le samedi 17 juin 2017

Un supercalculateur pour cartographier l’univers

Une équipe de chercheurs suisses a employé un supercalculateur pour générer une simulation de la formation de l'univers et de ses milliards de galaxies.

Au-delà de l'enjeu cartographique, les chercheurs suisses espèrent percer le mystère de la matière noire.

1 milliard d'années résumées


L'image générée fait penser à un amas de cheveux, ou un réseau neuronal, ou un test de Rorschach, au choix, mais c'est sans doute la représentation la plus précise à ce jour de l'univers dans son intégralité. La photo ci-dessous est en effet extraite de la simulation générée à l'aide d'un supercalculateur par une équipe de l'université de Zurich en Suisse. S'étendant sur un milliard d'années, elle représente la distribution dans l'espace de la matière noire (les amas jaunes) et du vide cosmique (les zones blanches), autrement dit les régions de l'univers où la densité de matière est la plus basse.

La machine mise à contribution pour ce concentré d'histoire cosmique est baptisée Piz Daint. Elle appartient au Centre suisse de Super Calcul. Il s'agit d'un système Cray XC30 composé de plus de 5.000 processeurs. L'exécution du code a pris 80 heures. A titre de comparaison, un ordinateur portable de dernière génération aurait mis 900 ans pour accomplir la même tâche...

Distortion de l'espace-temps


Une simulation pour comprendre la matière noire


La simulation de l'université de Zurich va être étudiée avec beaucoup d'attention par le consortium international Euclid, un projet réunissant plus de 1 000 astronomes et physiciens du monde entier. Euclid a pour objectif d'étudier les mystérieuses matière et énergie noires, qui pourraient être les clés d'une compréhension plus profonde de l'univers, et en particulier de son expansion, dont elles seraient à la fois le moteur et le carburant.

A l'appui des recherches théoriques des chercheurs du consortium, un satellite baptisé Euclid doit être mis sur orbite en 2020 par l'Agence Spatiale européenne. D'ici là les chercheurs zurichois espèrent avoir amélioré leur simulation, en l'enrichissant dans les mois à venir de certains paramètres physiques comme les lois de la gravité pour lui conférer encore plus de précision.

Modifié le 15/06/2017 à 11h46
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