L'annonce de l'EasyShare 5300 (et avec elle de la 5500, une 4-en-1 équipée d'un fax) a fait l'effet d'une petite bombe au printemps. Pourquoi ? D'une part parce ces multifonctions signifient l'arrivée d'un nouvel acteur dans le petit monde de l'impression jet d'encre, d'autre part parce ces produits sont accompagnés de l'annonce d'économies d'impression jusqu'à 50%. Avec ces deux premiers modèles, Kodak a-t-il réussi son pari de rendre l'impression à domicile enfin abordable ?
Interface
Longtemps marque de fabrique d'un
Apple, le blanc est désormais adopté par nombre de constructeurs. Mis à part le panneau de contrôle et le pourtour du scanner qui optent pour le gris métallisé assorti d'une touche de jaune, l'imprimante est donc d'un revêtement blanc qui a toutefois la bonne idée d'être satiné et ainsi très peu sensible aux traces de doigt.
Kodak a adopté un principe familier à HP, celui de l'alimentation papier par l'avant. La 5300 dispose ainsi d'un bac de 100 feuilles de papier 80 grammes. Un second bac – qui surmonte le premier – permet de garder chargé en permanence une vingtaine de feuilles de papier photo au format 10 x 15 cm. Dans les deux cas, ce fonctionnement permet d'éviter, lorsque du papier reste en place, que la poussière ne se dépose dans le bac d'alimentation. Ce choix permet également de profiter d'une imprimante plus compacte et dont la hauteur est invariable, qu'elle soit ou non en état de fonctionnement. Si vous pensez loger votre multifonction sur une étagère de faible hauteur, privilégiez ce type de modèles.
L'alimentation par l'avant permet de garder du papier chargé en permanence sans risque de dépôt de poussière. Ce fonctionnement permet également de bénéficier d'une imprimante qui dont les dimensions sont invariables et qui trouvera sa place sur une étagère de faible hauteur
L'imprimante est pour le reste assez simple. Le panneau de contrôle est composé de touches larges et bien documentées, les principales fonctions (numérisation / photo / copie) étant clairement identifiables et accessibles au moyen d'une touche séparée. Deux ports USB en façade permettent enfin de lancer une impression depuis une clé USB ou encore de relier un appareil photo à l'imprimante pour imprimer sans avoir à passer par l'ordinateur. La 5300 dispose également d'un lecteur en façade qui fait toutefois - et c'est dommage - l'impasse sur un rabat plastique destiné le protéger, ce qui laisse présager un dépôt de poussière dans les semaines suivant l'achat. Reste à dire un mot de l'écran, appréciable par ses bonnes dimensions, mais qui manque un peu de répondant au niveau de l'affichage, en particulier lorsqu'il s'agit d'images haute résolution.
L'écran permet d'apprécier les détails d'une image, mais il obligera à patienter pour afficher les plus lourdes en totalité
On imprime
Quelles sont les performances de l'imprimante lorsqu'on lui demande d'imprimer un article ou des photos, voire de personnaliser un CD ou DVD imprimable ?
… des photos
Les images volumineuses s'afficheront en deux temps, les détails n'apparaissant qu'après plusieurs secondes, ce qui aura pour effet de ternir le plaisir de la visualisation sur l'écran. Toutefois, une fois l'image entièrement affichée sur cet écran plutôt large, précis et confortable, on pourra bénéficier d'un zoom jusqu'à 5 fois intéressant pour apprécier les détails d'une image.
Les pilotes de la 5300, répartis sur trois onglets, sont très simples
Il suffit d'engager ce bac papier photo 10 x 15 cm dans l'imprimante pour que celle-ci imprime sur le papier photo en lieu et place du papier A4 standard, sans que vous ayez à la paramétrer pour cela, les autres paramètres actifs (avec ou sans bordures, nombre d'images par page…) étant ceux de la dernière utilisation. Autre « subtilité » : le fait que l'imprimante détecte les éventuels problèmes d'orientation du papier (la face imprimable est-elle bien orientée vers le bas ?) ce qui pour effet d'éviter les déboires du genre une série de photos à refaire du fait des inscriptions du verso en surimpression. D'autres détails sont en revanche moins bien pensés, comme l'impossibilité de sélectionner l'ensemble des photos depuis le panneau de contrôle (peu pratique dans le cas d'une grande série à imprimer) et l'obligation de modifier manuellement l'orientation des photos prises au format paysage lorsque l'on veut les visionner sur l'écran.
