Sony Cyber-Shot DSC-H3
Si le Canon SX100IS peut être qualifié de gros compact, le Sony Cyber-Shot DSC-H3 mérite pour sa part le qualificatif de petit bridge. Ici, ce n'est ainsi pas une dragonne qui est fournie, mais bien une bandoulière. Le H3 ne prendra en effet vraisemblablement pas place dans votre poche (sauf celle d'un manteau), à plus forte raison si vous montez son pare-soleil qui, couplé à sa bague adaptatrice, accroît encore l'encombrement de l'appareil.
106 x 68,5 x 47,5 mm pour 264 grammes sans batterie
Le DSC-H3 a tout d'un petit bridge, et il est particulièrement imposant lorsque l'on monte le pare-soleil
La construction du DSC-H3 inspire confiance : revêtement granité d'un bel effet, poignée bien dessinée et butée contre laquelle le pouce vient naturellement se caler. Si vous mettez l'appareil sous tension avant d'avoir pris le soin de retirer l'objectif, il vous faudra le relancer pour profiter d'autre chose que d'un écran noir. Soyez donc vigilants, cela peut vous éviter de perdre les quelques précieuses secondes qui font que l'on déclenche à point ou… trop tard. D'une façon plus générale, on notera que l'absence de cache intégré oblige à plus de manipulations et à plus de vigilance pour ne pas l'égarer.
Au premier abord, l'interface (tant celle de l'appareil que des menus) peut décontenancer. Ce sentiment s'explique en partie par la présence d'une touche lecture placée dans un endroit pour le moins inhabituel, à savoir au-dessus de l'écran, là où personne ne s'attend à trouver un réglage quel qu'il soit. Vient ensuite l'interface des menus qui, du fait de la répartition peu intuitive des réglages entre les touches Home et Menu, fait que l'on perd un temps précieux à rechercher celui qui nous intéresse. Entre autres bizarreries, on note ainsi que les réglages de prise de vue sont accessibles depuis les deux interfaces et que la présentation très allégée de l'interface Home déconcerte plus qu'elle ne rassure. Nous vous invitons à vous reporter à la vidéo présente à la fin de cette page pour en juger par vous-mêmes.
Du côté des modes
Pour ce qui est des modes, le DSC-H3 est à mi-chemin entre le Canon SX100 IS et le Panasonic TZ3. Comme le premier, il permet à celui qui le désire de régler manuellement l'exposition. Il ne permet cependant pas de modifier individuellement l'ouverture et la vitesse, ce qui est dommage lorsque l'on sait à quel point les modes priorité sont précieux pour passer en douceur du tout automatique au tout manuel.
Mode manuel
Tout avancé qu'il est, le H3 se contente pour autant d'un mode manuel, qui oblige à sélectionner l'ouverture
et la vitesse en faisant donc l'impasse sur les modes priorité.
L'ouverture et la vitesse peuvent être modifiées au moyen des touches gauche / droit du pad
Pour pouvoir modifier l'ouverture et la vitesse, il faut commencer par une pression sur la touche centrale du pad. L'appareil vous indique ensuite la marche à suivre au moyen de petites flèches qui signalent quelles touches du pad utiliser (haut / bas pour la vitesse et gauche / droite pour l'ouverture). Une fois que vous avez obtenu les réglages qui vous intéressent, validez-les au moyen de la touche centrale du pad. A noter que ce mode manuel dispose d'une sérieuse limitation qui tient au fait qu'il ne permet de régler l'ouverture que sur deux positions (f/3,5 et f/8) ce qui handicapera ceux qui apprécient de faire un travail précis sur la profondeur de champ.
Modes programme et automatique
Plus loin sur la molette, on trouve les habituels modes Programme et Automatique qui prennent tous deux en charge la majorité des réglages en lieu et place de l'utilisateur. Le mode Programme laisse toutefois une plus grande latitude à celui qui souhaite modifier quelques paramètres (balance des blancs, sensibilité, mode couleur, correction d'exposition…) et c'est bien ce qui constitue sa différence et sa supériorité par rapport au mode automatique.
Les différents modes scène
Viennent ensuite les modes « Sensibilité élevée » et « Flou artistique ». En quoi consistent-ils ? Le premier est conçu pour monter automatiquement haut en sensibilité, ce qui vous permet de faire l'impasse sur le flash, même en conditions de très faible luminosité. Quant au second, il applique un effet de flou aux photos de façon à mettre en évidence un sujet (portraits, fleurs…). Une fois l'image enregistrée, basculez en mode lecture et sélectionnez le point central de l'image à retoucher au moyen des touches directionnelles du pad. Sélectionnez ensuite un niveau de flou sur une échelle de 1 à 5 (du plus petit rayon au plus large).
Autres fonctions ludiques accessibles depuis le mode lecture, celle de Fisheye qui permet d'obtenir une photo déformée à la façon de celles que produisent ces objectifs « œil de poisson », celle de Couleur partielle qui permet de désaturer une partie de l'image pour ne garder que le sujet en couleur et enfin celle de Filtre croisé qui ajoute un effet étoilé aux sources de lumière.
