// Test Lexmark Genesis S815 : un ovni dans le paysage des multifonctions
Publié par Aurélien Audy le Lundi 14 Fevrier 2011
Lexmark Genesis S815
Depuis les succès mérités de ses Impact S305 et Interact S605, intervenus après une reprise d'activités laborieuse sur le marché grand public, l'américain Lexmark se sent pousser des ailes. À tel point qu'il nous propose aujourd'hui une imprimante on ne peut plus originale, voire originelle si l'on s'en réfère au nom choisi, Genesis.Présentation et fonctionnalités
Si vous aimez les designs à nul autre pareil, la Genesis est clairement faite pour vous. Sorte de réplique au 1/1000e d'un immeuble stalinien de 10 étages, ou encore cyclope fantasque à tête rectangulaire, chacun verra ce qu'il voudra dans cette machine verticale. Ce qu'il y a de sûr, c'est que Lexmark a cherché à marquer les esprits. Cette allure si déroutante est liée au fait que le scanner est disposé à l'oblique, selon le même angle que le bac à papier à l'arrière. L'imprimante est imposante verticalement, mais plutôt compacte si on ne considère que le plan horizontal.Mais pourquoi donc une telle disposition ? Parce que la Genesis embarque la toute nouvelle technologie Flash Scan de Lexmark, qui consiste à photographier le document posé sur la vitre au lieu de le scanner. Il faut donc un peu de recul à l'objectif, ce qui implique de la profondeur, d'où cet agencement. Le Flash Scan fonctionne avec un capteur CMOS de 10 mégapixels monochrome qui nécessite 3 séries de deux flashs rouges, verts et bleus pour éclairer le document. L'intérêt ? Le capteur ne traite que des flux de 10 Mpix mais l'imprimante assemble en fait une image de 30 Mpix (10 Mpix par couleur de flash). La numérisation comme l'aperçu ne prennent ainsi que 3 secondes (2 flashs rouges, 2 verts, 2 bleus et un court laps de temps pour tout assembler). Et la Genesis ne fait alors aucun bruit ! Nous verrons plus tard ce que cela donne en termes de qualité.
Pour le reste, on retombe dans du classique, parfois avec un certain regret comme quand on voit la fragilité déplorable des plastiques, aux rayures et aux traces de doigts. L'objet est peut-être sexy au stade d'infographie sur l'ordinateur des designers, mais une fois palpable (et palpé) il prend vite un coup de vieux !
La Genesis ne dispose que d'un seul bac à papier à l'arrière, avec une tirette assez pratique pour caler les différents formats de feuilles. On notera que la cassette de recto-verso n'engendre pas d'encombrement supplémentaire par rapport au bac à papier. Toujours à l'arrière, on trouve le port USB et la prise RJ-11 pour le fax. Connectivité qui est complétée par du Wi-Fi n... mais pas de Bluetooth. Sur le côté, Lexmark a logé un lecteur de cartes mémoire (SD/MMC/xD/MS) et un port USB PictBridge.
En façade, on découvre avec satisfaction que le capot de scanner est réglable en hauteur, ce qui n'était pas évident compte tenu de sa disposition, permettant ainsi la numérisation de documents épais. La partie basse s'ouvre également pour donner accès au chariot amovible de têtes d'impression avec ses quatre cartouches. Un système déjà vu sur les S305 et S605, consistant en des encres Vizix et une résolution maximum de 4 800 dpi. Là aussi, Lexmark garantit sa machine 3 années, pendant lesquelles vous pouvez changer gratuitement le chariot de têtes.
Avec son écran tactile de 10,9 cm, la S815 reprend bien évidemment l'interface que nous avions tant appréciée de l'Interact S605. Des grosses icônes bien identifiées qui permettent une utilisation simple et agréable. Et les Smart Solutions Lexmark, sortes de widgets personnalisables qu'on paramètre via le site web dédié du même nom. Toujours aussi pratique, même si on constate que certaines Smart Solutions sont désormais grisées (numériser vers fichier par exemple). Etrange…
Vitesse et qualité
Pas de grande surprise ici… en adoptant la même technologie d'impression que les S305 et S605, la S815 propose à peu de chose près les mêmes chronomètres. Elle sort des brouillons (noir et blanc comme couleur) à la cadence de 14 pages par minute (ppm), sans nuisance sonore excessive. En qualité normale, le noir et blanc chute à 7,7 ppm tandis que la couleur descend à 3,6 ppm. C'est globalement à peine en deçà de ce que proposent les S305 et S605. La bonne qualité, dès le mode brouillon, est en revanche toujours de la partie ! Merci aux encres pigmentées.
