// Comparatif scanner de diapo : 5 modèles en test
Publié par Aurélien Audy le Mercredi 17 Mars 2010
Sommaire
Plustek OpticFilm 7400
Plutôt que de tester un autre modèle d'entrée de gamme comme le Rollei dont il y aurait peu à attendre, nous sommes ici montés d'un important cran, tout en restant dans les clous du budget fixé initialement. Ce avec l'OpticFilm 7400, scanner dédié affichant un bon rapport qualité/prix au sein de la large gamme OpticFilm du fabricant taiwanais Plustek.Présentation
Amateurs de cubisme, vous allez être servis. L'OpticFilm 7400 est un bloc, sorte de grosse brique en plastique bleu. Après le design n'étant clairement pas un critère d'évaluation, on passera vite sur cette observation. Comme le Rollei DF-S 100, l'OpticFilm 7400 se cantonne exclusivement à la numérisation de négatifs et diapositives. Et là aussi on enfourne les images argentiques, disposées au préalable sur le support adapté, dans une fente latérale pour effectuer les numérisations une par une. Mais la comparaison s'arrête là. Ici pas d'écran intégré, l'OpticFilm 7400 est un périphérique à part entière se pilotant entièrement depuis l'ordinateur auquel il est relié en USB.Fente par laquelle on insère les films
Et c'est surtout sur le plan des caractéristiques techniques que l'OpticFilm 7400 se distingue du lot. Capteur d'image CCD (plus qualitatif que le CMOS), densité et résolution optiques respectivement de 3,5 DMax et 7 200 DPI (les plus élevées du comparatif), couleurs échantillonnées sur 48 bits, source lumineuse par LED blanches ne nécessitant pas de préchauffage… S'ajoute à cela une offre logicielle complète, avec en particulier SilverFast SE Plus 6.6 mais aussi les programmes Presto! ImageFolio et Page Manager (ce dernier étant toutefois parfaitement inutile avec un scanner dédié). Notez enfin que Plustek fournit un câble USB copieusement blindé (protection du signal contre les champs magnétiques) et une housse pour transporter le scanner ou plus simplement le mettre à l'abri quand vous ne l'utilisez pas.
Câble USB blindé et housse de transport
Ergonomie
Positionnement des films et diapositives
Pas de souci de calage pour les diapos, les emplacements sur le support étant parfaitement aux bonnes dimensions, avec un côté souple faisant office de ressort pour assurer un bon maintien. En revanche, pour les bandes de négatifs il faudra davantage faire preuve de sang froid. Plustek a eu la mauvaise inspiration de matérialiser toutes les vues par des barres en plastique noir, sur lesquelles il faut donc caler son film. Le problème, c'est qu'il n'y a pas de butée ou de glissière en début de support pour tenir la bande. On est régulièrement à deux doigts de s'énerver !Support diapos et négatifs
Absence de butée en début de support et film calé au mieux
A priori, il pourrait être judicieux de découper ces barres en plastiques pour se simplifier la tâche. Bonne chose par contre : contrairement au cas de Rollei, la charnière du porte-films se trouve ici dans la largeur, ce qui facilite la fermeture du support notamment avec des bandes courbées. On finit par prendre le coup de main, mais d'autres scanners de ce comparatif font bien mieux dans ce domaine !
Vitesse de numérisation
L'OpticFilm 7400 se montre plutôt rapide dans l'ensemble. Avant d'en dire plus, il faut cependant savoir que la vitesse de numérisation dépend de nombreux facteurs. En premier lieu, la résolution et le format de sortie choisis. Mais aussi tous les traitements d'image appliqués, qui prendront d'autant plus de temps que le fichier est volumineux. Trois d'entre eux s'avèrent particulièrement chronophages : le dépoussiérage, l'option Multi-Exposure, où deux scans avec différentes expositions sont assemblés pour obtenir une plage dynamique accrue, et l'option Multi-Sampling, où le scanner effectue entre 2 et 16 passages au choix afin de réduire le grain de l'image. Dans un premier temps, les mesures ont donc été effectuées avec toutes ces options désactivées. Voici les résultats (temps donnés en secondes) :
Notez que pour les numérisations où nous avons activé le dépoussiérage (technologie SRD, Smart Removal of Defects), nous n'avons pas inclus dans les résultats le temps mis par l'appareil pour effectuer la prévisualisation dédiée au dépoussiérage, soit 38 s supplémentaires. Celle-ci intervient au moment où on décide des différents réglages avant de lancer la numérisation et elle permet de contrôler avec finesse le dosage du traitement SRD. La prévisualisation standard elle ne prend que 13 s, une bonne performance même s'il faut garder à l'esprit que l'OpticFilm 7400 fonctionne vue par vue.
