L'actualité d'Internet pose régulièrement le problème de l'anonymat. Sans vouloir jouer aux grands paranoïaques, il est évident que sur le web, les traces permettant d'identifier l'activité d'un utilisateur sont nombreuses, des adresses IP aux informations fournies telles que la date et l'heure de connexion, le site visité précédemment, le nœud de connexion utilisé ou encore le type de navigateur et de système d'exploitation. Pour ceux qui se croyaient cachés derrière leur écran, il existe néanmoins plusieurs solutions permettant de dissimuler tout ou une partie de ces informations.

Avant de détailler les différentes manières de protéger son anonymat sur le net, évacuons d'emblée les polémiques qui peuvent surgir à l'évocation du mot « anonymat ». Comme toute technologie, le web peut être utilisé à des fins malveillantes et les motivations douteuses pour surfer de manière anonyme ne manquent pas, tous comme les cas avérés d'utilisation de ces technologies dans le cadre de trafics d'images pornographiques, de diffusion de spam ou encore de fausses informations sur Wikipedia. Pourquoi alors s'intéresser à ces technologies ? Tout simplement parce qu'elles peuvent également avoir leur utilité et que nous n'avons pas tous « quelque chose à cacher » : on peut simplement avoir envie de ne pas divulguer son adresse IP ou d'autres informations. Aussi, ouvrons le dossier et tentons d'y voir plus clair sur les possibilités de naviguer sur le web, de communiquer (mails, messagerie instantanée) ou encore d'échanger des fichiers de manière sécurisée et anonyme. Les solutions sont variées et peuvent passer par des sites web ou des solutions logicielles à installer.
Pourquoi préserver son anonymat ?
On aurait vite fait de voir de l'hypocrisie dans le fait de justifier l'usage de technologies de cryptage et d'anonymat par les sempiternels exemples de censures. S'il est vrai que ces technologies peuvent être utilisées à des fins malveillantes ou pour télécharger illégalement en toute impunité, les cas où la protection de l'anonymat se justifient pleinement existent. On pense naturellement aux pays qui filtrent le contenu du web en fonction de l'adresse IP. Le recours au surf anonyme pourra, dans ce cas, permettre d'accéder à des sites web inaccessibles depuis ces pays.
À un degré supérieur, on peut citer les cyber-activistes qui éditent des blogs pour braver la censure de leurs régimes. Des cas concrets existent, notamment dans des pays comme le Barhain, où les autorités font tout leur possible pour fermer des sites traitants de politique. Certains bloggueurs échappent à ce contrôle, notamment en parvenant à publier leurs billets de manière anonyme. D'autres exemples affluent au Népal ou en Iran. Vous pourrez trouver des témoignages détaillés dans le
guide du Cyber dissident édité par Reporters Sans Frontières (au format PDF).
Une autre utilisation peut enfin concerner le journalisme d'investigation : un journaliste qui enquête sur un sujet a tout intérêt à ne pas laisser de traces qui pourraient éveiller des soupçons en visitant des pages suspectes. Encore une fois, il ne s'agit pas de couvrir par ces exemples les activités moins avouables auxquelles on peut se livrer en protégeant son identité sur le net, mais plutôt d'attirer l'attention sur une situation complexe.