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DADVSI : lettre ouverte aux internautes

Publiée par Alex le Lundi 31 Juillet 2006

Brève Business Internet

Renaud Donnedieu de Vabres RDDV
Il faudra bientôt parler de loi DADVSI et non de projet de loi comme nous l'avons fait durant ces derniers mois. Examiné par le Conseil constitutionnel, le texte de cette loi a finalement été ratifié par les « Sages » même si certains passages ont été rayés pour cause d'inconstitutionnalité. Parmi les modifications apportées (voir le détail dans cette actualité), de nombreux internautes n'ont retenu que le retour à la case prison pour les amateurs de peer-to-peer ou la suppression de la mesure qui permettait le contournement des mesures techniques de protection à des fins d'interopérabilité. Alors que les premières réactions « officielles » (voir DADVSI : florilège de réactions) ont témoigné d'un enthousiasme des plus modérés, le ministre de la Culture a tenu à exprimer son sentiment aux internautes dans une lettre ouverte, publiée vendredi dernier.

La voici, dans son intégralité :

« La décision du conseil constitutionnel relative au projet de loi sur le droit d'auteur suscite un certain émoi dans la blogosphère et de nombreux Internautes ont des interrogations sur le nouveau régime juridique qui va prochainement se mettre en place.

Tout d'abord, le conseil constitutionnel a validé l'essentiel des dispositions du projet de loi, ainsi la loi garantit la copie privée, cette décision est cruciale à l'heure où la commission européenne pourrait en contester son principe. La France y tient car la copie privée permet à chacun de réaliser pour son usage personnel ou celui de ses proches un nombre raisonnable de copies d'œuvres acquises légalement. Ce principe, réaffirmé à l'heure du numérique, permet de dégager un point d'équilibre entre le droit des créateurs de vendre librement leurs créations et le droit des utilisateurs de disposer pleinement des œuvres qu'ils ont achetées.

La loi affirme également un principe nouveau validé par le Conseil Constitutionnel : l'interopérabilité. Derrière ce mot technique il s'agit d'affirmer que toute œuvre doit pourvoir être lue sur n'importe quel support numérique. Je tiens à rassurer les internautes, la disjonction mineure des articles 22 et 23 n'affecte en rien la capacité de l'Autorité de régulation des mesures techniques crée par la loi à mettre en œuvre l'interopérabilité. C'est la raison pour laquelle cette Autorité sera effectivement mise en place très rapidement dès la rentrée. La validation par le conseil constitutionnel de l'interopérabilité n'est pas un discours, ce principe sera dans les prochains jours consacré dans nos textes et tous nos concitoyens pourront s'en prévaloir. Notre pays est pionnier sur cette notion, la Suède, le Danemark, la Norvège et le Royaume-Uni nous rejoignent afin que l'accès aux œuvres sur Internet ne puisse être confisqué par quelques grands groupes.

La loi garantit pleinement l'avenir du logiciel libre. Le mesures techniques existent depuis plusieurs années. Ce texte les encadre afin de permettre les nouvelles offres et le lancement de modèles économiques innovants et attractifs pour l'internaute. Il y avait donc urgence à légiférer afin de mettre un terme aux verrous illégitimes, aux monopoles indus et à l'opacité des règles du jeu. En préservant l'exception de décompilation, nous avons rappelé que les mesures techniques sont des logiciels et que les acteurs du monde du libre ne peuvent être tenus à l'écart de leur développement s'ils le souhaitent.

Sur les sanctions, je prends acte de la disjonction de l'article 24 du projet de loi. L'objectif de cet article était de remplacer les peines de prison encourues aujourd'hui par les internautes par un système de contravention plus adapté. Je regrette que la saisine des députés de l'opposition ait eu pour conséquence de rétablir ces peines, cependant il est nécessaire que les sanctions soient justes et proportionnées en fonction de la gravité des faits. C'est la raison pour laquelle je vais saisir le Garde des Sceaux afin que les poursuites soient orientées vers les cas les plus graves. Je le répète, il n'y aura pas de peines de prison contre les internautes qui téléchargent. Le projet de loi vise prioritairement les entreprises qui gagnent de l'argent sur le dos des artistes et des internautes à l'aide de logiciels qui organisent le pillage des œuvres. Ces entreprises doivent être sanctionnées.