La fonction Fisheye…
… dévoilée au moyen d'un avant / après
Restent enfin les modes scènes les plus classiques (prise de vue avancée, sport, portrait, crépuscule et paysage) suivis de la position « SNC » (scène) qui peut être configurée à votre guise en optant pour l'un des modes suivants : « crépuscule », « plage », « capture image ambiance blanche » et « feux d'artifice dans toute leur splendeur ».
Performances générales
Le zoom est très progressif, même s'il faut un peu de doigté (la commande est très sensible) pour passer les paliers un à un. Un léger bruit de moteur accompagne tous les déplacements du zoom, mais ce n'est qu'au moment de l'extinction de l'appareil qu'il devient très nettement perceptible. On remarque ensuite que l'écran du H3 ne s'acclimate pas instantanément aux changements lumineux. Il vous faudra patienter deux secondes, le temps que l'image apparaisse correctement à l'écran, sachant par ailleurs que le passage d'une zone très lumineuse à une zone sombre s'accompagne d'un surprenant cliquetis. Notez également que, lorsque l'on est face à une très forte luminosité, l'écran a tendance à brûler les zones claires. Reste à signaler que si la luminosité de l'écran vous semble insuffisante, il vous suffit, sans quitter l'interface donc, de presser une fois la touche supérieure du pad (commande Display).
On note ensuite que l'écran permet de disposer d'un « histogramme live », précieux pour voir en temps réel la répartition des zones d'ombre et de lumière. Pour peu que de nombreux autres réglages aient été activés, l'écran se retrouve ensuite vite parsemé de petites icônes heureusement fines et donc discrètes, mais qui peuvent déstabiliser le débutant du fait de leur nombre. Toujours au sujet de l'affichage, on note ensuite que la façon dont les collimateurs sont affichés à l'écran permet de bien identifier les parties de la scène sur lesquelles l'appareil fait la mise au point, ce qui évitera de se retrouver avec un avant-plan net alors qu'on le voulait dans la zone de flou ou inversement.
Qu'en est-il ensuite des capacités du DSC-H3 en conditions de faible luminosité ? Pour photographier lorsque la lumière manque, on peut compter une fois de plus sur un stabilisateur optique décliné deux modes :
- prise de vue : le stabilisateur est activé lorsqu'on enfonce le déclencheur à mi-course ;
- rafale : le stabilisateur est activé en permanence.
Prise de vue (1/3 seconde et f/4,4 à 100 Iso) sans stabilisateur puis avec stabilisateur sur « prise de vue »…
… puis avec stabilisateur en « rafale » et enfin sur pied
Une fois de plus, on peut noter que l'efficacité du stabilisateur n'est pas usurpée, les images enregistrées au moyen de ce dispositif étant globalement bien meilleures que celles enregistrées lorsqu'il est désactivé. En nous penchant un peu plus avant sur les détails, nous pouvons noter une plus grande efficacité du mode prise de vue que du mode rafale. Ce dernier présente toutefois un avantage, celui de stabiliser en continu l'image affichée par l'écran.
Pour aller plus loin
Qu'en est-il des subtilités qui concernent la mise au point ? On remarque en premier lieu la présence d'un mode dit AF contrôle qui effectue la netteté en permanence de façon à réduire le délai nécessaire à la mise au point. Ceux qui souhaitent débrayer l'autofocus ne se verront ensuite pas proposer l'échelle de distance que l'on a coutume de voir et qui est ici remplacée par une série de valeurs (0,5 m / 1 m / 3 m / 7 m et infini), plus rapides à sélectionner mais forcément moins précises.
Une fois l'autofocus débrayé, vous aurez à sélectionner manuellement la distance qui correspond le mieux à celle qui se trouve entre le sujet et l'appareil
Jetant ensuite un œil du côté du réglage de la balance des blancs, on ne pourra manquer de s'étonner de l'absence de mesure manuelle, pourtant précieuse pour trouver la bonne température de couleur dans les ambiances lumineuses mixtes. Le DSC-H3 compense en partie en nous proposant quatre pré-réglages (au lieu de deux le plus souvent) pour faire face aux éclairages électriques.
Le DSC-H3 offre quatre réglages adaptés aux éclairages artificiels : il y a donc moyen de trouver son bonheur
Le flash pop-up bénéfice d'une fonction de correction que l'on peut utiliser pour réduire sa portée de façon à rendre son utilisation plus discrète (trop souvent, le flash produit des ombres profondes qui dénoncent son utilisation). Aux classiques modes multizone et centre (le premier considère la totalité de l'image pour calculer l'exposition et le second la partie centrale), vient ensuite s'ajouter un mode de mesure spot qui réalise la mesure de lumière sur une partie très précise de l'image. Ce mode, sur lequel de nombreux compacts font l'impasse, est particulièrement précieux pour réussir l'exposition de sujets à contre-jour ou très contrastés.
