Chrome bientôt complètement basé sur Native Client

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Le projet Native Client, permettant de faire tourner du code de manière native et sécurisée au travers du navigateur, devrait devenir la fondation de Chrome.

Le code natif, c'est celui qui passe outre la barrière du navigateur ou du système d'exploitation, en faisant appel directement au jeu d'instructions des processeurs x86 qui équipent aujourd'hui nos PC, par opposition à celui qui s'exécute dans une machine virtuelle ou qui doit être interprété par un moteur tiers (JavaScript). Au mois de février Google avait ainsi publié un kit de développement composé d'une série d'interfaces de programmation ainsi que d'une documentation visant à permettre la mise au point de modules écrits en C ou en C++ . Ces derniers sont alors capables de communiquer avec des éléments HTML ou JavaScript exécutés au sein du navigateur. Le code est ensuite exécuté au sein d'un bac à sable (sandbox), censé garantir la sécurité de la machine hôte.

« Nous souhaitons de plus en plus migrer depuis Chrome vers Native Client », explique ainsi Linus Upson, vice-président de l'ingénierie, au magazine Cnet US. Et d'ajouter : « A terme nous voulons basculer l'ensemble du navigateur vers Native Client ». Pour la firme californienne il s'agit donc de proposer une nouvelle couche de sécurité tout en optimisant l'exécution des applications. Avec cette technologie, « il devient alors très difficile pour une personne malveillante de compromettre votre ordinateur », explique le représentant de Google.

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Les travaux sur cette nouvelle architecture devraient débuter dès cette année avec une refonte du lecteur PDF embarqué au sein du navigateur. Google estime que ces efforts permettront le décodage de la vidéo ou encore le chiffrement des données professionnelles au sein d'une société.

La technologie de Native Client reste pour l'heure dans l'ombre des avancées du HTML5 et de la prise en charge de l'accélération matérielle pour les animations CSS, Canvas ou WebGL. Nous rapportions cette semaine que Håkon Wium Lie, chef des opérations technique d'Opera Software, n'appréciait guère l'usage d'une technologie non standardisée. De son côté Mozilla ne semble pas intéressé.

Interrogé par Cnet US, M.Upson explique que si les interfaces de haut niveau des navigateurs s'optimisent de jours en jours, elles ne tirent cependant pas pleinement parti des performances d'une machine. Il ajoute qu'un logiciel codé en C ou C++ peut-être facilement porté sur Native Client et n'a pas besoin d'être ré-écrit en JavaScript.

Si les ambitions de M. Upson se concrétisent, elles pourraient marquer un tournant majeur sur le marché des navigateurs et flouter davantage les frontières entre le service web et l'application locale.
Modifié le 12/07/2012 à 09h52
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