Climat : une éolienne mine de la cryptomonnaie et finance la recherche

L'artiste et ingénieur Julian Oliver a inauguré mi-septembre, en Suède, une installation qui permet, grâce à l'énergie fournie par une éolienne, de miner de la cryptomonnaie. Les revenus dégagés sont ensuite versés à des ONG engagées dans la recherche et la lutte contre le réchauffement climatique.

Ce projet baptisé « Harvest » (récolte en Anglais) s'inscrit dans une démarche artistique, mais aussi promotionnelle pour la défense de l'environnement.

La technologie au secours de la planète


Recourir aux énergies renouvelables pour gagner de l'argent par le biais des nouvelles technologies, à des fins de défense de l'environnement : on peut dire qu'avec Harvest, Julian Oliver coche toutes les cases de la modernité du 21ème siècle. A la fois artiste et ingénieur, le Néo-Zélandais, figure notoire du hacking et co-auteur d'un manifeste remarqué sur l'ingénierie critique, met en pratique ses principes de détournement radical des technologies de l'information et de la communication au service d'une cause noble et un peu désespérée : la défense de l'environnement.

« Sous la forme d'une éolienne de 2 mètres équipée de capteurs environnementaux, d'un ordinateur résistant aux conditions météorologiques les plus compliquées et d'une liaison 4G, Harvest se 'nourrit' de deux symptômes majeurs du changement climatique : les tempêtes et les rafales de vent  » explique Julian Oliver. L'ordinateur fait tourner un programme de minage de cryptomonnaie, en l'occurrence du Zcash, dont les revenus sont ensuite offerts à des ONG de défense de l'environnement.

julian oliver


Appel aux bonnes volontés


La richesse de la démarche réside dans ses ambiguïtés : plus le climat se dérègle, plus le vent souffle, plus l'éolienne produit d'énergie, plus le PC génère de cryptomonnaie ; l'économiste Joseph Schumpeter n'aurait pas mieux mis en scène son concept de destruction créatrice... La dimension artistique vient aussi du désintéressement de l'auteur : jamais les Zcash ne transitent par lui. Il promet d'ailleurs de dévoiler prochainement la liste des ONG ayant reçu de l'argent.

Harvest est un projet éphémère : exposé au musée d'art contemporain de Skövde en Suède depuis le 14 septembre dernier, il sera visible pendant deux mois. Cela dit, Julian Oliver estime que sa récolte a le potentiel d'essaimer dans le monde. Il lance d'ailleurs un appel aux personnes intéressées à travers l'Europe : tout spot privé exposé au vent avec une couverture 4G peut faire l'affaire...

Modifié le 28/09/2017 à 16h56
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