Interface
Mis à part deux boutons en façade de l'OpticFilm 7400 (le premier lance SilverFast, le second provoque une numérisation tout automatisée), le centre névralgique du scanner c'est le logiciel SilverFast. Sur le plan ergonomique, on a vu mieux. L'agencement en fenêtres multiples avec des icônes pas toujours évocatrices n'est ni intuitif ni accueillant. Mais passé un petit temps d'adaptation, on trouve facilement ses repères et l'interface s'avère finalement fonctionnelle. On apprécie notamment la taille généreuse de la fenêtre de prévisualisation. Et les débutants pourront commencer par le module ScanPilot, qui vous guide dans les différentes étapes à suivre avant de procéder à la numérisation. Par contre le fait de devoir lancer une nouvelle prévisualisation plus précise (et lente) à chaque fois qu'on veut régler l'anti-poussière reste assez pénible.Interface de SilverFast et prévisualisation spécifique à l'option SRD
Qualité d'image
Les numérisations à la loupe
L'OpticFilm 7400 est clairement le scanner du comparatif qui restitue le mieux les détails des clichés argentiques. Les contours sont nets, les photos numérisées affichent un bon niveau de contraste et profitent d'un grain assez fin et esthétique. Pas besoin de monter à 7 200 DPI, résolution qui dépasse de toute façon le potentiel d'une pellicule 35 mm. Vous vous retrouvez en plus avec une résolution d'image astronomique (10 200 x 6 800 pixels environ, soit 69 Mpix) et un fichier de 200 Mo… Et vous faites exagérément ressortir le grain du film. 3 600 DPI (17 Mpix) voire 2 400 DPI (7,7 Mpix) sont les résolutions où l'OpticFilm 7400 délivre les meilleures performances.Photo 1 et extrait à 100 %, puis photo 2 et extrait à 100 %
Photo 3 et extrait à 100 %
Pas de problème de mise au point ici avec les diapositives, même si le constructeur ne dit rien sur la présence d'un système autofocus. La qualité est toujours bien présente.
Diapo 1 et 2
Diapo 3 et extrait à 100 %
Les fonctionnalités du logiciel
SilverFast met à disposition tout un panel de fonctionnalités et de réglages intéressants, qui contribuent en partie aux bons résultats de l'OpticFilm 7400. Outre les traitements habituels de la colorimétrie (courbes de niveaux, luminosité, contraste, saturation, correction sélective ou globale des couleurs), SilverFast propose par exemple un menu fort utile baptisé NégaFix. Ce dernier renferme une vaste sélection de types de pellicules, qui impactent le rendu de la numérisation selon les spécificités du négatif choisi : marque (Afga, Kodak, Fuji, Ilford,…), référence (Superia, Gold, Tri-X, HP5…), ISO (50, 160, 200, 400…), exposition (+ ou – 3 EV) et tolérance. Franchement appréciable !Trois des fenêtres de réglages
Menu NégaFix
Par ailleurs, nous avons régulièrement opté pour la fonction Multi-Exposure, ce en dépit du fort ralentissement occasionné, car elle densifie visiblement les images. Ou encore l'AACO (Auto Adaptative Contrast Optimisation), avec plus de parcimonie, pour récupérer à l'occasion des détails dans les zones sombres. L'option Multi-Sampling en revanche est plus discutable : on n'observe pas ou peu de différence, tandis que le temps de numérisation est multiplié d'autant de fois qu'il y a de passages.
A gauche avec exposition unique, à droite avec Multi-Exposure
AACO
Le seul point décevant c'est la réduction des poussières SRD qui assez délicate à jauger : soit on ne pousse pas assez le traitement et il reste des poussières, soit on le pousse trop et l'algorithme efface des détails de l’image en plus des poussières… Voici en image ce que cela donne sur une photo que nous avons volontairement saupoudrée de poussière :
De gauche à droite, la photo sans SRD, avec SRD automatique et avec SRD manuel
Extraits comparés entre sans le SRD et avec le SRD automatique
Extraits comparés entre sans le SRD et avec le SRD manuel
La dernière solution, efficace mais exigeante, consiste donc à opérer manuellement grâce au système de masque de correction proposé dans le navigateur SRD. On choisit alors un outil de sélection (lasso, pinceau…) et on délimite les zones à traiter et celles à exclure, en réglant différemment les niveaux de correction selon les zones. Mais on passe une demi-heure par image ! La meilleure solution, c'est encore de nettoyer soigneusement ses bandes avant de les scanner. On regrettera enfin que le SRD gère particulièrement mal les rayures des négatifs.
Système de masques pour la correction des poussières
Conclusion
Vendu aux alentours des 200 €, l'OpticFilm 7400 est un sérieux compétiteur. Il délivre une très bonne qualité d'acquisition, épaulé par un logiciel très complet et parfaitement empreint de l'univers argentique. Le tout assez rapidement. On formulera tout de même deux reproches à son encontre : le support de négatifs pas pratique, et le dispositif de réduction des poussières difficile à doser et globalement moins efficace qu'une technologie Digital ICE à infrarouge. Si vos négatifs et diapos sont en bon état, vous pouvez foncer les yeux fermés ! Dans le cas contraire, il y a d'autres options à considérer.Les plus
- Densité / piqué des images numérisées
- Relativement rapide
- Logiciel SilverFast / réglages complets
- Encombrement raisonnable
Les moins
- Support de négatifs à revoir
- SRD difficile à doser et perfectible
- Logiciels Presto! anecdotiques...
Plustek OpticFilm 7400
Scanner
Bon
-
Qualité d'image
-
Rapidité
-
Ergonomie
-
Logiciel(s)











































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