Test Call of Duty : Black Ops Cold War - campagne explosive pour multijoueur poussif

Pierre Crochart
Spécialiste smartphone & gaming
17 novembre 2020 à 09h30
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La fin d’année vidéoludique est réglée comme du papier à musique. Les mêmes têtes sont invariablement invitées à la fête ; parfois dans le désordre pour ne pas lasser. Aussi cette année, c’est à Call of Duty qu’il appartient de fermer la marche ouverte par FIFA 21 et Assassin’s Creed Valhalla.

Et cette fois, c’est l’équipe noire qui est aux commandes. Comprendre : celle responsable de la licence Black Ops. L’autre grande saga Call of Duty après Modern Warfare. Modern Warfare qui nous a par ailleurs gâtés l’année dernière, en revenant dans un remake explosif qui nous avait conquis.

Call of Duty : Black Ops Cold War joue lui aussi de la fibre nostalgique. Il s’agit ni plus ni moins que de la suite directe du Black Ops originel, lequel vient juste de souffler ses 10 bougies (outch...). L’occasion de prendre du recul sur les conflits au Moyen-Orient pour plonger en pleine Guerre froide, au début des années 80.

Le point config' : testé sur PC en 1440p avec tous les graphismes en Ultra et le ray tracing activé en ultra également. Avec une RTX 2070, 16 Go de RAM et un Ryzen 5 5600X, le jeu tient ses 60 images par seconde pour peu qu’on active le DLSS — qui nous fait regagner grosso modo 20 images par seconde.

L’Amérique en péril…

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’armée américaine a enterré des dizaines de bombes nucléaires dans la plupart des villes européennes. L’objectif ? Freiner, si nécessaire, la progression du bloc communiste en Occident. Le problème, c’est qu’un antagoniste (Russe, forcément) répondant au nom de Perseus s’est emparé des codes permettant de déclencher les fameuses bombes, et par conséquent de faire porter la responsabilité de la mort de centaines de millions de personnes sur les États-Unis.

Quelque peu incommodé par la situation, Ronald Reagan lui-même organise une réunion de crise visant à organiser la « défense du monde libre ». Une réunion de laquelle Russell Adler, agent de la CIA infiltré chez les Russes, repart avec un blanc-seing pour stopper Perseus « quoi qu’il en coûte ». Sa carte blanche en main, l’agent spécial fait rappliquer ses copains tout droit sortis du premier Black Ops : Frank Woods, Jason Hudson et Alex Mason. 

Et le joueur dans tout ça ? Pour la première fois dans l’histoire de la saga, on est invités à créer son propre avatar pour prendre part au combat. Celui-ci sera dans tous les cas désigné par le surnom « Bell » ; qu’il s’agisse d’un homme, d’une femme ou d’une personne non-binaire (une première dans un blockbuster). Il vous sera également proposé d’opter pour divers atouts qui, au choix, vous permettent de recharger plus rapidement ou d’infliger davantage de dégâts lorsque vous restez immobile. Un petit côté « RPG-lite » qui, nous allons le voir, n’est pas la seule nouveauté introduite dans la campagne.

Une campagne courte mais surprenante

Si les premières missions de la campagne solo sont d’un classicisme ronflant, Call of Duty : Black Ops Cold War parvient rapidement à se détacher de son héritage pour varier les plaisirs. Il faut d’abord signaler qu’entre chaque mission, Bell et ses camarades (lol) repassent par la case « base d’opérations ». Un hub central dans lequel votre personnage sera briefé sur les tâches à accomplir, et où il pourra également converser avec les membres de l’équipe.

C’est aussi une première : le jeu vous laissera parfois le choix quant à l’ordre des missions à effectuer. Et des opérations secondaires font aussi leur apparition pour gonfler un peu la durée de vie du titre (5h au mieux). Celles-ci mobilisent d’ailleurs une autre nouveauté du jeu que sont les indices.

Plus ouverts, les différents niveaux du jeu invitent — enfin — à fouiller les environnements afin de dénicher des preuves. Celles-ci peuvent être inspectées depuis le hub central et servir de base de réflexion pour les choix stratégiques qu’il vous faudra faire. Ce qui nous amène à une autre nouveauté de Black Ops Cold War : votre avatar dispose de plusieurs options de dialogue.