Enfin, ne perdons pas de vue l'essentiel du projet de loi : créer les conditions pour que se multiplient les offres de musiques et de films sur Internet : offres diversifiées, à des prix raisonnables et lisibles sur tous les supports. Internet est une chance formidable pour les artistes de conquérir de nouveaux publics, c'est également un outil efficace pour rapprocher les passionnés des créateurs en diminuant les intermédiaires.

Ensemble construisons un Internet de contenus où l'uniformisation cède la place à la diversité : il paraît que c'est le web 2.0. »

Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication
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Les Commentaires des lecteurs
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le 31 Juill. 06 à 16h14
Edition
 
en gros, j'ai fait le forcing pour faire voter une loi mais je vous jure qu'elle ne sera pas appliquée et que l'interopérabilité est implicite et que la copie privée aussi.

en fait, c'est pas de copie privée qu'il veut parler, c'est de "priver de copie" !
 
le 31 Juill. 06 à 16h15
Edition
 
Tout n'est pas si mauvais dans ce texte. Ils ont enfin compris qu'il faut dire "Internet" et pas "L'Internet".
Sinon, le reste est très mauvais par contre :)
 
le 31 Juill. 06 à 16h15
Edition
 
Alex a écrit:
Il faudra bientôt parler de loi DADVSI et non de projet de loi comme nous l'avons fait durant ces derniers mois. Examiné par le Conseil constitutionnel, le texte de cette loi a finalement été ratifié par les « Sages » même si certains passages ont été rayés pour cause d'inconstitutionnalité. Parmi les modifications apportées (voir le détail dans
cette actualité), de nombreux internautes n'ont retenu que le retour à la case prison pour les amateurs de peer-to-peer ou la suppression de la mesure qui permettait le contournement des mesures techniques de protection à des fins d'interopérabilité. Alors que les premières réactions « officielles » (voir DADVSI : florilège de réactions) ont témoigné d'un enthousiasme des plus modérés, le ministre de la Culture a tenu à exprimer son sentiment aux internautes dans une lettre ouverte, publiée vendredi dernier.
La voici, dans son intégralité :
« La décision du conseil constitutionnel relative au projet de loi sur le droit d'auteur suscite un certain émoi dans la blogosphère et de nombreux Internautes ont des interrogations sur le nouveau régime juridique qui va prochainement se mettre en place.
Tout d'abord, le conseil constitutionnel a validé l'essentiel des dispositions du projet de loi, ainsi la loi garantit la copie privée, cette décision est cruciale à l'heure où la commission européenne pourrait en contester son principe. La France y tient car la copie privée permet à chacun de réaliser pour son usage personnel ou celui de ses proches un nombre raisonnable de copies d'œuvres acquises légalement. Ce principe, réaffirmé à l'heure du numérique, permet de dégager un point d'équilibre entre le droit des créateurs de vendre librement leurs créations et le droit des utilisateurs de disposer pleinement des œuvres qu'ils ont achetées.
La loi affirme également un principe nouveau validé par le Conseil Constitutionnel : l'interopérabilité. Derrière ce mot technique il s'agit d'affirmer que toute œuvre doit pourvoir être lue sur n'importe quel support numérique. Je tiens à rassurer les internautes, la disjonction mineure des articles 22 et 23 n'affecte en rien la capacité de l'Autorité de régulation des mesures techniques crée par la loi à mettre en œuvre l'interopérabilité. C'est la raison pour laquelle cette Autorité sera effectivement mise en place très rapidement dès la rentrée. La validation par le conseil constitutionnel de l'interopérabilité n'est pas un discours, ce principe sera dans les prochains jours consacré dans nos textes et tous nos concitoyens pourront s'en prévaloir. Notre pays est pionnier sur cette notion, la Suède, le Danemark, la Norvège et le Royaume-Uni nous rejoignent afin que l'accès aux œuvres sur Internet ne puisse être confisqué par quelques grands groupes.
La loi garantit pleinement l'avenir du logiciel libre. Le mesures techniques existent depuis plusieurs années. Ce texte les encadre afin de permettre les nouvelles offres et le lancement de modèles économiques innovants et attractifs pour l'internaute. Il y avait donc urgence à légiférer afin de mettre un terme aux verrous illégitimes, aux monopoles indus et à l'opacité des règles du jeu. En préservant l'exception de décompilation, nous avons rappelé que les mesures techniques sont des logiciels et que les acteurs du monde du libre ne peuvent être tenus à l'écart de leur développement s'ils le souhaitent.
Sur les sanctions, je prends acte de la disjonction de l'article 24 du projet de loi. L'objectif de cet article était de remplacer les peines de prison encourues aujourd'hui par les internautes par un système de contravention plus adapté. Je regrette que la saisine des députés de l'opposition ait eu pour conséquence de rétablir ces peines, cependant il est nécessaire que les sanctions soient justes et proportionnées en fonction de la gravité des faits. C'est la raison pour laquelle je vais saisir le Garde des Sceaux afin que les poursuites soient orientées vers les cas les plus graves. Je le répète, il n'y aura pas de peines de prison contre les internautes qui téléchargent. Le projet de loi vise prioritairement les entreprises qui gagnent de l'argent sur le dos des artistes et des internautes à l'aide de logiciels qui organisent le pillage des œuvres. Ces entreprises doivent être sanctionnées.
Enfin, ne perdons pas de vue l'essentiel du projet de loi : créer les conditions pour que se multiplient les offres de musiques et de films sur Internet : offres diversifiées, à des prix raisonnables et lisibles sur tous les supports. Internet est une chance formidable pour les artistes de conquérir de nouveaux publics, c'est également un outil efficace pour rapprocher les passionnés des créateurs en diminuant les intermédiaires.
Ensemble construisons un Internet de contenus où l'uniformisation cède la place à la diversité : il paraît que c'est le Web 2.0. »
Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication

