Test FIFA 21 : rien de (vraiment) nouveau sous le soleil

Nerces
Spécialiste Hardware et Gaming
15 octobre 2020 à 18h01
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Entre la Covid-19 et l’arrivée imminente de la nouvelle génération de consoles, Electronic Arts a préféré jouer la sécurité et ne pas se lancer dans une refonte de son éternelle simulation de football. La communication autour de FIFA 21 a même été particulièrement discrète et, plus étonnant encore, aucune démo jouable n’a été diffusée. Est-ce que ça ne cacherait pas un petit quelque chose d’inavouable ?

Alors que le concurrent de toujours – Konami – a opté pour la formule de la simple mise à jour, Electronic Arts a donc décidé de distribuer un « vrai » nouvel opus de son FIFA. Quand eFootball PES 2021 se négocie 30 euros, il faut en débourser au moins 60 pour s’offrir FIFA 21 et encore il ne s’agit que de la plus modeste des versions, les prix grimpant à 80 euros pour la Champions Edition et à 90 euros pour l’Ultimate Edition. Nous allons voir que le compte n’y est pas tout à fait, et ce, même quand on limite la dépense.

Bis repetita placent

Il y a un an de cela, à la sortie des deux précédentes versions, nous avions pu préparer une espèce de duel entre ces stars du ballon rond. Ce n’était évidemment que notre avis, mais nous estimions que eFootball PES 2020 l’emportait alors légèrement sur un FIFA 20 trop porté sur l’attaque en général et les joueurs vedettes en particulier. Il leur était vraiment trop simple de faire exploser n’importe quelle défense. D’autre part, FIFA 20 avait un peu trop tendance à célébrer ce que l’on appelle le style direct, à jouer la carte du football champagne. Des défauts à nos yeux, mais qui n’ont pas empêché EA Sports de faire un nouveau carton du côté des ventes.

L’absence de risque que nous évoquions précédemment n’est donc pas une surprise. Pourquoi tenter d’innover alors que l’avenir est incertain et que la formule actuelle continue de se vendre comme des petits pains ? Electronic Arts a donc reconduit les mêmes modes de jeu, les mêmes options principales dans un jeu qui se focalise donc autour de l’inévitable FUT, de la carrière et du plus récent Volta. FIFA Ultimate Team – FUT pour les intimes – est donc de retour et il est en réalité à l’image de toute cette version « 21 » tant les apports sont modestes. On appréciera tout de même que l’aspect grind tant décrié l’an passé ait été légèrement ajusté.

Kaká joue les guest stars sur Volta... et ne convainc personne © Nerces pour Clubic

Ainsi, le système de forme n’est plus d’actualité et la mise en place de limites hebdomadaires (30) permet d’éviter le farming intensif de certains, source d’écarts frustrants entre les joueurs. Reste que la philosophie même de FUT ne change pas et qu’il s’agit toujours d’un remarquable pousse au crime ayant des vues sur votre carte bleue. La vraie bonne nouvelle pour les furieux de FUT, ceux qui y passent leurs soirées et la majeure partie de leurs week-ends, c’est qu’il sera possible de faire basculer sa progression vers la nouvelle génération… à condition, tout de même, de rester dans le même monde (PlayStation ou Xbox). Pas dingue pour nous autres, joueurs PC.

Volta ne fera pas Carrière

Pour en terminer avec FUT, notons aussi que le coopératif de ce mode de jeu est maintenant possible sur les Clashs d’équipes, sur les Division Rivals ainsi que sur les matchs amicaux. Il est toutefois important de préciser que le système de récompenses individuelles reste de mise et pour que le mode coopératif soit « pleinement fonctionnel », il faudra que les deux joueurs aient réalisés leurs matchs de placement. Au final, il n’y a pas grand-chose à dire sur l’aspect addictif du FIFA Ultimate Team, toujours aussi grisant. Depuis des années, EA Sports en a fait sa « vache à lait » et ce n’est donc pas prêt de changer.

Magnifique Merseyside derby pour un FIFA 21 qui perd des licences © Nerces pour Clubic

Sans surprise, l’autre « poids lourd » de ce FIFA 21 est le mode carrière qui fait peau neuve cette année pour mettre plus particulièrement l’accent sur l’entraînement et la progression des joueurs. Cela passe d’abord par une nouvelle interface qui se déploie sur trois aspects : le moral, l’état de forme et le « tranchant ». Cette troisième « clé » est là pour simuler la capacité d’un joueur à se dépasser dans les moments les plus importants d’un match, ce qui est censé faire la différence entre un bon joueur et un champion. Classiques, moral et état de forme ne nécessitent pas d’explications particulières. Pour chaque joueur de l’équipe, il est possible de définir un profil d’entraînement, de définir des statistiques prioritaires et de le « pousser » afin de booster son tranchant. À contrario, trop d’entraînement fera baisser son état de forme.

Vous vous en doutez, le principe de cet entraînement « nouvelle formule » est de trouver le juste équilibre afin d’avoir les joueurs les plus performants. Même si, bien sûr, la décision se fait manette entre les mains, le « tranchant » peut apporter un petit plus bien appréciable en plein match. Le match justement peut bien sûr être simulé, mais aussi profiter de la « simulation interactive » : il s’agit d’une présentation 2D de la rencontre avec la possibilité de rentrer dans le match ou de revenir à la simulation quand on veut… Déjà notre mode préféré sur FIFA 20, la carrière est encore ce que nous retiendrons avec un petit côté Football Manager « pour les nuls » bien agréable.

