15 ans d'actu high tech en mode troll

Il s'en passe des choses en 15 ans de high tech, et pas que des agréables. Les évolutions techniques sont pavées de bugs, de problèmes de sécurité, de mises à jour ratées, de querelles plus ou moins stériles (on ne vous avait pas attendu pour ça avec nos Atari ST et Amiga d'ailleurs). Aussi, comme on a déjà eu maintes occasion de revenir sur les faits marquants de ces 15 dernières années, voici un petit tour trollesque de cette décennie et demie, à lire sans trop se prendre au sérieux !

Windows Me : le bug de l'an 2000

Et ça tombe bien, car Clubic est né la même année que Windows Me. La même année que Windows 2000 aussi, mais celui là c'était pour les pros. Nous, sur nos portables gros comme des camions et sur les tours HP de nos parents, on a dû mener un rude combat contre cette chose étrange sortie à l'aube du nouveau millénaire, alors qu'on pensait échapper une fois pour toutes à Windows 9x.

Windows Millennium Edition
La pire version du logiciel préféré au monde

Pas de bol, il aura fallu supporter Windows Me qui, quelque part, inaugure officiellement le motif de la décennie : « une version de Windows réussie, une version ratée ». Windows Millenium Edition - on aurait dû se méfier avec un nom pareil, pourtant - part d'une bonne intention : intégrer dans le successeur de Windows 98 quelques innovations de la branche NT. Et à vrai dire, on est franchement ingrat avec Me, qui a tout de même apporté plusieurs nouveautés majeures comme les points de récupération.

Disons juste que ça passerait mieux si l'édition du millénaire n'était pas atteinte d'un étrange mal qui provoquait des BSOD à répétition, parfois sans rien faire. Je vous jure : il m'est arrivé d'utiliser le HP Pavillon familial, lancer Windows, attendre 5 minutes et PAF ! Écran bleu, sans rien faire, sans rien exécuter ! Heureusement, Windows XP allait inverser la tendance...

P2P : fans de musique vs artistes pas contents

C'est qu'en 2000, alors qu'on roulait encore avec nos forfaits AOL illimités (voir plus bas), fallait pas qu'un BSOD pointe le bout de son nez alors qu'on était en train de télécharger nos copies de sauvegarde de la discographie de Metallica sur Napster, le premier service de téléchargement en P2P.

Vous n'avez peut-être pas connu Napster au moment où c'était génial, et vous ne savez pas ce que ça fait de voir apparaître une application qui fait absolument tout ce dont rêve un fan de musique, qui n'a qu'à saisir un artiste ou un album, pour télécharger l'oeuvre au format MP3, qui commence alors à s'imposer, sans avoir à faire le moindre effort.

Napster
Temps estimé : 5 jours

Bien évidemment, un truc aussi bien fait, convivial, rapide et au catalogue exhaustif (on y trouve tout ce que les utilisateurs viennent y mettre), ça ne peut pas plaire aux majors du disque, qui aiment les services compliqués, avec plein de restrictions, des tarifs prohibitifs et un catalogue limité aux deux ou trois morceaux que l'artiste veut bien consentir, dans sa grande mansuétude, à balancer à la foule.

Lars Ulrich
"Je t'ai vu télécharger And Justice For All !"

Lars Ulrich, le batteur de Metallica est de ces artistes ronchons, qui va influer sur une première moitié de décennie absolument horrible, pleine de DRM, de protections sur les CD Audio empêchant leur lecture sur les autoradios, de campagnes hypocrites, de services légaux complètement tordus. On a fini par en sortir, mais douloureusement. Et si 15 ans après, l'offre musicale s'est considérablement améliorée, c'est le cinéma qui a pris le relai.

Antivirus : LA BASE DES SIGNATURES DE VIRUS A ETE MISE A JOUR !!!!!!!!!!!!!!!

Au cours de ces 15 ans écoulés, trois sons vous ont potentiellement rendu dingue, quand vous pensiez naïvement, à 23h30, avoir baissé le volume de votre kit d'enceintes. Le démarrage de Windows XP, le type d'AOL (quoique ça, c'est plutôt l'ordi de vos parents), et la charmante hôtesse de Avast qui vous indique que, oui, cette fichue base des signatures de virus a bien été mise à jour.


