Dis papa, c'est quoi la HD ?
On colle souvent un peu tout et n'importe quoi derrière le sigle HD,
high definition en anglais dans le texte ou haute définition pour nous autres francophones. Si beaucoup essayent de vendre la HD comme un concept totalement nouveau, ce n'est pas franchement le cas du moins pour nous autres utilisateurs de PC comme vous le comprendrez un peu plus loin. Mais revenons aux sources de la haute définition : les industriels de l'électronique grand public désignent par l'acronyme HD les formats, supports et appareils capables d'afficher des vidéos dans une résolution supérieure à celle de nos classiques DVD. Avant de poursuivre, il nous faut évoquer ce que nous entendons par résolution. Il s'agit ici d'une notion courante pour les utilisateurs PC qui consiste à indiquer le nombre de lignes affichées à l'écran à la verticale et le nombre de points à l'horizontale. Considéré jusqu'à aujourd'hui comme le must en matière de qualité d'affichage grand public, le DVD offre une résolution de 576 lignes (ou 576i) également appelée 480i par nos amis américains du fait de la fréquence de balayage différente. Ça tombe plutôt bien puisque c'est justement la résolution maximale des téléviseurs PAL cathodiques conventionnels (en vérité 625 lignes, mais les lignes supplémentaires véhiculent des signaux de synchronisation).
Face aux vieilles bandes VHS, le DVD offrait d'ailleurs une résolution deux fois supérieure puisque l'on passait du 352x288 au 720x576 ! En matière de vidéo, on considère généralement que plus la résolution est élevée, plus la finesse de l'image ainsi que son niveau de détail sont de qualité. En effet, le nombre de lignes détermine le nombre de points (ou pixels) constituant une vidéo et s'affichant à l'écran. Ainsi alors qu'une image issue d'un DVD vidéo comporte quelque 400 000 pixels, une image haute définition en provenance d'un support HD peut compter jusqu'à 2 millions de pixels ! Naturellement, il faut que tous les éléments de la chaîne, de la caméra au support en passant par l'écran, supportent ladite résolution maximale ! Si ce point précis ne posait guère de problème avec les DVD, ce n'est pas forcément le cas avec les prochains Blu-ray et HD-DVD : les caméras haute définition ne sont en effet pas monnaie courante aujourd'hui alors que la plupart des téléviseurs HD ne sont pas compatibles avec tous les modes haute définition.
Les résolutions HD
Mais revenons-en aux résolutions vidéo dites HD : on en distingue essentiellement deux appelées génériquement 720p et 1080i. Avant d'évoquer le problème du suffixe (i ou p) de ses résolutions, précisons que la résolution 720p correspond à un affichage en 1280x720 quand le 1080 correspond à une résolution bien plus impressionnante de 1920x1080. Dans les deux cas, il s'agit de résolutions 16/9. En 720p, la résolution HD standard, l'utilisateur bénéficie donc d'un affichage qui est à la portée de n'importe quel possesseur de PC dont l'écran atteint les 1280x1024, ce qui est plutôt fréquent. Le 1080 requiert lui des écrans plutôt haut de gamme le plus souvent d'une diagonale de 23 pouces ou mieux. Sur le papier, l'affichage 1080 lignes semble supérieur au mode 720 lignes. Ce serait effectivement le cas si on mettait de côté les petites lettres i ou p accolées à ces résolutions.
Pour comprendre pourquoi 720p et 1080i reviennent finalement quasiment au même, il faut faire un retour sur notre bon vieux téléviseur cathodique. Ici, l'image est affichée en deux temps : le tube affiche en effet des moitiés d'image, ce qu'on appelle des trames, avec d'abord les lignes impaires, puis les lignes paires. Grâce à la fréquence du balayage, la moitié d'image est renouvelée 25 à 30 fois par seconde et l'œil humain est ainsi berné puisqu'il perçoit finalement une image complète... Merci la persistance rétinienne ! Ce mode d'affichage est également appelé entrelacé ou « interlaced » en anglais d'où le suffixe « i » et c'est lui qu'utilisent les vidéos 1080i.
Depuis l'apparition des
Rétroprojecteurs, un nouveau mode d'affichage dit progressif a fait surface. Il s'agit d'afficher les images constituant la vidéo en une seule fois, et ce, de manière intégrale au rythme de 50 à 60 fois par seconde (selon le standard PAL ou NTSC) soit finalement le double d'images qu'en mode entrelacé. C'est donc cette méthode d'affichage qui correspond au suffixe « p » et qui a été retenue pour le 720p. Précisons que si les standards PAL et NTSC ne sont plus d'actualité avec la HD, on hérite tout de même de leurs lourdeurs à cause du problème de la fréquence de balayage des images. On retrouve les racines de ce mal dans la création du standard NTSC, dans les années 1940, où pour des raisons de synchronisation avec le réseau électrique le NTSC offrait une fréquence de balayage de 60 Hz alors que le courant européen est à 50 Hz. Les réseaux TV diffusant en 50 et en 60 Hz, les résolutions HD sont donc systématiquement déclinées en modes 50 et 60 Hz.