Qui mise sur la blockchain ? Partie 2

Pour comprendre la blockchain, la rédaction de Clubic publie chaque semaine, une partie d'un dossier portant sur cette technologie. Vous pouvez retrouver la première partie de notre série, intitulée Blockchain : la France est-elle en retard ? Partie 1

La blockchain peut se définir comme une base de données décentralisée. Elle permet d'organiser des échanges entre personnes sans qu'une entité centrale ne régisse l'ensemble. Tous les nœuds du réseau (regroupant les échanges), sont exécutés de manière à ce que n'importe quel utilisateur dispose d'un accès au « code source » de la technologie. Parmi les applications de la blockchain, on retrouve le bitcoin, mais également Ethereum, une plateforme qui permet de programmer l'échange de n'importe quel type d'objet.

Il ne peut exister de véritable écosystème sans le nerf de la guerre du business, des financements. Les investisseurs français ont pris du retard sur leurs confrères américains et rares sont ceux qui ont misé sur des projets français. 2016 et 2017 pourraient voir enfin l'éveil des business angels et fonds français vis-à-vis de la blockchain.

blockchain


2015 restera comme une année record en matières d'investissements dans la blockchain aux Etats-Unis. Près de 500 millions de dollars ont été injectés dans des start-up liées à la blockchain. Une hausse significative face aux 341 millions de dollars de 2014. Face à ce décollage, les investisseurs français semblent plus timorés. Beaucoup de projets doivent encore se contenter de "love money", c'est à dire des fonds investis par des amis et la famille des fondateurs. Néanmoins, quelques fonds ont commencé à placer de l'argent sur des projets français. C'est le cas d'Avolta Partners qui a participé au premier tour de table de Paymium, une place de marché bitcoin.

« L'écosystème français bitcoin/blockchain n'est pas aussi avancé qu'outre-Atlantique et l'argent ne coule pas à flots sur les start-up » reconnait Gonzague Grandval, fondateur de Paymium. « Nous avons pris du retard puisque les premiers investissements sur bitcoin ne sont arrivés que l'année dernière alors que les investissements ont démarré il y a plus de trois ans maintenant aux Etats-Unis. Or, la technologie blockchain a fait ses preuves avec le bitcoin depuis sept, huit ans maintenant. La phase d'apprentissage de ces technologies est assez longue et l'incompréhension de ces technologies peut faire peur aux investisseurs. Ceux-ci recherchent des créateurs d'entreprise qui ont véritablement une vision et qui puissent la partager avec un investisseur. La promesse affichée autour de blockchain et qui veut tout révolutionner peut inspirer la crainte auprès des investisseurs, c'est vrai. »

BTC quarterly blockchain
L'année 2015 a été une année record pour les start-up blockchain aux Etats-Unis en termes d'investissements.


Les investisseurs français commencent à peine à s'intéresser à la blockchain


Pour l'instant, les grands business angels tels que Xavier Niel, Marc Simoncini ou Jacques-Antoine Granjon ne sont pas encore actifs sur ce secteur naissant. « Ils agissent un peu à la manière de Warren Buffet et tendent à investir dans des dossiers qu'ils comprennent et c'est vrai que Blockchain est un domaine sur lequel il faut vraiment passer du temps pour comprendre » estime Pierre Entremont, Senior Associate chez Otium Venture. Néanmoins piqué au vif par le décollage des investissements aux Etats-Unis, les fonds d'investissement sont de plus en plus nombreux à analyser les dossiers des start-up du secteur.

« Depuis plus d'un an, les investissements ne vont plus vers les acteurs du bitcoin, mais vers les acteurs de la blockchain » estime l'associé. Otium Venture s'est fait un nom pour avoir investi dans Lafourchette, revendue à TripAdvisor.

Ethereum


Ce fonds vient de participer à un premier tour de table de 600 000 euros afin de financer Stratumn, une start-up blockchain créée à Paris par l'Américain Richard Caetano et Stephan Florquin. « A ma connaissance, Stratumn est la première entreprise blockchain française à avoir été financée par des VC (pourVenture Capital). Il y avait eu quelques opérations dans le domaine du bitcoin mais pour blockchain, nous sommes les premiers. Depuis, nos confrères s'y intéressent mais c'est un domaine encore très jeune et qui reste méconnu des investisseurs parisiens, contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis. » ajoute l'investisseur.
Modifié le 16/06/2016 à 17h45
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