A priori, la musique libre peut se trouver partout : elle est même précisément faite pour circuler librement sur les réseaux P2P. Néanmoins, au risque d'ébranler un des arguments favoris des défenseurs du peer to peer (même si c'est vrai dans une certaine mesure),
eMule,
BitTorrent et autres
Limewire sont majoritairement utilisés pour rechercher de la musique que l'on connaît déjà, que ce soit un titre entendu à la radio ou un nom soufflé par une connaissance. Les artistes publiant leur musique sous licence libre ne disposent actuellement d'aucune médiatisation. Si Internet a déjà servi à révéler certains talents, jusqu'à les signer sur une maison de disque (l'exemple des Arctic Monkeys revient souvent), il faut bien admettre que l'on serait totalement incapable de citer un seul artiste « libre ». D'où la nécessité de disposer de plates-formes relais.
Dogmazic
L'association Musique Libre agit pour la promotion des artistes sous licence Creative Commons ou Art Libre depuis quelques années déjà, avec un site très touffu, mais fourni en ressources diverses sur les artistes et les labels de musique libre. Créé à Bordeaux, Musique Libre, devenu Dogmazic, a fait des petits, telle qu'une antenne lyonnaise ou Pragmazic, un site de vente de musique dématérialisée et sur support CD.
Le premier contact avec le site est assez ardu : pour un domaine musical quasiment inconnu du public, on ne peut pas dire que Dogmazic prenne l'auditeur néophyte par la main. La page d'accueil fourmille de sections, de liens, de profils d'artistes. Pourtant, le site s'avère être une véritable mine d'or, relayant actuellement plus de 1600 groupes et plus de 150 labels dans une cinquantaine de styles musicaux ! Comment s'y retrouver dans cette jungle ?
Le site Dogmazic est confus au premier abord, mais on y retrouve essentiellement trois types de contenus. Le premier, et le plus important, est l'archive musicale. Mettre en avant un tel catalogue n'est pas chose aisée, et Dogmazic a choisi de ne pas imposer sa vision des choses en mettant leurs propres choix en avant, que ce soit sur la page principale du site ou sur la page d'accueil de la section musique.
Ce sont les utilisateurs du site qui contribuent à la mise en avant sous différentes formes : les artistes les plus populaires (calculés avec un algorithme mêlant des paramètres tels que le nombre de téléchargements ou les notes attribuées), les derniers inscrits, les morceaux en cours d'écoute ou encore les dernières playlists.
On trouve également sur les pages principales du site un module de recherche particulièrement complet, mais là encore très touffu : il est possible de rechercher des artistes selon leur nom, leur label, leur ville d'origine ou encore leur genre musical.
La page de chaque artiste renvoie vers la liste des titres proposés. Ceux-ci peuvent être écoutés en streaming ou téléchargés au format MP3 ou Ogg. On appréciera également la possibilité d'écouter une liste de lecture comprenant tous les titres d'un artiste en streaming ou de la télécharger sous forme de podcast. Cette possibilité est également offerte sur la section « Les playlists » de la section principale Musique.
Dogmazic est également une plate-forme engagée, proposant des ressources sur les licences libres, notamment un tableau comparatif des différentes licences existantes, des FAQ sur les avantages de la musique libre pour les utilisateurs, les diffuseurs ou les artistes.
Via son blog Dogmazine, dont le flux est repris sur la page principale de Dogmazic, le site propose également des actualités et des réflexions sur la musique libre et sur le libre en général, n'hésitant pas, par exemple, à relayer des informations sur les distributions Linux liées à la création musicale ou à la distribution de contenus libres.
Jamendo
Nous avons largement évoqué Jamendo dans notre tour d'horizon des plates-formes de téléchargement légal sans DRM. Sans rentrer dans les querelles internes (qui existent toujours quelque soit le domaine), on peut distinguer avec Dogmazic et Jamendo deux approches, toutes deux basées sur la même « matière première » mais poursuivant des buts différents : Jamendo est une entreprise commerciale alors que Dogmazic est créée par des bénévoles et refuse le recours à la publicité sur son site.
Sans vouloir répéter ce que nous avons déjà détaillé dans notre précédent article, Jamendo propose plus de 2000 albums en téléchargement ou en écoute. Pour un néophyte, Jamendo offre peut-être un visage plus abordable et une interface plus proche de sites comme eMusic, VirginMega ou l'iTunes Store : l'utilisateur navigue essentiellement dans un catalogue d'albums représentés par leurs pochettes.

L'interface est assez travaillée et notamment basée autour du lecteur Jamendo, intégré au site et permettant, à condition de s'inscrire, de réaliser ses propres listes de lecture à partir du catalogue proposé. Les néophytes ne sachant pas où donner de la tête peuvent également se laisser guider par les tags de la page d'accueil qui représentent les genres proposés (plus un genre est représenté, plus le tag est gros) et qui ouvrent directement une liste de lecture basée sur le genre. Comme pour Dogmazic, il s'agit d'un bon moyen de découvrir des artistes : vous ne connaissez aucun nom présent sur ces sites, vous avez au moins des préférences en matière de genres musicaux.
Jamendo permet d'écouter les titres des artistes présents, mais également de les télécharger au format MP3 ou Ogg. En revanche, pour cela, il vous faudra passer impérativement par eMule ou un client BitTorrent. Les titres ne sont pas hébergés par Jamendo mais transitent sur ces réseaux P2P. Selon votre préférence, vous utiliserez l'un ou l'autre, mais la solution BitTorrent est peut être la plus simple (et la plus rapide) : les clients sont nombreux (uTorrent,
BitComet, l'extension
FoxTorrent...) et le navigateur
Opera inclut même un client.