// Les appareils compacts à grand capteur
Publié par Aurélien Audy le Mardi 29 Décembre 2009
Sommaire
1. Introduction
Panasonic DMC-GF1 - 1/2
Sur le segment encore très restreint des compacts à grand capteur, le GF1 est le concurrent on ne peut plus direct du PEN E-P1 d'Olympus. Une rivalité particulière puisque bonne partie de la technologie employée sur le GF1 et le E-P1 a été développée conjointement par les deux constructeurs. Sauf que Panasonic a déjà pu se faire la main sur les G1 et GH1, les bridges à objectifs interchangeables utilisant le Micro Four Thirds. Une expérience bénéfique ?Présentation
Panasonic a opté pour un style davantage axé sur la modernité (lignes plus contemporaines) et la sobriété (métal noir, ici, mais existe aussi en gris et en blanc). Moins percutant, quoique tout dépend des goûts, mais tout aussi bien fini. L'appareil affiche un gabarit sensiblement identique : un peu moins large que le PEN E-P1, mais un peu plus haut, et légèrement plus épais avec l'objectif pancake 20 mm. Le tout pour 457 g (2g de moins). Là aussi, l'utilisateur dispose d'un écran 3 pouces (460 000 pixels) mais à la différence d'Olympus, Panasonic a doté son compact hybride d'un flash pop-up.PEN E-P1 et GF1 côte-à-côte, et flash pop-up du GF1
Côté technologie, pas de surprise : le GF1 utilise le standard Micro Four Thirds, avec le même capteur (quelques 200 000 pixels effectifs en moins) et donc la même monture. Ainsi, vous pouvez mettre les objectifs Olympus sur le Panasonic et inversement.
Le GF1 peut également recevoir un viseur amovible, mais électronique cette fois (le DMW-LVF1E), c'est-à-dire comme sur les bridges. Il se fixe à la griffe porte flash et récupère l'image via une connectique dédiée située juste en dessous. Attention, la facture est salée : environ 200 € !!!
Prise pour le viseur électronique DMW-LVF1E
Le GF1 embarque lui aussi le filtre anti-poussière SSWF d'Olympus mais pas la stabilisation du capteur. Un avantage sérieux pour l'E-P1, à relativiser par le fait que Panasonic intègre une stabilisation optique sur plusieurs de ses objectifs. Mais pas sur tous…
Optiques et qualité d'image
Deux kits standards au choix
A même concept, techniques de vente identique. Le GF1 peut donc s'acquérir nu, mais aussi avec objectif. En standard, Panasonic propose un 14-45 mm f:3,5-5,6 et un peu plus haut de gamme, le pancake ultra lumineux 20 mm f:1,7. Le premier ne nous ayant pas été prêté, nous ne parlerons que du second. La focale fixe de 20 mm, équivalente à 40 mm en argentique, n'est pas forcément des plus pratiques, car ni grand angle, ni téléobjectif. Le 17 mm choisi par Olympus apparaît plus judicieux. Mais ce sont bien, avec la meilleure compacité, les seuls avantages de l'optique Zuiko.En termes d'ouverture, l'optique f:1,7 de Panasonic fait gagner environ 1,66 EV par rapport au f:2,8 du pancake Zuiko (ce qui pour faire simple autorise à lumière et sensibilité équivalentes des prises de vue plus rapides). Cette grande ouverture permet également d'obtenir une faible profondeur de champ, un plus pour créer des effets de flou artistique.
Côté piqué, le 20 mm de Panasonic à f:1,7 est déjà au-dessus du 17 mm de Zuiko à f:2,8, au centre manifestement, sur les bords un peu moins. Dès qu'on ferme un peu le diaphragme (entre f:3,5 et f:5,6), le 20 mm s'homogénéise et enterre définitivement le pancake Zuiko. Par ailleurs, l'objectif n'exhibe quasiment aucune aberration chromatique et très peu de distorsion. Bref, si vous optez pour le E-P1, il peut être envisageable de l'acheter nu et de monter le pancake Panasonic. Mais attention, cette belle prestation optique a un coût, puisqu'elle fait grimper le kit GF1 de 600 € nu à 900 € environ !