Pas toujours évidentes à maîtriser les courses « créatives » apportent un plus © Electronic Arts

Le Frostbite manque de mordant

En tout cas, il nous semble largement au-dessus de Volta qui peinait déjà à nous convaincre l’an dernier. Cette fois, EA Sports a jugé utile d’embaucher une « star » en la personne du Brésilien Kaká qui intervient au travers d’une espèce de scénario à la limite de l’indigence avec des personnages plus insupportables les uns que les autres et des situations ridicules. Il est question d’une espèce de « sélection » pour participer à un tournoi réunissant, bien sûr, les meilleurs. Tout ça pour mettre en scène ces affrontements en 3v3, 4v4 ou 5v5 à travers des « street-terrains » du monde entier depuis São Paulo jusqu’à Dubaï en passant par notre belle capitale.

Reste que Volta a ses fans avec son style si particulier, ce gameplay aux antipodes du foot « classique » et un jeu fait de passes courtes et d’enchaînements tout en nervosité qui profite tout de même d’une intelligence artificielle plus fine, plus en phase avec nos propres actions. Reste que pour de nombreux « footeux », c’est en 11v11 que le soccer se pratique et c’est à ce niveau qu’EA Sports déçoit tant les apports sont légers, pour ne pas dire insignifiants. Le studio a certes amélioré la gestion des dribbles fins et apporté de la variété dans les appels – via la course dirigée notamment –  mais on ne peut hélas pas dire que cela modifie les fondamentaux.

Les vedettes offensives - ici Mo Salah - toujours exagérément privilégiées © Nerces pour Clubic

Ainsi, on regrette principalement la vieillesse d’un moteur physique qui peine à se repenser. La gestion des collisions est toujours fantaisiste et alors que cela fait des années que l’on peste contre cette « inertie » dans les mouvements, eh bien, rien n’a changé ! Les gardiens sont peut-être encore plus faibles que les années précédentes et si le rythme de l’action semble avoir été légèrement ralenti, on met toujours l’accent sur un style de jeu direct avec des attaques en profondeur ou des centres souvent dévastateurs. Bien sûr, on s’amuse toujours, mais années après années, on se rend de plus en plus compte du côté « caricature » que peut prendre un match de FIFA.

Enfin, et là Electronic Arts devrait prendre garde car même s’il domine encore nettement le combat de licences, il perd par exemple du terrain en Serie A où manquent maintenant l’AS Roma, le FC Crotone, la Juventus et Spezia Calcio. Le Brésil n’est guère plus présent que l’an passé alors que les championnats colombiens et chiliens sont passés dans l’escarcelle d’eFootball PES 2021. Dernier commentaire pour souligner que si nous avons testé le jeu dans sa version PC, celle-ci n’a bien sûr rien de next-gen cette année avec un rendu des visages ou du terrain toujours aussi factices, même si cela fait le job en vue « lointaine ».

Cantona semble regarder vers l'avenir... EA Sports aussi ? © Electronic Arts

FIFA 2021 : l’avis de Clubic

Dans l’absolu, FIFA 2021 n’est pas un mauvais jeu… en réalité il est pour ainsi dire aussi bon ou aussi mauvais – question de point de vue – que le cru 2020. Nous le disions en introduction, la pandémie de Covid-19 n’a sans doute pas simplifié le travail d’EA Sports et l’arrivée des nouvelles consoles a certainement incité Electronic Arts à la prudence… Reste que de notre côté c’est aux joueurs que nous suggérons la méfiance. Il y a bien quelques modifications mineures, quelques ajustements entre FIFA 20 et FIFA 21, mais ces améliorations sont à la marge et on a quand même furieusement l’impression de jouer à une sorte de gros patch affinant certains points, actualisant les effectifs. Un gros patch facturé 60 euros donc ! Forcément, si vous vous trainez encore FIFA 16 ou 17, il est sans doute souhaitable de faire la bascule, pour les autres, gardez votre argent.

Test réalisé à partir d’un code fourni par l’éditeur.

FIFA 21

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Pour les amateurs de foot, la question se pose à chaque sortie : est-ce la bonne année pour craquer ? Les nouveautés sont-elles suffisantes pour justifier la dépense ? Ce FIFA 21 a au moins le mérite d'apporter une réponse rapide : gardez votre argent. À moins de trainer encore avec FIFA 16 ou FIFA 17, il est effectivement urgent… d'attendre la next-gen et de voir si EA Sports saura enfin remettre en question son moteur physique et certaines de ses orientations de gameplay.

Les plus

  • Meilleure gestion des appels, des courses « créatives »
  • Des nouveautés dans l'entraînement en mode carrière
  • Du coopératif en FIFA Ultimate Team
  • Gameplay toujours aussi « festif » et joyeux
  • Volta, un passe-temps qui peut amuser

Les moins

  • L'accent sur l'attaque et les joueurs stars
  • Moteur physique qui déçoit, encore (collisions, inertie)
  • Pénibles flottements défensifs dans le milieu
  • Comportement des gardiens à revoir
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