Comme la grande majorité des compacts 2008, le DSC-H3 bénéficie d'un mode de détection des visages qui se charge de régler automatiquement les paramètres de mise au point, flash, exposition, balance des blancs et atténuation des yeux rouges. Ce mode permet de repérer jusqu'à huit visages dans l'image. Ce repérage se traduit par la superposition d'un cadre autour du visage, cadre qui suivra le sujet dans ses déplacements. Une fois le déclencheur enfoncé à mi-course, le cadre vire au vert autour du sujet principal. Même s'il oblige à passer par les menus, ce réglage fait ensuite gagner un peu de temps, surtout dans le cas de photos spontanées prises dans des ambiances de fêtes et de soirées.
La fonction de détection des visages est capable de repérer jusqu'à 8 visages dans l'image
Une fois la fonction rafale activée, il vous sera possible d'enregistrer jusqu'à 100 images consécutives, tant que le déclencheur sera maintenu enfoncé. Là où cette capacité à acquérir des images à une cadence rapide se révèle la plus précieuse est lorsque l'on a un doute sur l'exposition correcte. Il est alors possible, au moyen de la fonction bracketing, de prendre plusieurs vues consécutives d'un même sujet en décalant légèrement l'exposition : une photo nominale correspondant à la valeur indiquée par la cellule, une surexposée et une sous-exposée. Le DSC-H3 vous permet de préciser l'amplitude du décalage (+/- 0,3 ; +/- 0,7 ; +/- 1 IL). Une fois les photos enregistrées, à vous de sélectionner la meilleure sachant que les plus à l'aise en retouche pourront également choisir de les fusionner de façon à produire une image présentant des zones claires et sombres bien exposées (ce qui est parfois impossible à faire en une seule prise de vue). Cette technique porte le nom de HDR (High Dynamic Range).
Bracketing d'exposition : - 1 IL, exposition nominale et + 1 IL
Nous vous proposons à présent de revenir en image sur les points abordés plus haut de façon à vous donner un aperçu vivant du fonctionnement de l'appareil :
Conclusion
Que penser de cet appareil au terme de cette prise en main ? Qu'il s'agit bel et bien d'un quasi bridge, puissant par son objectif et relativement complet au niveau des fonctions, mais un peu encombrant pour un appareil à garder toujours sur soi. Entrons un peu plus dans le détail. Des trois compacts réunis ici, le DSC-H3 est incontestablement le plus volumineux mais aussi l'un des plus agréables à prendre en main du fait de la qualité de son revêtement et de sa poignée bien dessinée, deux caractéristiques qui ne relèvent pas du détail. Ceux qui sont prêts à s'accommoder d'un appareil que l'on porte autour du cou plutôt qu'autour du poignet apprécieront. Le DSC-H3 peut ensuite séduire les amateurs de zoom puissant, car même si l'amplitude de son objectif est équivalente à celle des deux autres modèles, le fait qu'il débute à 38 mm seulement (au lieu de 28 mm pour le TZ3) lui permet d'aller chercher des détails bien plus éloignés. La contrepartie de ce choix ne se fait toutefois pas attendre : il ne pourra ici être question de faire des photos d'ambiance en espace confiné du fait d'un manque certain de recul qui ne manquera pas de se révéler pénalisant à un moment ou à un autre.
Si nous avons ensuite parlé d'un appareil « relativement complet », c'est simplement parce que le H3 apparait à l'usage comme moins avancé qu'on ne pouvait le penser. Non seulement il fait l'impasse sur les modes priorité, mais en plus il limite le mode manuel à deux ouvertures qui laissent peu de latitude à celui qui souhaite travailler sur la profondeur de champ. Cette complétude relative se retrouve ensuite au niveau des réglages, répartis dans une interface un peu complexe et parmi lesquels il manque une fonction de réglage manuel de la balance des blancs. Une fois ces critiques exposées, revenons-en au principal, à savoir la qualité d'image et la réactivité. Le DSC-H3 est un appareil qui ne se fait pas attendre au niveau de la mise au point, et ce tant en conditions de faible que de forte luminosité, sachant par ailleurs que le mode rafale, capable d'enchainer jusqu'à 100 clichés à une cadence élevée, donnera satisfaction aux amateurs de photos sportives. Pour ce qui est enfin de la qualité d'image, le DSC-H3 se signale par une meilleure gestion du bruit que ses concurrents à tel point que l'on peut envisager d'utiliser les 1 600 Iso sans frémir. Dernière incitation à « craquer » : le prix, plus sage que celui de ses congénères, le DSC-H3 se trouvant couramment à moins de 250 euros à l'heure où nous écrivons ces lignes.
- Rendez-vous sur cette page et celle-ci pour comparer le rendu des images de cet appareil avec celles des Canon SX100 IS Panasonic Lumix TZ3.