nForce 780i SLI : un nForce 6 qui tait son nom
Bien qu'il eut été légitime de s'attendre à un chipset nForce 7 étrennant une toute nouvelle architecture, il n'en est hélas rien. En effet, le composant C72, autrement dit le northbridge du nForce 780i SLI, reprend l'architecture du C55, c'est à dire celle du nForce 680i SLI. On retrouve du reste le southbridge inauguré à l'époque des chipsets nForce 500 alors que NVIDIA glisse un composant supplémentaire sous la forme du nForce 200 et sur lequel nous reviendrons un peu plus loin.
Le SPP du nForce 780i SLI
Naturellement, le northbridge ou SPP, toujours gravé en 90 nm, nous profite d'un nouveau stepping, une révision rendue nécessaire pour la prise en charge des
Processeurs Intel gravés en 45 nm qu'il s'agisse des Yorkfield (quadri-cœurs) ou des Wolfdale (double-cœurs), tous en FSB1333. Problème pour NVIDIA, la prise en charge des processeurs en FSB1600 n'est pas d'actualité et le récent Core 2 Extreme QX9770 ne démarre tout simplement pas avec les premières
Cartes mères nForce 780i SLI. NVIDIA indique que ce processeur n'est pas encore commercialisé et qu'il étudie la possibilité de rendre son chipset compatible avec. Reste que l'expérience nForce 680i SLI (incompatible avec les Penryn 45 nm quadri-cœurs alors que NVIDIA a claironné le contraire pendant des mois) ne laisse guère de place à l'optimisme et il ne nous paraît peu probable de voir un jour le nForce 780i accepter les processeur en FSB1600. Petite nouveauté tout de même, NVIDIA implémente avec le nForce 780i SLI un demi-coefficient multiplicateur, soit 0,5x réservé aux processeurs Penryn : on règle d'abord l'entier puis on active la commande CPU N/2 Ratio pour profiter d'un coefficient multiplicateur décimal.
Diagramme nForce 780i SLI
En ce qui concerne le contrôleur mémoire, le nForce 780i SLI profite toujours d'un contrôleur DDR2 double canal, NVIDIA n'ayant pas encore franchit le pas de la DDR3. Celui-ci fonctionne toujours de manière désynchronisée ce qui veut dire que contrairement aux chipsets Intel, le chipset de NVIDIA permet de faire fonctionner le bus mémoire à une fréquence qui ne dépend pas de celle du bus processeur. Exit dont le petit jeu des coefficients et autres ratios qui impose parfois l'achat d'une mémoire onéreuse si l'on souhaite overclocker son processeur. Compatible avec la DDR2-1200, le chipset prend en charge la technologie EPP alias SLI Memory dans sa version 1.0s. Rappelons que le SLI Memory permet, avec des barrettes compatibles, de sélectionner des profils de réglages, profils créés par le fabricant de mémoire et permettant d'optimiser les réglages en fonction des caractéristiques propres à chaque barrette. Autre spécificité des nForce, le nForce 780i SLI offre, à l'instar du nForce 680i SLI, la prise en charge du paramètre 1T qui joue sur la valeur CMD ou Command Per Clock de la mémoire. Reste que comme nous le soulignions déjà à l'époque du nForce 680i SLI, ce réglage n'a pas la même efficacité avec les processeurs Intel qu'avec les Athlon 64. Notez que sur notre plateforme de test, le mode 1T ne fonctionnait pas avec nos barrettes OCZ provoquant un écran bleu au chargement de
Windows Vista. Phénomène du reste identique à celui observé avec le X38 d'Intel.
Yorkfield et nForce 780i SLI : ça marche !
NVIDIA nForce 780i SLI : Gestion du PCI-Express 2.0
NVIDIA présente son nForce 780i SLI comme un jeu de composants compatible PCI-Express 2.0. Pourtant, lorsque l'on sait que le nForce 780i SLI utilise le même northbridge que son prédécesseur, on se demande comment le petit dernier de la firme au caméléon peut supporter une technologie qui faisait défaut au nForce 680i SLI. Simple ! NVIDIA reste fidèle à sa stratégie du Lego en ajoutant au nForce 780i SLI une puce additionnelle : le nForce 200. Celle-ci n'est en fait qu'un composant BR04, autrement dit un contrôleur PCI-Express annexe gérant 32 lignes avec un débit de 5 Gb/s par ligne soit le double du débit offert par le PCI-Express de première génération. Problème, en ajoutant un contrôleur annexe, NVIDIA augmente la chauffe mais aussi la consommation électrique de sa plate-forme.
Contrôleur PCI-Express 2.0 : une puce externe
Mais ces deux observations ne sont que détails quand on se soucie de savoir par quel moyen est connecté la puce BR04 au norhtbridge. NVIDIA utilise en vérité les 32 lignes du contrôleur PCI-Express de première génération nativement intégré au northbridge, des lignes qui sont nécessairement overclockées. Mais quand il faudrait un débit de 5 GT/s (GT/s exprimant des Giga Transfert à la seconde soit 500 Mo/s) par ligne PCI-Express pour être strictement compatible avec la norme PCI-Express de seconde génération, le nForce 780i SLI se limite à un débit de 4,5 GT/s. En d'autres termes, il y a un goulet d'étranglement entre le nForce 200 et son northbridge… On a connu meilleure implémentation même si le bus PCI-Express de seconde génération est encore loin d'être exploité !