le jeudi 08 septembre 2016

Au tour de Deezer de se revendre à l'étranger

Suite à sa levée de fonds de 100 millions d'euros réalisée en janvier 2016, notamment auprès du fonds Access Industries, ce dernier a pris le contrôle de plus de 50 % de la plateforme française.

On connaissait la fuite des cerveaux, voici celle des start-up. Après Withings revendu à Nokia ou Aldebaran à SoftBank, au tour d'une autre pépite française, Deezer, d'aller voir ailleurs. L'Autorité de la Concurrence vient de valider l'opération qui verra le russo-américain Access Industries prendre le contrôle de plus de 50 % du capital de la société. Le fonds, détenu par le milliardaire Len Blavatnik, en était déjà premier actionnaire, avec 26,9 %.

En fait, Access avait déjà franchi les 50 % en janvier 2016, lorsqu'il a participé au tour de table de 100 millions d'euros du français. Il restait à vérifier que l'opération ne portait pas atteinte à la concurrence. Au moins deux arguments justifient cette prise de contrôle. D'abord, la plateforme de streaming musical rejoint un groupe où elle cohabitera avec la major Warner Music. Enfin, Deezer aura plus de cash pour sa conquête internationale.

Deezer bombe le torse


Encore trop dépendant du marché français, Deezer n'a d'autre choix que de mettre les bouchées doubles dans d'autres pays s'il ne veut pas mourir écrasé entre Spotify et Apple Music. En Europe, le français ne capte que 5 % du marché du streaming. Comparé à Spotify, le leader avec 30 millions d'abonnés, Deezer n'en rassemble que 6 millions - et Apple Music, pourtant très récent, déjà 17 millions. Et puis la société continue de perdre de l'argent.


Deezer


Deezer a bien tenté de financer ses ambitions en essayant d'entrer en Bourse en 2015, mais rebroussa chemin à la surprise générale, trois jours seulement avant le grand saut, invoquant de mauvaises conditions de marché. À ce moment, Apple venait surtout de lancer sa plateforme héritée de Beats, et commençait à inquiéter le français.

Alors qu'une part du succès de Deezer est venue de son partenariat avec Orange - actionnaire à 10,2 % -, la plateforme s'oriente désormais vers un cavalier seul, comme l'illustre déjà son lancement aux États-Unis.


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Modifié le 08/09/2016 à 17h58
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