Distorsion faible du 20 mm Panasonic
Piqué au centre de l'image, f:1,7 à gauche et f:5,6 à droite
Piqué sur les bords de l'image, f:1,7 à gauche et f:5,6 à droite
Quid de la qualité d'image
Comme pour le E-P1, le GF1 s'insère dans la cour des grands sur le plan de la qualité d'image. Mais si le boîtier Panasonic est clairement aidé par son optique de qualité, il faut reconnaître que son traitement du signal est inférieur à celui d'Olympus. Cette observation est essentiellement valable si on compare les images en Jpeg, parce qu'en RAW la nuance tend à disparaître. La conversion Jpeg du boîtier semble donc être la fautive. Dans les basses sensibilités, les images par défaut manquent un peu de saturation (ça se corrige aisément). Par beau temps, le GF1 a tendance à dévoiler une dominante magenta dans les bleus et les verts : ciel et végétation paraissent donc moins naturels qu'avec l'E-P1. Par mauvais temps au contraire, le GF1 en balance des blancs automatique refroidit les images. Et sur des scènes contrastées, aux basses sensibilités, on voit en zoomant à 100 % des légers résidus de bruit chromatique dans les zones sombres.A gauche la photo du Panasonic GF1, à droite celle du PEN E-P1 d'Olympus
Quand on monte en sensibilité, le GF1 se comporte à peu près comme le E-P1, mais avec une approche moins conservatrice. Les textures fines sont davantage estompées, le grain apparaît moins homogène, et surtout le traitement contre le bruit chromatique, efficace, provoque une forte perte de saturation. La réduction du bruit numérique se règle (sur 5 niveaux) mais ne délivre pas de résultat aussi satisfaisant qu'avec le E-P1 réglé sur faible. Notez que cette observation est aussi question de goûts. Et le GF1 s'arrête à 3 200 ISO là où le E-P1 prolonge jusqu'à 6 400 ISO, certes non sans mal, mais ça dépanne. En résumé, si vous photographiez en Jpeg, le E-P1 se débrouille un peu mieux dans la plupart des situations, si vous restez en RAW, les deux appareils donnent des résultats quasi identiques, avec toujours un léger avantage au modèle d'Olympus dans les très hautes sensibilités.
Extraits en taille réelle à 100 ISO
Extraits en taille réelle à 400 ISO
Extraits en taille réelle à 800 ISO
Extraits en taille réelle à 1600 ISO
Extraits en taille réelle à 3 200 ISO
Pour le reste, le GF1 se classe plutôt au-dessus de l'E-P1. Déjà il possède un flash intégré, pas aussi puissant que le FL-14 optionnel d'Olympus mais très correct pour un compact. Ensuite, la mesure d'exposition se révèle être plus fiable (rares sont les occasions où il faut jouer de la correction d'exposition), tout comme le mode iAuto, qui détecte mieux les sujets et adapte donc les réglages en conséquence. Sur la balance des blancs, à part les tendances citées plus haut, le GF1 se comporte normalement, mais se plante sur les lumières artificielles… Le bon point, c'est que l'utilisateur dispose de deux modes personnalisables par mesure de lumière, en plus du réglage en Kelvin.
A gauche le GF1 a bien jaugé l'exposition mais restitue une balance des blancs froide, à droite le PEN E-P1 a bien équilibré les blancs mais surexpose la photo
Seul hic : l'absence de stabilisation, en partie compensée par la très grande ouverture du 20 mm. Mais avec le 14-42 mm Zuiko, là où le E-P1 pouvait capturer une image nette à 1 600 ISO, il fallait monter à 2 500 voire 3 200 ISO sur le GF1 pour obtenir le même résultat. Tout dépend donc de l'objectif monté : le 14-45 mm de Panasonic profite par exemple de la stabilisation optique Mega OIS…
























Publicité





( les afficher maintenant )