Que retenir de l'impression de photos ? Que les pilotes ne comportent pas d'indication du type de papier, la R300 sélectionnant automatiquement celui à utiliser en fonction du type de document. Le seul paramètre sur lequel vous pourrez intervenir est celui de qualité « Brouillon », « Normale » ou « Excellente ».
À noter enfin la gamme de papier photo Kodak composée des références suivantes :
- Ultra Premium Photo Paper, 280 g.
- Premium Photo Paper, 250 g.
- Photo Paper, 180 g.
… de la bureautique
Côté bureautique, on note que la 5300 n'échappe pas à la règle qui veut qu'une imprimante soit très bruyante en mode brouillon, c'est-à-dire lorsqu'elle enchaine le plus rapidement possible les impressions sans grand souci de la qualité d'impression. On note également l'absence de mode recto-verso automatique dont la 5500 (le modèle 4-en-1 annoncé dans le même temps) est en revanche pourvue.
On numérise et on copie
Pour numériser depuis l'imprimante, il suffit de renseigner la nature du document (photo ou non) et la destination du fichier (ouverture ou non dans l'application Kodak). Encore une fois, la simplicité est de mise du fait de l'absence de réglage de résolution, de taille du papier, etc.
Seuls deux réglages sont à renseigner pour numériser depuis le panneau de contrôle de l'imprimante
Le passage par l'application Kodak AIO Home Center permet une meilleure information, chaque option (Document couleur / Photo couleur, etc.) étant associée à des réglages bien précis. L'application permet également un meilleur contrôle des paramètres grâce à un onglet « Options avancées » qui permet par exemple d'imprimer en niveau de gris, de pousser la résolution jusqu'à 1 200 dpi ou encore d'accentuer la netteté. La fonction de prévisualisation sera ensuite intéressante pour ceux qui ne souhaitent conserver qu'une partie du document, comme ici la zone de photos.
On note pour finir que les charnières peuvent être tirées sur quelques centimètres de façon à faciliter la numérisation de gros documents.
Conclusion
Très attendue sur le chapitre du
coût à la page, la 5300 ne décevra pas ceux qui ont placé en elle leurs espoirs d'impression intensive à petit prix. Qu'il s'agisse d'imprimer des documents bureautiques ou des photos (pourtant plus qualitative et donc a priori plus chère), l'EasyShare 5300 s'en sort brillamment avec un coût à la page de l'ordre de 0,04 euro pour les premiers et 0,21 pour une photo A4 (encre seulement). Ce faible coût à la page est d'autant plus intéressant qu'il ne s'accompagne pas de concessions sur la qualité. Mis à part une dominante magenta que l'on remarquera particulièrement dans les teintes chair et les photos noir et blanc, ses tirages présentent un bon niveau de détail accompagné d'un rendu plutôt propre. Pour clore ce chapitre des performances, on note enfin que la 5300 dispose d'une petite marge de progression pour ce qui est de la rapidité d'impression en bureautique, mais rien de dramatique toutefois !
Si le constat d'ensemble est bon, on ne peut toutefois manquer d'y introduire quelques nuances. Très économique à l'usage, la 5300 peut en revanche paraître un peu chère à l'achat lorsque l'on rapporte son prix aux fonctions disponibles. L'EasyShare 5300 est en effet l'une des rares à faire l'impasse sur le recto-verso automatique et sur l'impression sur CD / DVD, deux fonctions pourtant bien sympathiques et utiles. La 5300 souffre pour le reste peu de critiques. La simplicité des pilotes et de l'interface réjouira ceux qui souvent impriment sans se poser de questions tandis que l'écran, malgré la présence de temps morts lors de l'affichage d'images volumineuses, donnera satisfaction par ses larges dimensions. Une imprimante à recommander à ceux qui impriment des documents variés de façon intensive : petites entreprises, familles nombreuses, etc.