Dis papa, la vidéo HD c'est quoi ?
Nos lecteurs les plus assidus le savent, ce n'est pas la première fois que nous traitons des intérêts de la haute définition. Etant donné que nous allons ici vous présenter les solutions pour lire des médias HD sur son PC, il nous faut quand même revenir brièvement sur la notion même de haute définition. En photographie, comme du reste en vidéo, chaque image est constituée d'une myriade de points également appelés pixels. Plus il y a de points ou de pixels sur une vidéo, plus sa définition est élevée et plus les détails de la scène sont nets. En clair, le passage à la haute définition consiste tout simplement à augmenter le nombre de pixels et donc par conséquent la résolution des vidéos.
Avant de comparer la différence théorique de résolution entre, d'un côté, les vidéos standards et, de l'autre, les vidéos en haute définition, rappelons que l'affichage de n'importe quel écran est divisé en lignes, les pixels s'affichant sur la largeur de l'écran, et en colonnes, les pixels s'affichant sur la hauteur de l'écran. Avec un DVD, la résolution d'une scène s'établit normalement à 720 colonnes par 576 lignes de points soit un peu plus de 400 000 pixels par image. Pour la haute définition, les choses sont un peu plus compliquées puisque l'on distingue non pas un mais deux niveaux de résolution différents. Il existe d'une part la haute définition que nous qualifierons de standard, il s'agit du 720p, et d'autre part la haute définition dites
Full HD ou 1080. En 720p, chaque image comporte déjà plus du double de pixels qu'une image DVD grâce à une résolution de 1280 colonnes par 720 lignes. Mais c'est en 1080 que la HD prend tout son sens puisqu'ici la résolution s'élève à 1920 colonnes par 1080 lignes soit une définition avoisinant les 2 mégapixels pour chaque image par seconde. Vous ferez la comparaison vous-même, en HD 1080p, le détail de chaque image est donc près de 5 fois supérieur à celui d'une image DVD. Si cela ne vous parle toujours pas, une simple pression sur la touche pause de votre clavier devrait vous convaincre, la même scène étant beaucoup plus détaillée en HD qu'en résolution DVD, une fois l'image figée.

Notre problématique étant axée sur la lecture de flux HD sur PC, nous ne reviendrons pas ici sur les normes qui distinguent les téléviseurs à écrans plats du commerce avec d'un côté les écrans HD Ready, limités au 720p, de l'autre les écrans Full HD supportant le 1080p préférant vous renvoyer pour cela à notre précédent
dossier. De la même manière, nous n'évoquons pas la différence entre 1080i et 1080p, nos chers ordinateurs n'étant pas concernés par ce problème.
Le son aussi passe à la haute définition !
Grâce au DVD, la qualité sonore des films avait fait de nets progrès alors que les pistes en 5.1 s'étaient généralisées. Le passage à la haute définition se traduit également par de nouvelles améliorations en matière d'audio ce qui ravira à n'en pas douter les amateurs de gros son. Alors que les pistes audio des DVD étaient presque systématiquement compressées aux formats Dolby Digital ou DTS, les disques Blu-ray ou HD DVD comportent pour la plupart des flux audio multicanaux non compressés (PCM) pour une qualité sans compromis. Bien qu'il soit particulièrement intéressant de relier son PC à un amplificateur home cinéma via une liaison numérique pour profiter de l'audio non compressé, ceci est hélas pratiquement impossible à l'heure actuelle.
La bande passante de la classique interface SPDIF n'est en effet pas suffisante pour transmettre un flux audio non compressé qui dépasse les deux canaux. Pour transmettre un tel flux, en 5.1 donc, il faut passer par l'interface HDMI. Mais pas n'importe quel HDMI, puisque seul le HDMI dans sa version 1.3 offre la bande passante suffisante pour transférer des flux audio multicanaux non compressés. Problème, les
Cartes Graphiques comme les récentes Radeon HD 2000 sont limitées au HDMI 1.2 alors que les amplificateurs Home Cinema en HDMI 1.3 se comptent sur les doigts d'une seule main. Il faudra donc encore un peu de patience pour exploiter pleinement les pistes audio non compressées des Blu-ray et HD DVD. En attendant donc, on se rabattra sur les pistes Dolby Digital Plus ou DTS de nos disques Blu-ray et HD DVD, des pistes généralement encodées avec un débit plus élevé que celui des DVD.
Signalons, pour être complet, l'existence du Dolby TrueHD, un nouveau format d'encodage audio sur huit canaux qui se rapproche du lossless. Adopté comme format par défaut pour les HD DVD, le TrueHD est optionnel pour les Blu-ray. Il est concurrencé par le DTS HD, un format audio également sur huit canaux mais décliné en DTS-HD High Resolution Audio, un flux compressé, et en DTS-HD Master Audio, un flux haut débit là aussi proche du lossless. Dans les deux cas, le DTS-HD reste optionnel tant sur Blu-ray que sur HD DVD.
HD et restriction de contenu : place à l'AACS
Afin de lutter contre le piratage, les industriels avaient déjà mis en place à l'époque du DVD, une protection numérique baptisée
CSS visant à empêcher la copie ou à limiter certaines des options de lecture. Problème, cette protection a rapidement été contournée par le célèbre pirate répondant au nom de DVD Jon, la rendant en partie caduque. Conscient des faiblesses du CSS, un groupe d'industriels au rang desquels figurent des noms comme Intel, Disney, Microsoft ou encore Sony a formé le consortium AACS LA pour promouvoir la technologie AACS. Adoptée comme technologie de protection par défaut des Blu-ray et HD DVD, l'AACS ou
Advanced Access Content System, vise à gérer les droits en empêchant la copie et en limitant les options de lecture de manière bien plus sévère que le CSS... ce dont, bien sûr, les studios hollywoodiens se vantent moins.
Techniquement, l'AACS consiste en un encryptage du contenu du disque via le standard AES. Pour la lecture, une clé de décryptage est naturellement nécessaire, et celle-ci dépend de plusieurs éléments comme l'identifiant du volume du disque. Contrairement au CSS, l'AACS n'utilise pas de clé partagée, chaque lecteur ayant son propre jeu de clés de décryptage. Cela permet en principe de révoquer plus facilement une clé de cryptage spécifique à un lecteur si celle-ci est compromise. Afin d'être compatibles AACS, les lecteurs doivent répondre à certaines normes au niveau des sorties qu'ils proposent. C'est ainsi que selon l'AACS l'affichage en pleine résolution 1920x1080 est limité aux seules sorties HDMI avec HDCP (et donc DVI avec HDCP) alors qu'il existe une option permettant de downsampler, c'est à dire de réduire la résolution de la vidéo, sur les sorties analogiques, une option laissée au libre arbitre du studio de cinéma.