A l'approche des élections présidentielles et législatives françaises, le Parti socialiste demande un moratoire sur «
les machines à voter » qui seront utilisées, pour l'occasion, par certaines communes.
Il n'est pas – encore - question de vote en ligne à distance, cependant le bureau national du PS dénonce «
un processus rampant d'instauration du vote électronique pour les élections politiques », qui «
d'expérimentations en décrets » est amorcé en France. Le Parti qui s'est donné pour candidate à la Présidentielle 2007, Ségolène Royal, précise dans un communiqué diffusé le 27 mars 2007 : «
Cela n'a donné lieu à aucun débat public, sur un sujet éminemment symbolique et sensible ». Le PS parle de «
vives inquiétudes dans la population », des risques «
de fraude et d'erreurs massives et indétectables » ; « d'avantages non démontrés » (modernisation, réduction des coûts, lutte contre l'abstentionnisme). Le PS insiste : «
Sans que des fraudes avérées aient été mises au jour, plusieurs cas de défaillances de systèmes de vote électronique ont été documentés ces dernières années, aux Etats-Unis surtout, mais aussi en Europe ». La Présidentielle américaine en 2000 a été marquée par le fiasco des machines à voter et la victoire douteuse du républicain George W. Bush face au démocrate Al Gore… Conclusion du PS : «
L'absence de fiabilité de ces machines justifie leur mise à l'écart et leur remplacement par des urnes traditionnelles pour les scrutins de 2007 ».
Combat d'arrière garde ou pragmatisme éclairé ?
La municipalité centriste d'Issy-les-Moulineaux, cité numérique des Hauts-de-Seine , voit les choses d'un autre œil. La ville dirigée par André Santini (UDF), soutien du candidat UMP à la Présidentielle, Nicolas Sarkozy, a choisi d'installer des machines à voter iVotronic conçu par l'américain ES&S, l'un des trois systèmes d' e-vote agréés par le ministère français de l'intérieur, dans ses 40 bureaux de vote afin de permettre aux électeurs isséens de «
faire l'expérience d'un vote simple, confidentiel, sûr et accessible à tous ». Le PS, qui estime à 1,4 million le nombre d'électeurs qui pourraient être amenés à utiliser des machines à voter lors des premier et second tours de l'élection présidentielle, les 22 avril et 6 mai prochains, demande au ministre de l'intérieur de donner instruction aux préfets «
d'interdire toute utilisation de machine à voter lors des prochaines échéances présidentielle et législatives », qu'un débat sur le e-vote soit engagé au Parlement «
à l'issue des prochaines élections ».
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