le vendredi 13 avril 2018

Google rattrapé par les lois antitrusts de l’UE pour Android

La commission européenne songerait à infliger à Google une amende qui pourrait atteindre plusieurs milliards d'euros. Bruxelles reproche à son OS Android sa trop grande hégémonie sur le marché des mobiles.

L'Américain est accusé de se servir de sa position dominante pour imposer aux constructeurs de smartphones l'intégration de plusieurs de ses applications, comme search ou Google Maps.

Déjà 2,4 milliards d'euros d'amende en 2017


La direction financière de Google a sans doute commencé à provisionner de l'argent en vue de la sanction qui pend au nez du groupe. D'ici quelques mois, la Commission Européenne devrait infliger une amende colossale au géant américain pour abus de position dominante avec son OS Android. Celle-ci devrait atteindre plusieurs milliards de dollars.

Au vu des performances de Google (190 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2017, 18 milliards de bénéfices en 2016), la sanction ne mettra pas la santé du groupe en péril. Mais c'est la troisième fois que l'Europe attaque Google sur sa position dominante. La dernière en date remonte à juin 2017, l'UE reprochant à l'époque à Google de favoriser son comparateur de prix Google Shopping.

margrethe vestager google


Faut-il démanteler Google ?


Aujourd'hui, l'attaque monte d'un cran : C'est Android qui est dans le collimateur de la commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager. La danoise est inflexible : elle n'hésitera pas si besoin, dit-elle, à démanteler Google, c'est-à-dire diviser son activité européenne en petites entreprises. Android est en situation de quasi-monopole dans les smartphones, avec 90 % de parts de marché. Bruxelles reproche à Google de s'en servir pour imposer aux fabricants de smartphones la présence systématique de ses applications (Google Maps, Gmail, Google Search, Chrome, etc.) dans leurs appareils, aux côtés de Google Play.

Cela conforte, estime l'Europe, un peu plus encore l'hégémonie de Google dans les usages des consommateurs européens. La Commission cherche donc le moyen de rééquilibrer la balance moins en faveur des GAFA, et davantage vers des acteurs européens. La question est : des amendes, même à neuf zéros, réduiront-elles l'avantage acquis par Google grâce à Android ? Il est permis d'en douter.

Modifié le 13/04/2018 à 10h35
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