On ne dirait pas comme ça, mais c'était un antivirus

Parce que le début des années 2000, c'est aussi à cette époque qu'on commence à avoir un peu besoin d'installer un antivirus sur son PC. Avant, on était à la cool, genre « non, mais moi je fais gaffe à ce que je télécharge ». Malgré leurs défauts de jeunesse, les antivirus gratuits comme Avast ou Antivir apportent une bouffée d'air frais. La plupart de leurs gros concurrents payants, Symantec en tête, n'ont pas encore compris qu'imposer l'utilisation d'une usine à gaz impossible à désinstaller, qui transforme le PC le plus rapide en un veau, et qui fait passer Clippy pour un timide qui n'ose pas trop vous déranger, ça n'est pas le meilleur moyen de donner envie de protéger son PC.

Dossier AV : Norton Antivirus 2003 - 1
On ne dirait pas comme ça, mais c'était un boulet

Donc, à côté de ça, Avast, son tableau de bord d'autoradio futuriste et son assistante un peu trop au fait des mises à jour de la base VPS, est un moindre mal ! Et pressés par cette concurrence, les « géants » ont su, pour la plupart, réagir : même Symantec a compris en 2008 que Norton Antivirus était devenu insupportable, avec une refonte complète du logiciel. Aujourd'hui, Windows est devenu plus sûr, mais on gagne toujours à se protéger contre ces saletés... Mais l'hôtesse, que l'on peut d'ailleurs désactiver, est toujours là !

Firefox vs Internet Explorer (et Opera !)

On est en 2004, et utiliser Internet Explorer 6, en fait, ça n'est plus possible. On a aimé Internet Explorer, quand c'était vraiment bien, quand c'était même meilleur que Netscape, et puis il n'y avait plus que lui qui comptait pour les web designers, alors on s'était résigné. On appréciait beaucoup Mozilla et Opera pour toutes les innovations qu'ils apportaient, mais il fallait, trop souvent, choisir entre un navigateur aux fonctionnalités innovantes et se retrouver avec des sites mal mis en page, voire carrément incompatibles.

Internet Explorer 6.0 - 1
IE6 : à un moment, ça n'était plus possible

En 2004, donc, la donne change : notamment en raison de ses multiples problèmes de sécurité, et puis aussi parce qu'il commence à sacrément vieillir, Internet Explorer n'a besoin que d'un concurrent suffisamment fort, novateur, léger, sécurisé et compatible avec des standards modernes pour entamer une lente chute. Ce concurrent, c'est Opera. Ah non, c'est Mozilla Firefox, une version allégée du dinosaure un peu lourdaud Mozilla, c'est à dire expurgé de son client mail et de son éditeur de pages web, hérités de Netscape Communicator. Et petit à petit, le renard de feu prend des parts de marché au géant IE, surtout en Europe, grâce à sa simplicité, mais aussi à ses possibilités d'extensions assez inédites à l'époque. Progressivement, il va également prendre du poids, trainant une mauvaise réputation d'aspirateur de mémoire vive.

Mozilla Firefox 1.0
Mozilla Firefox : C'est un panda roux ! Non, un renard de feu !

Mais les vrais, ceux qui savent, utilisent Opera, le navigateur norvégien tragiquement abonné aux parts de marché à 1 chiffre ; « tragiquement » parce que malgré une certaine complexité de l'interface à ses débuts, Opera est à l'origine de nombre d'innovations, à commencer par les onglets qu'il avait adoptés longtemps avant Mozilla (et ne parlons pas de IE !), un moteur en avance sur le support du web sémantique et des standards « modernes » (ceux qu'on balaie encore d'un revers dédaigneux en 2004), et toutes ces fonctionnalités originales, parfois même bizarres.

Opera 7
Opera : l'éternel outsider

Citons notamment Opera Unite qui le transforme en serveur, le speed dial qu'on a fini par voir sur tous les navigateurs, les CSS alternatives pour l'accessibilité ou le fun (souvenez-vous : le mode Commodore 64 !)... Malheureusement, Opera n'a jamais décollé, et s'est fait voler sa place d'outsider par Google Chrome, avant de baisser les bras et de se métamorphoser justement en fork de Chromium.

Impossible de ne pas avoir non plus de pensée émue pour les Maxthon, Avant Browser, Flock, Rockmelt... Et pour la version malheureuse de Safari pour Windows. C'était sympa d'essayer !
Modifié le 26/05/2015 à 11h08
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