Comment se faire rembourser Windows ?

Etat des lieux de la situation

Le problème de base est plutôt simple. Prenons un exemple. Si demain vous allez dans un magasin acheter un PC d'un grand constructeur (hors Netbook, parfois sous Linux), on va vous vendre une machine avec Windows 7 pré-installé. Ce système d'exploitation a un coût qui est inclus de façon totalement opaque dans le prix global de la machine. Or, si vous possédez déjà une licence de Windows 7 (ou Vista, XP...) en bonne et due forme ou si vous désirez installer une distribution gratuite de Linux, vous allez en fin de compte vous acquitter d'une licence pour un OS que vous n'allez pas utiliser. A condition bien sûr que votre précédente licence de Windows soit celle d'une version boîte et non d'une version OEM : les licences OEM ne sont en effet pas transférables d'une machine à l'autre et concerne donc un seul PC.

Tout le monde recommande Windows

Tous les constructeurs recommandent Windows


Attention, la valeur du système d'exploitation pour le constructeur n'est pas celle du logiciel vendu en boîte pour le consommateur. Le constructeur négocie des licences OEM en grandes quantités auprès de Microsoft, ce qui fait tomber le prix d'un 7 Premium de 200 € à une cinquantaine d'euros environ par exemple. Si vous obtenez le remboursement de Windows après démarches, c'est cette deuxième somme qui vous sera restituée. Voilà qui est déjà nettement moins motivant...

Dans le cas d'Apple, la question mérite aussi d'être posée, non pas en termes de choix du système d'exploitation, mais en termes de redondance des licences. Si vous achetez un nouveau Mac, il sera inévitablement vendu avec sa licence mono poste de Mac OS X Snow Leopard. Or, vous pouvez très bien disposer d'une licence Mac OS X Leopard familiale (5 postes) qui n'impose donc pas de dépense logicielle supplémentaire. Car Mac OS X n'est pas gratuit puisqu'il est vendu séparément, en boîte. Tout comme la suite iLife, qui elle n'est en plus pas obligatoire dans l'absolu. Après le cas d'Apple reste particulier, dans le sens où le constructeur vend ses machines comme un tout, regroupant matériel et logiciel, ces deux composantes étant aussi bien l'une que l'autre responsable du succès de la marque.

Outre l'aspect économique, le fait d'imposer le système d'exploitation Microsoft semble pénaliser lourdement la concurrence. En matière d'OS, le site Net Applications estime les parts de marché de Windows à 92,55 % contre 1 % pour Linux, tandis que Mac OS totalise 5,11 % (décembre 2009). Ce n'est pas un déséquilibre mais un gouffre qui sépare Microsoft des autres systèmes, particulièrement de Linux. C'est pourquoi laisser le choix aux acheteurs de PC, dont une partie restera toujours fidèle à Windows, ne risque pas de couler la firme de Redmond...

Parts de marché globales

Parts de marché globales en décembre 2009 (source Net Applications)


Parts de marché par OS

Parts de marché par système d'exploitation en décembre 2009 (source Net Applications)


Plusieurs associations de défense et de promotion du logiciel libre (April, Aful, Fnill...) se mobilisent pour faire changer les choses. Elles préconisent, de concert avec les associations de consommateurs, un système simple : l'optionalité. Jérémy Monnet, Administrateur de l'April, nous a expliqué le concept : "L'optionalité [...] consiste à laisser en place la pré-installation, mais à séparer la clef d'activation des logiciels, de façon à pouvoir la vendre à part. Lors du premier démarrage de l'ordinateur (c'est déjà le cas) il est demandé à l'utilisateur d'accepter le contrat de licence utilisateur final (CLUF, EULA en anglais), et il peut être demandé à ce moment-là le code d'activation du logiciel. Ainsi, il n'y a aucun changement dans la chaine de fabrication, pas de complexification insensée pour le consommateur lors du premier allumage de l'ordinateur. Et lorsque l'acheteur refuse d'acheter la clef d'activation, alors il ne lui reste plus qu'à installer ses propres logiciels, ou à utiliser les clefs d'activation déjà en sa possession, par l'achat d'une autre version du logiciel par exemple (version boite)."

Autrement dit, il suffit de ne plus systématiquement apposer les autocollants avec le numéro de série Windows sur les machines et de proposer une "option licence" séparément, au moment de l'achat. Le consommateur est ainsi libre de décider en fonction de ses besoins, aussi bien dans un sens que dans l'autre.

Logo April
Logo Aful
Fnill
Modifié le 11/07/2012 à 15h58
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