// Test de la Freebox v6 : le Server
Publié par Frédéric Cuvelier le Mercredi 19 Janvier 2011
Test de la Freebox v6 : le Server
Avec son duo v5/HD, Free a introduit le concept de couple de box. Sur la Freebox v6, la partie traditionnellement appelée modem ou box ADSL est nommée Server. Cette dernière a considérablement évolué par rapport à la Freebox v5, et cela en bien des points. On pense évidemment à l'introduction du disque dur, mais vous allez voir que tant d'un point de vue logiciel que matériel, les évolutions sont nombreuses. Quels sont les qualités et les défauts de ce nouveau boîtier ? Réponses dans cette page.
Sommaire :
Les composants
Xavier Niel nous avait promis l'enfer pour découvrir ce que contenait sa Freebox Révolution. Finalement, ce n'était qu'un coup de bluff puisque nous n'avons eu aucun mal à identifier les différents composants qui équipent les Freebox Player et Server. Commençons par présenter les entrailles de cette dernière.
Analysons un moment les composants du Freebox Server. Le processeur ARM9 et les 512 Mo de mémoire qui l'épaulent sont tout à fait à même de faire tourner le NAS et la distribution GNU/Linux du Server correctement, le choix de Free en la matière n'est pas à remettre en cause. Ce n'est pas forcément le cas de la présence du disque dur au sein du Server. Certes, le fait d'installer le support de stockage dans le boîtier Server permet à Free de se soustraire à la taxe sur la copie privée. Les 250 Go de capacité du disque sont donc « gratuits » pour le freenaute, là où chez SFR, il faut payer 30 euros pour parvenir à une capacité de 200 Go. De plus, éloigner la box contenant le disque dur permet en principe de réduire les nuisances sonores devant son canapé.
En revanche, le fait de déporter le disque loin du boîtier Player nécessite un réseau performant. Lire l'enregistrement d'une chaîne en HD ou un vidéo MKV placée sur le disque du Server peut rapidement devenir problématique si le réseau n'est pas à la hauteur. Le CPL, la solution employée par Free, peut se révéler instable, voire insuffisante, sur certains circuits électriques en mauvais état.
Pour le reste, le constat est plutôt positif, particulièrement au niveau du réseau : le switch 4 ports Gigabit, la puce Wi-Fi 802.11n 3x3 de chez Broadcom, celle prenant en charge le flux issu du DSLAM et compatible VDSL2, les CPL assumant un débit théorique de 200 Mbps, la prise en charge des flux délivrés par fibre optique... les composants semblent de qualité et capables, sur le papier, de performances intéressantes. Sans compter sur l'emplacement laissé libre par Free sur son Server et qui présage sans doute d'un futur module femtocell, absent pour l'instant de la box.
Au niveau du stockage, l'enthousiasme est également de mise, avec un disque dur à faible consommation et capable de débit suffisamment importants. Terminons en signalant que si la gestion du Dect est bel et bien présent au sein du Server (l'une des puces est explicite à ce sujet), ce service n'est pour le moment toujours pas actif, malgré la mise à jour du 18 janvier.
L'afficheur OLED
L'une des innovations les plus visibles du Freebox Server est l'écran OLED présent sur sa façade. Cet afficheur change d'orientation selon celle du boîtier et propose un grand nombre d'informations. Il est piloté par un pavé directionnel tactile placé à sa droite. On y retrouve nombre d'informations présentes également dans l'interface de gestion locale, que nous décrirons juste après.
Interface de gestion
Free s'est enfin décidé à fournir une interface de gestion locale qui reprend en partie les informations délivrées par l'afficheur OLED du Server, mais qui permet aussi de piloter quelques fonctions clé du boîtier. Tour d'horizon des informations et fonctionnalités offertes par cette interface.
Si on peut féliciter Free pour avoir enfin intégré une interface locale (et plutôt claire) les différents réglages du Freebox Server (dont ceux du Wi-Fi et du routeur) et les statistiques de ligne, on peut regretter quelques éléments :
- Il est impossible d'accéder à cette interface de l'extérieur, et vous devrez repasser par cette bonne vieille console de gestion sur le site de Free ;
- Cette dernière ne permet toujours pas de redémarrer la box à distance ;
- Les bugs javascript dont souffre l'explorateur gâchent un peu le plaisir ;
- Enfin, Free avait annoncé qu'il serait possible de sauvegarder, importer ou exporter le fichier de configuration du Server. Ce n'est pour l'instant pas le cas ;
Le NAS
Les fonctions NAS étaient un souhait de longue date des freenautes. Free en a visiblement tenu compte et propose des possibilités étendues pour une box, mais relativement restreintes en comparaison d'un véritable NAS.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette partie NAS est en effet pour le moment plutôt pauvre comparée aux nombreuses fonctionnalités dont dispose une machine dédiée. Les absences les plus frappantes :
- il n'existe aucune interface de sauvegarde de fichiers, même si les plus bidouilleurs d'entre vous parviendront à utiliser le Server avec Time Machine ou un logiciel spécialisé sous WIndows ;
- l'absence de possibilité de RAID 1 éloigne le Server d'un véritable NAS ;
- Enfin, il n'est pour l'instant pas possible d'ajouter un package (comme un client newsgroup, par exemple) à la couche logicielle du NAS.