Tuer cet indic qui a déjà livré tous ses secrets, ou le faire prisonnier pour le cuisiner davantage ; libérer cet otage ou profiter de sa détention pour mettre le grappin sur un commandant ennemi… Les choix qui sont laissés au joueur sont très binaires, mais contribuent à lui lâcher momentanément la main dans une aventure qui, sans cela, serait totalement téléphonée. Évidemment, votre parcours et les choix que vous y aurez faits pourront modifier l’issue du scénario : plusieurs fins sont au menu.

Rafraîchissant, pour un Call of Duty. Et d’autant plus surprenant que certaines missions confineraient presque à l’immersive sim — ces jeux à la Deus Ex qui offrent au joueur une grande variété d’approches pour arriver à ses fins. 

Ne vous méprenez pas : le cœur du jeu reste de faire panpan-boom-boom pour tuer les ennemis de l’Amérique. Mais Treyarch essaie des choses, et c’est tout à son honneur. Une attitude qui contraste, nous allons le voir, avec son approche du mode multijoueurs.

Graphiquement, ça donne quoi ?

Toujours basé sur la nouvelle version du IW Engine inaugurée l’an dernier, Call of Duty : Black Ops Cold War éblouit par sa gestion des lumières et le réalisme des visages.

Second opus à proposer du ray tracing, Black Ops Cold War le fait de manière autrement plus maîtrisée que Modern Warfare. En multipliant les missions nocturnes, le titre donne à observer des reflets magnifiques et des ombres extrêmement précises.

Dommage que les cartes du mode multijoueurs ne répliquent pas vraiment le chouette boulot de level design de la campagne, laquelle offre à plusieurs reprises des panoramas majestueux.

Quid de la version PS5 ?

En marge de la version PC, nous avons pu tester ce nouveau cru Call of sur PS5. Nous vous proposons une phase de gameplay avec le ray tracing activé dans la vidéo ci-dessous.

Le jeu propose deux modes d'affichage : 4K60 avec le ray tracing (4K dynamique) ou un mode en 120 images/sec dans une résolution dynamique qui semble s'approcher du 1440p. Pour ce dernier, il faudra posséder une TV compatible HDMI 2.1. Dans les deux modes, le jeu est parfaitement fluide et semble s'approcher des réglages "ultra" sur PC. Mais la vraie nouveauté c'est le retour haptique et les gâchettes adaptatives de la DualSense, tout bonnement bluffants ! Pour mettre en joue il faudra forcer sur la gâchette gauche, et chaque balle tirée se ressent précisément dans la manette avec un recul qu'on jugerait réel. Plus de balles dans le chargeur ? La gâchette se bloque. La partie sonore tire aussi partie du son 3D de la PS5, si vous possédez un casque compatible, l'immersion sera totale.

Un multijoueurs à l’ancienne

Après un gros week-end passé sur le multijoueurs de Call of Duty : Black Ops Cold War, c’est un euphémisme de dire que mes impressions de l’alpha et la bêta se sont confirmées. Ce nouveau Black Ops s’est donné pour mission de déconstruire scrupuleusement tout ce qu’Infinity Ward avait tenté de faire de différent l’an dernier.

Mais cette approche a du sens — nous y reviendrons. D’abord, attelons-nous à décrire en quoi consiste l’expérience du multijoueurs.

Les joueurs ayant lâché la série depuis quelques années ne seront pas perdus. On retrouve tout ce qui a fait le sel de la licence depuis ses débuts, avec des modes de jeux classiques faisant la part belle aux affrontements à 6 contre 6 (TDM, Domination, Recherche & Destruction, Point Stratégique, Élimination confirmée, Mêlée générale, Contrôle). Mais des petits nouveaux s’invitent à la fête, comme Escorte VIP. Dans ce mode, un joueur est désigné comme VIP et doit être escorté par son équipe jusqu’à l’un des deux points d’extraction de la carte. Problème : la mort est définitive, et le VIP n’est équipé que d’un pistolet et de quelques accessoires.

Autre ambiance, le mode Armes combinées. On passe cette fois sur une configuration à 12 contre 12, avec véhicules, sur des cartes plus grandes dans lesquelles il s’agit de garder le contrôle sur 5 points d’intérêt. Une sorte de succédané du mode Conquête de Battlefield, ou un modèle plus réduit du mode « Guerre terrestre » de Modern Warfare (2019).