L'imprimante s'améliore très nettement sur le temps d'allumage (passé de 85 s à 62 s) comme sur la prévisualisation (1,4 s) et la numérisation (environ 3 s). Ça ne se ressent pas vraiment sur les cadences de photocopie, du moins pas si on en fait plusieurs. On part en effet de 9,7 copies par minutes (cpm) en noir et blanc brouillon pour arriver à 2,9 cpm en couleur qualité normale, en passant par 8,2 cpm (brouillon couleur) et 6,3 cpm (normale noir et blanc). Enfin, le temps de sortie de la première page ne change pas, environ 15 s.
Côté photo, rien de neuf. Les sorties sont toujours aussi rapides, notamment en A4. Comptez 30,1 s pour un 10 x 15 cm et 79 s pour un A4. De belles performances ! La qualité est elle aussi inchangée. Le point très fin est quasiment imperceptible, la colorimétrie reste agréable et assez équilibrée malgré un rendu plutôt froid, et les noirs affichent la densité et la neutralité qu'on est en droit d'attendre.
Le hic en revanche, c'est le scanner… Déjà, la technologie Flash Scan est limitée à la résolution de 300 dpi. Si ça suffit pour la plupart des travaux courants, la numérisation de petits documents (photos d'identité par exemple) sera un peu contrainte. Ensuite, pour un usage photo exigeant la qualité de la numérisation n'est pas satisfaisante. Les images du capteur CMOS sont en effet lissées pour donner un rendu propre, mais des détails passent alors à la trappe. On est loin d'un bon scanner CCD ou CIS… Mais pour un usage bureautique ou photo basique, c'est amplement suffisant ! Notez que la dominante magenta ci-dessous est induite par la numérisation. Sur les tirages originaux, le rendu est plutôt froid.
Photo originale Kodak (version numérique du Color Management Check-Up Kit de Color Confidence), puis 10x15 imprimé et scanné à 300 DPI
Photo originale Kodak (version numérique du Color Management Check-Up Kit de Color Confidence) et A4 imprimé et scanné à 75 DPI
Consommation et autonomie
Dans l'ensemble, la Genesis S815 ne se montre pas plus gourmande que la S605. Au repos elle siffle certes 11 Watts mais seulement 26 Watts en pleine activité et 5,4 Watts en veille. Lexmark propose toujours une mise en veille simplifiée, par un appui court sur le bouton marche/arrêt (il faut alors un appui long pour arrêter la machine).
Idem concernant les coûts à la page, qui sont toujours aussi bons avec les cartouches en version XL. Et même meilleurs, puisque le prix des cartouches couleur ont baissé. En effet, on trouve facilement des packs trois cartouches à 45 € (à la Fnac par exemple). L'imprimante permet toujours d'enchaîner des sorties même si une cartouches est vide, un bon point. En revanche, quand vous remplacez une seule cartouche, toutes perdent 0,2 g d'encre à la remise en route : les S305 et S605 ne présentaient pas ce défaut. Probablement que la Genesis effectue un nettoyage plus poussé…
Conclusion
La Genesis S815 a quelque chose de schizophrénique. D'un côté, elle rompt complètement avec ce qui a déjà pu être fait en matière de design, chez Lexmark comme ailleurs. Mais elle suscite en même temps un fort sentiment de déjà vu, puisqu'en termes techniques c'est la même machine qu'une Interact S605 par exemple. Innovation versus réutilisation en somme… Par rapport à une S605, la Genesis apporte la fonction fax ainsi que la technologie de numérisation Flash Scan, beaucoup plus rapide, mais nettement moins qualitative. La Genesis S815 s'oriente ainsi plus vers un usage bureautique qu'une pratique photo. Enfin, notez que si le design indéniablement original a de quoi séduire (ou pas…), l'encombrement est en revanche assez conséquent. Verdict ? Le positionnement tarifaire démesuré (presque 400 € !) fait tomber la Genesis à une bonne appréciation « seulement »...
Les plus
- Design original / Flash Scan rapide
- Coût à la page / qualité brouillon et photo
- Smart Solutions / écran agréable
- Fax / recto/verso / garantie 3 ans
Les moins
- Encombrement vertical / finition salissante
- Flash Scan peu qualitatif
- Pas de chargeur auto / 1 seul bac
- Prix excessif
Lexmark Genesis S815
Imprimante multifonction
Bon
-
Qualité photo
-
Rapidité
-
Fonctionnalités
-
Coût à la page
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