Web 2.0 et vie privée : problème et solutions
L'utilisation des services web 2.0, et notamment des réseaux sociaux, implique la saisie et la publication de nombreuses informations personnelles, avec tous les risques que cela comporte. Avant même de poser le problème de la fraude en ligne et du vol d'identité, on peut déjà se poser des questions sur le degré de respect de la vie privée d'un réseau sur lequel on sait tout de vous. Heureusement, les sites en question permettent un certain contrôle sur les informations que vous souhaitez divulguer ou garder confidentielles. Illustrons la démarche en examinant les options relatives à la confidentialité sur deux réseaux sociaux populaires : Facebook et MySpace.
MySpace et Facebook font partie des réseaux sociaux les plus populaires
FaceBook pose d'autant plus le problème de la confidentialité que tout l'intérêt du service repose sur le fait que vous n'apparaissez pas sous la forme d'un pseudo mais sous vos vrais nom et prénom. C'est une des forces du site qui permet ainsi de retrouver facilement d'anciens amis, camarades de classe ou collègues de bureau. Cette convivialité présente aussi un désavantage : un ami peut, par exemple, « tagger » des vidéos ou des photos avec votre nom. En outre, le service permet d'appartenir à différents réseaux : ceux ci peuvent réunir des utilisateurs d'un même pays, d'une même région, ou encore d'une même entreprise ou école.
A la décharge de Facebook, on peut dire que le site contrebalance le grand nombre d'informations qu'il peut potentiellement divulguer sur vous par des réglages très complets en matière de vie privée : vous pouvez facilement définir qui peut avoir accès à votre profil, mais aussi qui peut effectuer des recherches sur vous et quelles actions peut-on entreprendre avec vos résultats, qui peut voir les photos et vidéos tagguées à votre nom ou encore quels sites web externes à Facebook peuvent utiliser vos informations pour les afficher dans votre profil.
Pour la plupart des options, Facebook permet de limiter l'accès à ces informations à l'ensemble du ou des réseaux auxquels vous appartenez, à vos amis, aux amis d'amis ou encore uniquement à vous. En plus de ces réglages prédéterminés, un réglage personnalisé est proposé. Celui-ci permet de choisir précisément les amis et les réseaux que vous souhaitez filtrer.
Les options de confidentialité proposées par MySpace sont nettement plus limitées, mais le réseau social ne permet pas de divulguer autant d'informations que FaceBook : il est impossible, par exemple, de diffuser des photos ou vidéos tagguées avec votre nom, et le site n'est pas aussi « personnel » dans la mesure où on y apparaît sous la forme d'un pseudo. MySpace permet néanmoins de limiter l'accès à votre profil à vos amis, d'interdire le partage et l'envoi de vos photos ou encore de cacher votre activité en ligne.
De manière générale, on ne saura que trop vous conseiller de garder confidentielles autant d'informations sur vous que vous pouvez le faire : sans même avoir une double vie d'agent secret, il est tout de même assez désagréable de savoir qu'à tout moment, on peut chercher et visualiser des photos de vous, parfois dans un contexte privé. Il paraît également évident de ne pas laisser vos coordonnées personnelles (adresse, téléphone, pseudo MSN, mail…) à disposition de n'importe qui.
De même, sans sombrer dans la paranoïa totale, il peut être dangereux d'accepter n'importe qui sur sa liste d'amis. Les sites web 2.0, et notamment les réseaux sociaux, sont suceptibles d'abaisser le niveau de vigilance de l'utilisateur. Le concept de réseau social est basé sur une notion assez large de l'amitié : tout le monde est l'ami de tout le monde. N'importe quel utilisateur intensif de réseaux sociaux est fréquemment sollicité par d'autres utilisateurs pour être ajoutés à sa liste d'amis. Cette tendance rend l'utilisation des filtres évoqués plus haut assez peu efficaces. Il est possible de limiter l'accès à certaines informations personnelles à ses « amis », mais dès lors que cette notion englobe une centaine voire un millier de personnes, comment garantir la sécurité de ces données ?