// 5 bridges en test : juste une mise au point ?
Publié par Anne le Jeudi 24 Mai 2007
On monte en sensibilité !
La montée en sensibilité est une des épreuves les plus délicates pour un appareil. En effet, monter en sensibilité (c'est à dire opter pour des valeurs du type 400 Iso, 800 Iso et plus) s'accompagne inévitablement d'une apparition de "bruit numérique", c'est à dire de pixels colorés parasites disséminés dans l'image. Ce bruit qui devient plus conséquent à mesure que l'on adopte des valeurs élevées prend une apparence différente selon les appareils. Très coloré chez certains, très fin chez d'autres... les appareils sont inégaux devant le phénomène. Certains seront pénalisés pour gérer le bruit par des pixels trop nombreux sur un petit capteur, tandis que d'autres se sortiront bien de l'exercice de montée en sensibilité du fait de la qualité du traitement du signal qu'ils reçoivent. Pourquoi photographier comme nous l'avons fait, valeur après valeur, une même image ? Tout simplement pour déterminer la valeur à ne pas dépasser (400 Iso le plus souvent), pour conserver une bonne qualité d'image.
Une question viendra à l'esprit de beaucoup : pourquoi monter ainsi en sensibilité si c'est pour rapporter des clichés dont les plus fins détails sont perdus au milieu de pixels de couleur ? Tout simplement, parce que sensibilité et vitesse d'obturation sont liées et que monter en sensibilité permet de diminuer de façon inversement proportionnelle le temps de pose. Essayez. Si votre appareil annonce un temps de pose de 1 seconde à 100 Iso, adoptez la valeur de 200 Iso et ce temps de pose passera à 0,5 seconde. Passez ensuite à 400 Iso et il ne sera plus que de 0,25 seconde, vous permettant ainsi de photographier à peu près sereinement à main levée, sans redouter de bouger pendant la capture et donc de rapporter une photo floue. Magique ! Monter en Iso permet ainsi de photographier en intérieur ou dès que la lumière manque tout en bénéficiant d'un délai d'obturation raisonnable, et donc de laisser le flash là où il est. Toutefois, avant de goûter au plaisir de la photo sans flash et en haute sensibilité, il convient de savoir quelle est la sensibilité limite à ne pas dépasser (oubliez les 800 Iso si les photos sont par trop bruitées). Ce type de photo est en effet toujours un compromis avec la qualité d'image, et les images que nous proposons ici sont là pour vous aider à caractériser le bruit de l'appareil et à identifier cette limite.
FujiFilm FinePix S5700
Il est presque devenu un lieu commun de dire que les appareils FujiFilm se défendent bien mieux que les autres sur le chapitre de gestion du bruit numérique. Le S5700, qui se cantonne à des valeurs raisonnables en ne dépassant pas les 1 600 Iso, ne déroge pas à la règle. Jusqu'à 200 Iso, le bruit est bien contenu. A 400 Iso on commence à percevoir un moutonnement, à peu près cantonné aux zones les plus sombres, et qui va s'accentuant à mesure que l'on continue de monter en sensibilité jusqu'à être présent dans toute l'image à 1 600 Iso. A cette sensibilité maximale, la texture de l'image semble totalement modifiée : si ce rendu peut déplaire, il faut toutefois lui reconnaître qu'il n'élimine pas totalement les détails (les inscriptions restent quasi-lisibles) et que sa régularité permet d'obtenir une photo au rendu uniforme.
Kodak EasyShare Z710
Des cinq protagonistes, le Z710 est celui qui se montre le plus raisonnable sur les niveaux de sensibilités atteignables, en ne proposant pas de valeur au-dessus de 400 Iso. Est-ce pour autant que les images qu'il produit à ces niveaux sont exploitables ? Les 64 Iso nominaux sont sans conteste la sensibilité à laquelle l'appareil donne le meilleur de lui-même. Dès 100 Iso effectivement, on commence à remarquer une altération au niveau des plus fins détails, altération qui se renforce à 200 et 400 Iso. A 400 Iso, on note toutefois que les inscriptions restent à peu près lisibles, ce qui est un bon point pour l'appareil. Le rendu est cependant assez peu agréable, moins régulier que dans le cas du Fuji S5700 et surtout plus coloré.
Olympus SP-550 UZ
Les 3 200 et 5 000 Iso du SP-500 UZ, valeurs vers lesquelles la plupart des reflex eux-mêmes hésitent à aller, ne sont-ils qu'un argument marketing ? Il semblerait ! Sur les images produites par cet appareil, le bruit apparaît dès 200 Iso. A 800 Iso, si l'on s'en tient à notre critère de lisibilité des inscriptions, le SP-550 UZ semble déjà avoir atteint ses limites, nous permettant de dire que 400 Iso est sans doute la barrière à ne pas dépasser pour enregistrer une image exploitable et que 200 Iso est la valeur en deçà de laquelle il faut rester pour tirer le meilleur parti de l'appareil. Dès 1 600 Iso, l'apparence de l'image se dégrade au point que son rendu évoque celui d'une peinture plus que d'une photo. Malgré une chute de la résolution (2 048 x 1 536 pixels au lieu de 3 072 x 2 304 pixels) sensée minimiser les dégâts liés à la montée du bruit (on note toutefois que son aspect coloré disparaît effectivement), les 3 200 et 5 000 Iso ne sont pas le moins du monde exploitables, à moins de ne pas être intéressé par les détails et ne pas trouver désagréable une photo dont le rendu n'a plus rien de photographique.
Panasonic Lumix DMC-FZ8
Plus raisonnable que le SP-550 UZ, le FZ8 de Panasonic tente toutefois comme lui le grand écart en poussant la sensibilité jusqu'à 3 200 Iso à pleine résolution, cette dernière valeur n'étant toutefois atteignable qu'au moyen du mode scène « Haute sensibilité », qu'il faut aller débusquer dans les menus. La plupart des utilisateurs n'iront donc pas au-delà des 1 250 Iso que l'on fixe manuellement ou que l'appareil atteint en mode « Iso intelligent », et c'est tant mieux tant le rendu à 3 200 Iso est à nouveau totalement éloigné de celui d'une photo. C'est à 100 Iso que le FZ8 produit ses meilleurs clichés, un moutonnement se faisant remarquer dès 200 Iso pour se renforcer à 400 Iso. A 800 et 1 600 Iso toutefois, les détails sont à peu près préservés au point que l'on devine encore la signification des inscriptions. On note également que le bruit est peu voire pas coloré, et qu'il perd ainsi son aspect le plus déplaisant.
Sony Cyber-shot DSC-H7
Un léger moutonnement coloré est discernable dès les plus basses sensibilités, mais jusqu'à 200 Iso l'image reste relativement propre et détaillée. Il faut attendre 400 Iso pour que ce moutonnement se fasse plus visible, sans pour autant qu'il soit touché au niveau de détail. A 800 Iso, l'effet du traitement anti-bruit devient assez visible, ce traitement emportant avec lui une partie du bruit coloré en même temps qu'une partie des détails. Le phénomène s'avère encore plus flagrant à 1 600 Iso (nul n'étant besoin de dire ce qu'il en est à 3 200 Iso). Pour limiter l'intrusion du bruit dans l'image et la perte de détails qu'occasionne le traitement de l'appareil, il faudra veiller à ne pas dépasser les 400 Iso.































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