le lundi 01 janvier 2018

Des mini-cerveaux humains interagissent avec les souris hôtes

Si à la lecture de ce titre votre pensée a fait un lien avec Frankenstein, l'Île du Docteur Moreau ou tout autre et film relatant des expériences folles, c'est normal. Dans le cas présent, en revanche, il ne s'agit pas de science-fiction ou de roman d'anticipation : c'est ce qui se passe dans les laboratoires les plus avancés dans la recherche sur les cellules souches.

Depuis quelques années, les recherches sur les cellules souches ouvrent de nouvelles perspectives de recherche et de potentiels traitements pour des maladies incurables. Parmi les découvertes majeures, il y a la possibilité de créer des organoïdes.

Un organoïde cérébral cultivé dans des rats et des souris


Les organoïdes sont tout simplement des systèmes cellulaires tridimensionnels, qui ont été développés à partir de cellules souches. Il s'agit donc d'organes humains que les chercheurs peuvent reproduire à volonté pour réaliser divers tests. Ils peuvent les cultiver dans des environnements in vitro ou bien les faire grandir dans des animaux hôtes, le plus souvent des rats et des souris.

Parmi ces organoïdes, on trouve les organoïdes cérébraux : des reproductions miniatures de cerveaux humains. Des chercheurs ont réussi à les implanter et les faire grandir dans des souris et des rats et certains ont survécu pendant une durée importante, jusqu'à deux mois. Sur le plan éthique, le fait de faire pousser des mini-cerveaux humains dans des rats pose déjà problème. Mais ce n'est pas tout.

Souris


Un début d'interaction entre les mini-cerveaux et leur hôte ?


Il ne faut pas imaginer les mini-cerveaux comme conçus de la même manière que le cerveau qui habite notre crâne : leur structure n'est pas la même. Mais selon le site Internet STAT des chercheurs auraient commencé à voir se développer des interactions entre les mini-cerveaux et le système nerveux de leur hôte. Une nouveauté qui est une avancée scientifique majeure, mais qui appelle à de nouvelles interrogations éthiques.

Les mini-cerveaux se sont en effet connectés au système circulatoire et au système nerveux de leur hôte : ainsi faisant, ils se sont développés. Les scientifiques se posent donc la question de savoir si ces cerveaux peuvent théoriquement se développer au point de développer une véritable conscience. D'un point de vue éthique tout comme du point de vue de la réglementation, ce questionnement est important : peut-on mener des expériences dans lesquelles des cerveaux, même miniature, développent une conscience autonome ? Et qu'en est-il du statut de ces nouvelles créatures ?

Modifié le 26/12/2017 à 13h39
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