Lire cette brève sur le site



Kévin sera content :ane:
 
le 31 Juill. 06 à 16h16
Edition
 
Bien vu le " priver la copie "^^ sinon, je pense que ce ministre est realiste
 
le 31 Juill. 06 à 16h16
Edition
 
irenicussly a écrit:
Kévin sera content  :ane:

C'est surtout que ce n'est pas au ministre de juger si il y aura ou non peine de prison ... :paf:
 
le 31 Juill. 06 à 16h16
Edition
 
Au sujet de l'intéropérabilité, Apple France est-il obligé de fournir ces fichiers en d'autres format que celui pour son iPod ? Ou de donner des moyens pour le faire ?
 
le 31 Juill. 06 à 16h16
Edition
 
:pfff: :heink:
 
le 31 Juill. 06 à 16h17
Edition
 
Comment on dit, écrit, persite et signe sans rire le contraire de la vérité :
- "ainsi la loi garantit la copie privée"
Ha bon ! et comment puisqu'il y a les DRM et les protections sur les DVD de films et l'interdiction de les contourner ?
- "La loi affirme également un principe nouveau validé par le Conseil Constitutionnel : l'interopérabilité"
Comment puisqu'il faut l'accord d'un collège de médiateurs liés aux majors !
Ladite interopérabilité a été plus ou moins censurée par le Conseil constitutionnel, au motif (parfaitement connu des juristes et donc du ministère de la Culture cela dit entre nous…) qu’un texte pénal doit nécessairement être précis et clair
- "La loi garantit pleinement l'avenir du logiciel libre"
Juridiquement c'est loin d'être clair et cela est à la discrétion des juges, donc favorable aux plus riches des plaignants (non je l'ai pas dit)
- "Sur les sanctions, je prends acte de la disjonction de l’article 24 du projet de loi"
Retour à la case départ c'est la taule

En fait le Sinistre de l'Inculture se rend compte qu'il a pondu un texte dont même les députés ne voulaient pas et plein d'âneries
Sans compter que l'UE se prépare à modifier la Directive EUCD à l'origine de la DADVSI car les Pays de l'Europe font n'importe quoi et prennent prétexte de cette Directive pour donner un violent tour de vis Internet

