le mercredi 26 octobre 2016

Science et fiction : la "vraie" voiture volante peut-elle exister ?

De Retour vers le Futur II au Cinquième élément, en passant par une myriade de représentations dans différents supports, la voiture volante fait partie des images les plus utilisées lorsqu'il s'agit d'illustrer le futur. Mais malgré des décennies de fantasme, elle reste absente de notre quotidien, et les premiers prototypes concrets sont plutôt décevants. Peut-on espérer davantage ?

Notre série Science et Fiction s'intéresse aux prouesses technologiques aperçues dans le cinéma, à la télévision ou dans la littérature, et se questionne sur le positionnement, possible ou non, dans la réalité.

Les voitures volantes que l'on peut voir dans Le Cinquième élément, de Luc Besson, sorti en 1997, s'inspirent directement de celles que l'on peut voir dans l'album de la BD Valérian, Les Cercles du pouvoir, sorti en 1994. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard, puisque Jean-Claude Mézière, le dessinateur de la série, a participé à la production du film. Mais si les voitures volantes de Besson sont emblématiques, elles sont loin d'être les seules, notamment au cinéma : Blade Runner en 1982, Retour vers le Futur 2 en 1989, Repo Man en 1984, Judge Dredd en 1994... La liste est très longue.

Dans la plupart des cas, la voiture volante telle que l'imagine la science-fiction est sensiblement la même : il s'agit d'un véhicule à l'esthétique arrondie tout en étant proche de celle d'une voiture roulante. Si son mode de propulsion est rarement détaillé, elle a toujours tendance à s'élever à la verticale d'une manière très fluide. Elle monte plus ou moins haut et circule comme une voiture normale, dans les airs, avec une conduite qui diffère à peine. Plus rapide, la voiture volante est également un moyen d'éviter les bouchons et d'élever symboliquement le héros...

Cinquième élément

Dans la réalité, la voiture volante est très différente... car elle existe bel et bien, sous la forme de concepts et de prototypes qui volent depuis des années. Cependant, de là à imaginer voir un jour ce type de véhicule sur les « routes », avec les homologations nécessaires, il y a un pas qui ne sera vraisemblablement pas franchi de sitôt. En page suivante, nous vous proposons de découvrir certaines des voitures volantes les plus prometteuses, mais également les limites de la science-fiction qui rendent la réalité parfois bien décevante !

Une voiture volante, c'est quoi ?


Les prototypes et concepts de voitures volantes sont plus nombreux qu'on pourrait le croire... Seulement, lorsqu'on les découvre, on se rend compte que la définition de ce qu'est une voiture volante est finalement très large (voir : La voiture volante, un fantasme bientôt réalité ?). Si l'on prend l'exemple du Transition, développé par l'entreprise Terrafugia, on se retrouve avec davantage un petit avion aux ailes pliables qu'une voiture. « Le Transition apporte un nouveau niveau de liberté, de flexibilité et de plaisir à l'aviation personnelle, en combinant la conduite et le vol dans un véhicule à la pointe » explique le site de Terrafugia. « Etre capable de rouler et de conduire résout non seulement le problème du dernier kilomètre, mais évite aux intempéries d'être un frein au voyage. » Le Transition roule avec la même essence qu'une voiture normale, on peut donc aller faire son plein à la station-service avant de décoller.

Transition

Mais à la théorie vient se rattacher une pratique un peu plus complexe : s'il suffit de déplier les ailes pour passer en mode avion, il faut disposer d'une véritable piste de décollage pour s'envoler dans les airs. C'est assez compliqué à avoir sous la main. Par ailleurs, bien que les concepteurs du véhicule aient fait en sorte que sa largeur ne dépasse pas celle d'une voiture standard, sa longueur est quant à elle imposante. On se voit assez mal garer le Transition sur un parking avant d'aller faire ses courses. S'il est bien présenté comme un hybride de voiture et d'avion, le Transition est loin de la vision futuriste que l'on a de la voiture volante. Toujours en développement depuis 2010, il aurait cependant déjà été précommandés plusieurs dizaines de fois autour de 155 000 euros.

Des modèles aussi déroutants que le Transition, il y en a à la pelle : on peut citer l'Aeromobil, de l'ingénieur slovaque Stefan Klein, qui peut, comme le Transition, rouler normalement sur une route et voir ses ailes se déplier pour s'envoler depuis une piste de décollage. L'entreprise strasbourgeoise Vaylon mise quant à elle sur le parapente accroché à un buggy léger, propulsé dans les airs par une hélice : il s'agit du Pégase, classé dans la catégorie des ULM avec une double homologation aéro/route. De son côté, le PAL-V Flying Car est un véhicule doté d'une hélice dépliable qui le fait ressembler à un petit hélicoptère, et qui est capable de rouler et de voler à 180 km/h, le tout avec une autonomie de 1 200 km.

voiture volante Aeromobil

Mais ces différents exemples ont tous un point commun : il faut disposer de plusieurs dizaines, voire centaines de mètres pour permettre à ses véhicules de décoller. La propulsion verticale telle qu'on la voit dans les films semble donc bien loin.
Modifié le 26/10/2016 à 12h24
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