Les tests
Que donne ce Freebox Server dans les faits ? Pour le savoir, nous avons testé tous les organes de ce boîtier, du réseau (débits en Ethernet et en Wi-Fi) aux nuisances sonores, en passant par les performances des ports USB.
| Freebox Server | ||||
| Performances Ethernet | ||||
| Films (896 Mo) | Photos (200 fichiers, 484 Mo) | Musique (1300 fichiers, 4,54 Go) | ||
| Freebox vers PC | FTP | 47,2 Mo/s | 22,0 Mo/s | 26,6 Mo/s |
| SMB | 37,3 Mo/s | 28,5 Mo/s | 30,5 Mo/s | |
| PC vers Freebox | FTP | 14,7 Mo/s | 13,1 Mo/s | 17,0 Mo/s |
| SMB | 19,1 Mo/s | 17,3 Mo/s | 17,2 Mo/s | |
Quel que soit le type de fichiers utilisé, les performances du NAS n'excèdent pas 50 Mo/s en lecture (du Server vers le PC) et 20 Mo/s en écriture (du PC vers la Freebox). Ces limitations ne sont imputables ni au réseau Gigabit, ni aux performances du disque dur (nous l'avons extrait et testé : 78,3 Mo/s en lecture, 61,7 Mo/s en écriture sur la vidéo), ni encore au disque SSD présent dans notre PC (250 Mo/s en lecture, 200 Mo/s en écriture). Ce sont donc les composants du Server, ou la couche logicielle, qui limitent la vitesse des transferts, qui reste toutefois relativement correcte.
| Freebox Server | |
| Nuisances sonores | |
| Server au repos | Server en charge (transfert en USB et téléchargement) |
| 36,6 dB(A) | 37,3 dB(A) |
Le ventilateur du Freebox Server est plutôt discret et ne grimpe pas trop dans les tours lorsque la charge s'intensifie. Dans une pièce dont la pression acoustique de référence est de 34,0 dB(A), le Server reste autour des 40 dB(A) alors que notre sonomètre est placé à 10 cm du boîtier, face et à hauteur de ce dernier.
| Freebox Server | |
| Consommation | |
| Server au repos | Server en charge (transfert en USB et téléchargement) |
| 18,6 W | 23,3 W |
En revanche, côté consommation, c'est la déception : si en charge les 23,3 W peuvent encore se comprendre, les 18,6 W au repos paraissent très importants au regard de ce qui existe chez la concurrence. La présence du disque dur n'explique pas tout et il est clair que le Server est plutôt gourmand en énergie. Un rapide calcul amène à une facture de 18,5 euros à l'année, au minimum, pour le fonctionnement du Server.
| Freebox Server | |
| Performances USB | |
| Disque USB vers Freebox | Freebox vers disque USB |
| 11,3 Mo/s | 5,3 Mo/s |
Les performances de l'USB du Freebox Server sont pour le moins calamiteuses : 11,3 Mo/s en écriture, et seulement 5,3 Mo/s en lecture ! Pour effectuer ce test, nous avons simplement relié à la box un disque dur externe. Ce dernier n'est pas le facteur limitant, puisqu'il affiche des débits supérieurs à 30 Mo/s en lecture comme en écriture lorsqu'il est connecté à un PC classique. Relativisons ces résultats par le fait qu'un transfert en USB n'a que peu d'intérêt, puisque la lecture est possible sur un disque externe. Notez que ces tests ont été réalisés grâce à l'explorateur présent dans la console de gestion locale. Nous avons tenté l'opération via le protocole SMB avec des résultats encore bien pires !
Nos tests sur le réseau Wi-Fi se sont également révélés très décevants. Malgré une clé USB compatible Wi-Fi 802.11n capable d'assurer un flux de plus de 12 Mo/s, nous ne sommes pas parvenus à obtenir une mesure dépassant les 3,5 Mo/s. Le test a été réalisé à côté du Server, à de multiples reprises, avec plusieurs Freebox et plusieurs PC sans que le résultat ne soit plus encourageant. Espérons que c'est un problème logiciel qui bride ce réseau, car les résultats sont pour le moment très faibles compte tenu du matériel introduit par Free dans le Server.
Enfin, parmi les autres constats d'usage, on note une légère augmentation du débit pour les lignes souffrant d'une atténuation importante, gain pouvant aller jusqu'à 1 Mbps d'après Free. Les effets de la puce Broadcom BCM6368 ? Autre bonne surprise : dans le cadre d'une migration, la Freebox Server réutilise parfaitement les réglages de la v5 en ce qui concerne les réglages routeur et Wi-Fi.
- Page suivante : Le test du Freebox Player !
Vous aimerez aussi
Article du Mercredi 19 Janvier 2011 par Frédéric Cuvelier


















Publicité






( les afficher maintenant )