche correction d'exposition pour réaliser une série d'images dont l'exposition varie progressivement (ici surexposition d'1 IL)


En mode manuel, vous pouvez également, après avoir fixé l'ouverture et la vitesse, modifier progressivement ce dernier paramètre : en réduisant la vitesse, vous assombrissez l'image, en optant pour une vitesse plus rapide, vous l'éclaircissez.

Les logiciels

Plusieurs logiciels permettent de réaliser assez facilement ces assemblages. Malheureusement, ils sont payants, et les versions gratuites souffrent de limitations « insurmontables » (impossibilité de sauvegarder le fichier, apposition d'un filigrane sur l'image). C'est notamment le cas Photomatix Pro édité par HDRsoft et easyHDR édité par easyHDR, ce dernier permettant toutefois d'éviter l'apposition d'un filigrane à condition d'opter pour la version « basic » - aux fonctionnalités réduites - de son logiciel.

Pour ou contre le HDR ?

Certains refuseront tout net de pratiquer cette technique. Pour quelles raisons ? Parce qu'un vrai travail photographique doit tenir compte des limitations propres aux outils, et ne pas chercher à les abolir. Parce qu'une photo obtenue par le biais de ces techniques n'est en rien une image « naturelle ». Le HDR ne corrige pas un défaut lié à la prise de vue, comme peuvent le faire les courbes et nombre d'autres outils de retouche. Il produit une image complètement éloignée de la réalité photographique, plus proche d'un rendu peinture en somme.
Modifié le 12/07/2012 à 09h44
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