L'industrie musicale régresse de 10 ans :
Cette fois elle ne peut plus accuser les P2Pistes. Le mal de l'industrie du disque est réel et semble bel et bien ancré pour durer. Aux Etats-Unis, les maisons de disques viennent de connaître leur plus mauvaise semaine de ventes d'albums depuis dix ans...
http://www.ratiatum.com/news3434_L_industr..._de_10_ans.html
 
le 31 Juill. 06 à 16h17
Edition
 
Nan mais il se fout de notre gueule là ? :ouch:
C'est limite outrancier ce genre de discours après tous les coups bas pour mettre en place son texte de loi liberticide !!!
 
le 31 Juill. 06 à 16h17
Edition
 
De toute facon c'est toujours pareil, c'est toujours le consomateur qui se fait avoir :grrr: :lol:
 
le 31 Juill. 06 à 16h18
Edition
 
delcedo a écrit:
Au sujet de l'intéropérabilité, Apple France est-il obligé de fournir ces fichiers en d'autres format que celui pour son iPod ? Ou de donner des moyens pour le faire ?

Non, je pense que par contre ils ne pourraient empêcher de laisser Real proposer des titres pour les iPod comme ils le faisaient avant, ou inversement, qu'un autre fabricant (Creative par exemple) puisse lire les fichiers d'iTunes ... :neutre:
 
le 31 Juill. 06 à 16h24
Edition
 
Il est ou le scandale qu'on annonce depuis des mois ?
 
le 31 Juill. 06 à 16h26
Edition
 
Il faudrait enfin que les acteurs comprennent que leurs histoires de licence est une formidable arnaque...
Normalment, si l'on suit la logique des licences de visionnage, cela ne concerne que l'oeuvre et non le média (me semble-t-il). De ce postulat, il devient illégal d'empêcher le transfert d'une oeuvre sur un autre support tant que l'on conserve une utilisation cadrant avec les termes de la licence.

Petite question pour montrer le ridicule de la situation : Si j'achète un DVD, j'achète donc la licence de "visionnage" dudit DVD en plus du média... Hors, si le DVD casse, qui me proposera de racheter le DVD en ne m'acquittant uniquement des frais relatifs au média et non à la licence??? c'est pas très juste tout ça...
Ceci ne justifie pas le téléchargement, c'est sûr...
 
le 31 Juill. 06 à 16h26
Edition
 
c'est bien triste tout ca ...

J'ai que des emmerdes de licence avec les drm entre mes different pc (perso, portable ,pro ) mon téléphonne veut meme pas lire ces CHERS mp3, alors ta loi mon cher ministre ...
 
le 31 Juill. 06 à 16h26
Edition
 
Ca vient de moi, ou il se fout de notre gueule? Je sais pas pour vous mais au final j'ai l'impression qu'il dit le contraire de ce qui sera réellement fait... Sinon "la saisine des députés de l'opposition ait eu pour conséquence de rétablir ces peines", par la il veut dire socialiste? :neutre:
 
le 31 Juill. 06 à 16h28
Edition
 
il s'agit d'affirmer que toute œuvre doit pourvoir être lue sur n'importe quel support numérique.

Bon ça c'est top surtout pour Apple avec ces Ipod, idem pour hd dvd et blu ray ça va cartonner

Sur les sanctions, je prends acte de la disjonction de l'article 24 du projet de loi. Je le répète, il n'y aura pas de peines de prison contre les internautes qui téléchargent. Le projet de loi vise prioritairement les entreprises qui gagnent de l'argent sur le dos des artistes et des internautes à l'aide de logiciels qui organisent le pillage des œuvres. Ces entreprises doivent être sanctionnées.

BRANCHER EMULE BITTORENT LE P2P REPREND!! MDR
 
le 31 Juill. 06 à 16h28
Edition
 
Il y a déjà longtemps que RDDV n'est plus crédible. Cette lettre ouverte est aussi risible que les maneuvres pour faire passer la loi en douce la veille de noel ou autre départ en vacances des députés.
 
le 31 Juill. 06 à 16h29
Edition
 
AMEN, que de soucis pour rien finalement, c'est Apple, Kazaa, clubic qui propose emul en dowload, sony pour vendre des graveurs et medias vierge qui vont dérouiller.
 
le 31 Juill. 06 à 16h29
Edition