Olympus TG-4 : présentation du compact étanche et verdict

Vidéo : Test de l'Olympus TG-4

Olympus nous avait fait forte impression l'année dernière avec un TG-3 très complet et efficace. Il s'agit pour cette nouvelle itération de faire au moins aussi bien et si possible même, un peu mieux. A contempler les spécifications, Olympus a joué l'extrême prudence. Est-ce que ça sera payant ?

Présentation et prise en main

La tendance 2015 des évolutions est au minimalisme, Olympus s'inscrit dans cette frugalité, constatée chez tous les constructeurs. Vu de l'extérieur, rien ne change. Heureusement, son prédécesseur ne souffrait d'aucun reproche particulier. Un grip, qui pourrait être plus caoutchouté peut-être. Sous l'eau, il faut de toute manière passer la dragonne. L'écran bien lumineux offre une visibilité parfaite sous l'eau, les commandes s'avèrent toujours faciles à pratiquer. Dans ce registre, on apprécie notamment la manette de zoom très précise et la molette de sélection des modes, infiniment plus commode que n'importe quelle autre solution.

Par ailleurs, Olympus propose toujours son Tap Control, fonction qui permet de piloter l'appareil par des tapes (sur les côtés pour entrer dans les réglages, double contact sur l'écran pour valider et double contact sur le dessus pour passer en lecture). Et ce baroudeur intègre toujours une section manomètre (gère la pression, l'altitude et la profondeur) ainsi que des instruments de localisation (GPS et boussole électronique).

Olympus TG4


Petite nouveauté dans les menus : la HDR subaquatique fait son apparition, portant ainsi le nombre de mode sous-marin à cinq ! Cette profusion est excessive à notre sens : sous l'eau on finit par hésiter. Entre la prise de vue à la mer, les paysages sous-marins et les actions sous-marines, on ne sait que choisir. Par chance, on passe facilement de l'un à l'autre, puisque Olympus a implémenté une entrée photo aquatique sur le sélecteur de modes, et qu'il suffit alors de déplacer la flèche du pavé multidirectionnel à gauche pour accéder au choix.

En termes d'interface, le TG-4 reste l'appareil le plus performant, notamment pour les utilisateurs aguerris : le besoin de recourir aux menus se fait rare, tout passe par la barre de réglages sur l'écran de visée. Si le TG-4 n'est pas le compact étanche le plus original en apparence, c'est d'assez loin le plus agréable à manipuler.

Rapidité et qualité d'image

Le TG-3 était un foudre de guerre, le TG-4 réalise des chronos identiques. Et il parvient même à s'améliorer avec un délai entre deux vues symboliques (0,2 s !) et un démarrage s'effectuant au pied levé (0,8 s). La rafale se maintient à 5 im/s, mais en Jpeg seulement. Dès qu'on l'active, le mode d'enregistrement RAW + Jpeg se grise. Le TG-4 est vif à souhait, c'est le meilleur dans ce domaine.

OlympusTG4 timings


Le capteur CMOS BSI de 16 mégapixels utilisé dans le TG-3 officie également ici. Toutefois, la grande différence c'est qu'on peut photographier RAW (format brut non compressé) + Jpeg de 16 mégapixels. Et ça redistribue avantageusement les cartes. De base, en Jpeg, le traitement est déjà tout à fait correct de 100 à 400 ISO : dans de bonnes conditions, on obtient du détail, peu de bruit et une colorimétrie fidèle. A 800 ISO, la montée en ISO s'accompagne d'un traitement musclé qui estompe les détails fins. Ça sera la valeur à ne pas dépasser en Jpeg, tandis qu'en RAW on peut aller à 1 600 voire 3 200 ISO (extrême limite) et sortir des résultats encore propres. Mais l'usage du RAW convient aussi aux faibles sensibilités : notre scène à 100 ISO rend autrement mieux en RAW traitée qu'en Jpeg. Bref, c'est un atout considérable, qui exigera toutefois du post-traitement systématique.

Sous l'eau, les versions Jpeg sont parfois trop contrastées, presque bouchées. Nous avons donc préféré traiter les RAW, qui eux conservent beaucoup plus de dynamique.

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A gauche un Jpeg bouché, à droite le RAW équivalent post-traité

L'autofocus fait preuve d'une grande efficacité, il couvre, de base, des distances de mise au point assez courtes (un peu moins de 10 cm sans avoir besoin d'activer la macro) et comme l'appareil est rapide, on est facilement tenté de mitrailler. Les résultats sous l'eau varient. Outre les aléas d'exposition déjà mentionnés, on a pu observer des rendus colorimétriques changeants, parfois fidèles, parfois délirant (eau bleu marine, sol ocre). Là encore, l'idéal c'est alors d'opter pour le RAW. Mais si vous préférez des images clé en main (sans post-traitement), Nikon ou Canon - dans une moindre mesure - seront plus adaptés.

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Fonctionnalités et vidéo

Etant donné que le RAW et le mode HDR sous-marin ont déjà été évoqués, il ne reste guère que le suivi d'autofocus à signaler pour boucler la boucle des ajouts d'Olympus sur ce TG-4. Ceci étant dit, le TG-3 était tellement complet sur le plan des fonctionnalités qu'il était difficile d'en ajouter. Priorité ouverture, deux modes personnalisables, HDR, panoramique à la volée, filtres artistiques, composition en live (pause longue avec simulation en temps réel du résultat), time lapse, backeting de mise au point et macro ultra performante : le TG-4 ne fait pas dans la demi-mesure. A noter simplement que le GPS ne fait pas dans la cartographie mais « juste » dans la géolocalisation des images.

La capture vidéo ne profite d'aucune amélioration, et c'est finalement dommage puisque c'est le seul réel point sur lequel Olympus pouvait s'améliorer assez facilement. L'image est belle, grâce à l'encodage H.264 à plus de 24 Mbps. Cependant, le flux en 1080p et 30 im/s gagnerait à voir sa cadence doublée (comme sur les TG-860 et TG-850). Et bien sûr, il manque toujours une vraie stabilisation optique.

Conclusion

Award coup de coeur
L'Olympus TG-4 reste notre compact étanche préféré du moment. Sur la plupart des critères que nous prenons en compte il fait mouche. Robustesse (même si d'autres sont maintenant bien davantage submersibles), rapidité, ergonomie, fonctionnalités, qualité d'image, évolutivité, tout nous plait. Alors certes, certains de ces points s'entendent sous conditions particulières, comme le fait de photographier en RAW pour la qualité d'image, ou celui d'acheter des accessoires pour l'évolutivité (convertisseurs, flashs), au risque alors d'alourdir une facture déjà très gourmande. Autant pour un usage très ponctuel de l'appareil photo en conditions exigeantes, on pourra se rabattre sur un modèle moins coûteux, autant pour le vrai baroudeur, le TG-4 est ce qu'il se fait de mieux et ça vaut alors le coup de débourser les 400 euros demandés. Maintenant, Olympus mérite tout de même un carton jaune pour manque cruel d'innovation. Techniquement, ajouter du RAW ça pouvait se faire sur le TG-3 via une mise à jour de firmware

Modifié le 08/07/2015 à 16h26
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