le mardi 09 février 2016

The Binding of Isaac refusé sur l'App Store : "Apple ne considère pas le jeu vidéo comme un art"

Le jeu indépendant The Binding of Isaac se serait bien vu sur iOS. Seulement, Apple vient de refuser l'accès de son app store au jeu, estimant qu'il inclut de la violence envers les enfants.

« La violence ou l'abus envers des enfants n'est pas autorisé sur l'App Store ». Voici le message qu'a reçu Tyrone Rodriguez, le fondateur de Nicalis, l'éditeur et développeur de The Binding of Isaac. D'abord sorti sur PC en 2011, ce jeu d'aventure aux graphismes singuliers, qui a pour trame de fond l'histoire d'un enfant maltraité par sa mère, vient d'être rejeté de l'App Store d'Apple.

Le développeur a exprimé son mécontentement sur Twitter. Distribué sur de multiples plates-formes, The Binding of Isaac est l'un des fleurons du jeu vidéo indépendant de ces dernières années. Alors qu'il est proposé sur Windows, Linux, OS X, PS4 et PS Vita, le jeu se heurte donc à une barrière pour son arrivée sur iOS.

Binding of Isaac

« Il est évident qu'Apple ne considère pas les jeux vidéo comme de l'art, et n'a aucun respect pour le milieu » a déclaré, agacé, Edmund McMillen, l'un des développeurs du titre. « C'est triste et vraiment ignorant de leur part de s'en tenir à une position aussi stupide et ridicule. Leur message aux développeurs, c'est simplement que les jeux vidéo sont des jouets pour enfant sans aucun mérite artistique. »



Jusqu'à nouvel ordre, The Binding of Isaac ne sera donc pas distribué sur l'App Store d'Apple, alors qu'il est prêt pour iOS. Ce n'est pas la première fois qu'Apple refuse des jeux pour des prétextes discutables, qui ne cherchent pas à creuser le message des apps en question. En 2013, le jeu Endgame : Syria, qui cherchait à questionner sur la guerre civil en Syrie, avait été interdit sur la plate-forme. En 2014, le titre HappyPlayTime, sorte de quiz sur l'éducation sexuelle à destination des femmes, avait également été rejeté de l'App Store.

Dans tous ces cas, Apple n'est pas revenu sur sa décision, expliquant sans s'en cacher que pour lui, les jeux vidéo ne devaient avoir qu'une valeur d'amusement : « Si vous voulez critiquer une religion, écrivez un livre. Si vous voulez parler de sexe, écrivez un livre, sortez une chanson ou créez une app médicale » communiquait alors l'entreprise.
Modifié le 09/02/2016 à 13h47
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