Enfin la plus grande nouveauté est à chercher du côté du mode Bombe sale qui… s’inspire, dirons-nous, de Warzone. 10 équipes de 4 joueurs sont parachutées sur une énorme map sur laquelle ils doivent ouvrir des coffres pour récupérer de l’uranium. Il faut ensuite déposer suffisamment d’uranium pour alimenter les 5 bombes disposées sur la carte. L’équipe qui aura fait sauter le plus de bombes remporte la victoire.

Un mode de jeu dans lequel, contrairement à tous les autres, on peut ouvrir des portes, sauter au-dessus des obstacles et équiper des plaques d’armures pour résister aux assauts ennemis. Un mode, encore, où nos coéquipiers peuvent nous réanimer si nous sommes à terre. Bref, une invitation polie à télécharger un certain Battle Royale qui fait les choux gras d’Activision depuis sa sortie au printemps dernier.

Des problèmes d’équilibrage

La progression dans le mode multijoueurs est très classique. En jouant, on accumule de l’expérience qui nous fait grimper en grade et donc débloquer de nouvelles armes, accessoires et atouts. Là où Treyarch, Raven et Beenox font varier la formule, c’est sur les séries d’éliminations, qui ne sont désormais plus conditionnées par le nombre de joueurs tués, mais par une accumulation de points. De plus, ces « séries de points » ne sont pas réinitialisées à votre mort. Vertueux à mon sens, en cela que cette approche permet aux joueurs qui n’excellent pas dans les affrontements mais jouent l’objectif de profiter des bonus tels que la tourelle automatique ou l’hélicoptère d’assaut.

Mais le multijoueurs de Call of Duty : Black Ops Cold War pêche par bien des aspects. Il y a d’abord cet énorme souci d’équilibrage, qui fait que trois jours seulement après la sortie du jeu, une méta est déjà bien en place. Qu’on soit clairs : la mitraillette MP5 surclasse absolument toutes les armes présentes dans le jeu actuellement. Aucun recul, cadence et distance de tir délirante, très maniable : la seule façon de prendre du plaisir avec une autre arme est de jouer en mode hardcore où, de toute façon, le moindre impact tue.

Il faut aussi parler de l’agressivité du SBMM (skilled based matchmaking), qui fait que si vous vous en sortez très bien sur une partie, vous serez automatiquement « matchés » avec des joueurs ayant un ratio K/D très élevé. Un système qui n’est pas neuf, mais qui est pour l’instant très mal calibré. Il m’est arrivé de sortir d’une partie avec un ratio de 2.5 et, la suivante, être confronté à des joueurs beaucoup plus forts que moi au point de terminer avec un ratio de 0.5. 

Autant d’ajustements qui prendront du temps, et de nombreux retours d’expérience aux développeurs pour les corriger. Mais s’il y a une chose que les équipes auront du mal à corriger, ce sont les maps de ce Black Ops Cold War.

Des maps d’un autre âge

Le classicisme patent de Call of Duty : Black Ops Cold War s’illustre peut-être le mieux lorsque l’on observe les 10 cartes disponibles au lancement. Outre ce chiffre particulièrement bas (Modern Warfare en comptait 17), les maps ne font absolument pas honneur à la maestria habituelle de Treyarch en matière de level design

Reprenant toutes le fameux « three-lane design » qui avait tant manqué aux déçus de Call of Duty : Modern Warfare, elles favorisent le dynamisme et l’action surcadencée — un bon point. En revanche, elles pâtissent d’un manque d’inspiration certain et, plus grave encore, d’une absence quasi totale de verticalité.

Dans Black Ops Cold War, on est cloués au sol. Et, un an après Modern Warfare, cette gravité pèse lourd. Alors oui, pour compenser, les joueurs se déplacent plus rapidement. Les glissades sont aussi plus généreuses. Mais de façon générale, on a vite fait le tour de ce que proposent les 8 maps des modes de jeux classiques (les deux autres sont réservées au mode Bombe Sale et Armes combinées).

L’accueil du mode multijoueurs de Black Ops Cold War est très mitigé. Et pour cause : il s’éloigne beaucoup de la proposition de Modern Warfare pour revenir à des bases plus historiques. On salue en cela une volonté de plaire au plus grand nombre, mais regrettons que cela se fasse au prix d’une fraîcheur à laquelle la campagne nous a agréablement habitués. 

Le retour du mode zombie

S’il est un aspect sur lequel Call of Duty : Black Ops Cold War fait l’unanimité, c’est bien son mode zombie. Plébiscité par les joueurs depuis son apparition sur Call of Duty : World at War en 2008, le mode zombie est devenu la spécialité de Treyarch ; dans lequel le studio peut déployer ton son savoir-faire en matière de storytelling de l’étrange et d’easter eggs.

Dans ce nouveau chapitre, direction Die Maschine. Une carte inédite située en Pologne, autour d’un ancien bunker nazi. La formule, elle, évolue peu — et c’est tant mieux. L’idée est toujours d’affronter à quatre joueurs des vagues successives de zombies en s’enfonçant de plus en plus loin dans le bunker afin de débloquer des armes plus puissantes, des atouts et bien d’autres choses encore.

À la difficulté corsée, le mode zombie se savoure surtout entre amis. Pour peu que vous arriviez à vous coordonner, cela va de soi. Un défi de taille attend d’ailleurs les joueurs qui décideront d’appeler un hélicoptère pour s’exfiltrer. Une gigantesque vague d’ennemis fondra sur le groupe durant les longues minutes qui précèdent l’atterrissage de ce dernier.

Ajoutons que, cette année, il est possible d’apporter dans le mode zombie ses loadouts d’armes du multijoueurs, ainsi que les opérateurs qu’on a déjà débloqués. D’ailleurs, la progression du grade est conjointe que vous jouiez au mode multijoueurs, au mode zombie ou même à Warzone. 

Enfin, en guise de friandises, Call of Duty : Black Ops Cold War marque aussi la sortie de Dead Ops Arcade 3, le nouveau chapitre du « jeu d’arcade » multijoueurs en vue du dessus. Le concept n’est pas bien différent du mode zombie classique, mais le champ de vision réduit offre un défi également bien dosé pour les joueurs chevronnés.

Call of Duty : Black Ops Cold War, l’avis de Clubic

Épisode le plus vendu de l’histoire de la licence avec 31 millions d’unités, Black Ops se traîne un sacré héritage. Aussi l’entreprise de lui offrir une suite directe apparaît aussi casse-gueule qu’audacieuse. 

Malgré tout, Treyarch et Raven s’en sortent très bien, en ce qui concerne la campagne solo de ce Black Ops Cold War. Innovante sur certains aspects, elle offre l’expérience hollywoodienne à laquelle on était en droit de s’attendre pour une licence de ce calibre.

Notre appréciation du mode multijoueurs est moins enthousiaste. Mais on le reconnaît volontiers clivant. Il plaira aux déçus de Modern Warfare et laissera de marbre celles et ceux qui avaient été séduits par ce dernier en 2019. Si l’on peut s’accorder à dire que les affrontements sont plus nerveux et instantanés que l’an passé, on regrette de gros problèmes d’équilibrage et, surtout, un certain manque d’inspiration dans le contenu.

Heureusement, le mode zombie est là pour rattraper le tout et rehausser notre impression finale. Toujours aussi fun, et plus complexe qu’il n’y paraît, il offrira à coup sûr des dizaines d’heures de sueurs froides aux joueurs adeptes de l’expérience.

Call of Duty : Black Ops Cold War

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Call of Duty : Black Ops Cold War se présente comme la parfaite antithèse d’un Modern Warfare qui, l’an dernier, avait tenté de changer la formule. Ici, on retrouve des bases historiques qui plairont à certains, mais en décevront d’autres qui espéraient trouver une continuité dans l’approche du multijoueurs. Treyarch et Raven ont plutôt choisi la voie du rétropédalage et, malheureusement, ce choix ne se conjugue pas à une grande variété dans les styles de jeu ou même le contenu.

En guise de consolation, ce Black Ops nouveau offre une campagne solo très bien ficelée et un mode zombie dont le retour est toujours un petit événement. Espérons que, pour rehausser un peu nos impressions, les futurs DLC (tous gratuits) du jeu sauront lisser certaines des aspérités que nous avons détaillées dans ce test.

Les plus

  • Une campagne surprenamment ouverte
  • Graphiquement très costaud
  • Un multijoueurs plus nerveux que Modern Warfare…
  • Des séries d’éliminations plus accessibles
  • Le mode zombie, toujours excellent

Les moins

  • Des animations un peu rigides
  • … mais moins inspiré
  • Un contenu de lancement un peu maigre
  • Des problèmes d’équilibrage qui gâchent l’expérience multijoueurs

Test réalisé sur PC via un code fourni par l'éditeur

Modifié le 17/11/2020 à 18h08
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