Canon PowerShot SX100 IS
Disponible depuis la rentrée 2007, le SX100 IS est la réponse de Canon à la série des TZ de Panasonic. La construction du SX100 IS est inspirée de celle du bridge PowerShot S5 IS (zoom puissant, poignée assez bien dessinée, flash pop-up, réglage direct de la sensibilité…).
108,7 x 71,4 x 46,7 mm pour 266 grammes
Prise en mains
Que retenir de l'appareil lors d'une première et rapide prise en mains ? La présence d'un revêtement en plastique satiné, une légère butée contre laquelle le pouce vient se caler et une poignée relativement profonde qui permet de tenir l'appareil d'une main. Aux habituelles commandes distribuées sur et autour du pad viennent ensuite s'ajouter quatre touches situées sous l'écran et qui contribuent à faire du SX100 IS l'appareil dont l'interface est la plus riche. On note ensuite la présence, sur la face supérieure, du déclencheur encerclé dans la commande de zoom et d'une molette de sélection des modes bien garnie. La carte mémoire Secure Digital et les deux piles alcalines sont regroupées dans un seul et même logement situé sous l'appareil. Les connecteurs sont placés sur le flanc droit, derrière un cache-prises à la fois plastique et peu solide.
Autres petits détails astucieux dont on note rapidement la présence : une roue crantée qui permet de se déplacer dans les menus et de sélectionner rapidement le réglage qui nous intéresse (gare toutefois aux manipulations involontaires imputables à la trop grande fluidité de cette roue), et une touche pour le réglage direct de la sensibilité.
Une fois l'appareil mis sous tension, on ne peut ensuite manquer d'être impressionnés les dimensions de l'objectif qui, lorsqu'il est complètement déployé, vient multiplier par deux l'encombrement de l'appareil… déjà non négligeable. On ne peut effectivement aller plus loin sans faire remarquer à quel point le SX100 IS est volumineux, comme en témoignent les photos ci-dessous.
Lorsque le zoom du SX100 IS est entièrement déployé, les dimensions de l'appareil sont multipliées par deux
Du côté des modes
L'une des forces du SX100 IS, c'est de disposer de l'ensemble des modes priorité et manuel destinés à contrôler l'exposition.
Modes manuel et priorité
Même si le SX100 IS ne dispose que d'une seule molette, il reste facile et rapide de modifier la vitesse et l'ouverture. La vitesse se règle ainsi au moyen de la roue crantée que l'on tournera vers la gauche pour augmenter le temps de pose et vers la droite pour le réduire. Il suffit ensuite d'une pression sur la touche de correction d'exposition pour sélectionner l'ouverture et pouvoir modifier sa valeur par le même procédé.
Mes couleurs
Ce mode regroupe une série de réglages destinés à modifier le rendu coloré de l'image. Vous pouvez par ce biais renforcer la saturation d'un cliché, le convertir en noir et blanc ou en sépia, ou encore modifier plusieurs paramètres d'un coup (contraste, netteté, saturation) de façon à disposer du rendu qui vous intéresse dès la prise de vue. En revanche, contrairement aux précédents modèles du constructeur, le SX100 IS ne permet plus de réaliser des photos comiques au moyen de la fonction « Permuter » qui permet de remplacer une couleur par une autre choisie dans notre environnement. Dommage, car cette fonction même si elle n'était pas parfaite (la couleur débordait souvent de la zone sélectionnée), permettait d'obtenir facilement des photos hors normes.
Mode panorama
Comme les autres compacts signés Canon, le SX100 IS intègre un mode panorama qui permet de capturer des photos jointives que l'on assemblera ensuite au moyen du logiciel PhotoStich fourni avec l'appareil. Dans ce mode appelé « Assemblage », c'est l'appareil qui ajuste automatiquement la vitesse et l'ouverture et qui les verrouille pour qu'elles restent constantes sur l'ensemble de la série d'images (jusqu'à 26 prises de vue). La prise de vue peut se faire soit de la gauche vers la droite, soit de la droite vers la gauche, voire de haut en bas ou inversement si vous orientez l'appareil en mode portrait.
Le logiciel PhotoStich permet ensuite d'assembler très simplement les clichés. Il vous suffit pour cela de les sélectionner les images et de les organiser dans l'ordre de votre choix puis de lancer la procédure d'assemblage. Une fois les images fusionnées, le logiciel vous suggère un recadrage destiné à supprimer les parties inutiles. Il vous suffit de l'accepter pour disposer de votre panorama.
Le logiciel PhotoStich assemble les clichés avec une grande simplicité et une grande rapidité
Ce panorama est issu de l'assemblage de 6 images
- Note : ceux qui souhaitent réaliser un panorma par leurs propres moyens peuvent se rapporter à cet article.
Performances générales
Nous commencerons en faisant remarquer que le zoom n'est pas discret (on entend nettement la motorisation) et surtout mal dosé et trop rapide. On parcourt au mieux la plage focale qui va de 36 à 360 mm en 9 pressions successives (contre plus d'une vingtaine pour le TZ3) ce qui est trop peu lorsque l'on souhaite cadrer de façon précise. On sera souvent soit trop éloigné soit trop près de notre sujet. Au sujet de l'écran, on remarque ensuite qu'il faudra, à chaque changement d'exposition important, patienter le temps qu'il se rafraichisse et s'ajuste à la nouvelle luminosité ambiante.
À quoi pouvons-nous nous attendre ensuite lors de photographies prises en conditions de faible luminosité ? Notons pour commencer que le SX100 IS active d'entrée de jeu un faisceau autofocus dont la lumière vient en appoint de la lumière ambiante et que vous avez tout intérêt à garder activé à moins de souhaiter passer inaperçu lors de la prise de vue.
On notera ensuite que des très nombreuses parades ont été prévues de façon à permettre aux utilisateurs, quel que soit le mode dans lequel ils photographient, de photographier à main levée dans de meilleures conditions. On remarque ainsi que les modes « Auto » et « Programme » bénéficient d'une même fonction appelée « High Iso » au moyen de laquelle l'appareil augmente automatiquement la sensibilité vous évitant ainsi de perdre du temps en procédant par essai et erreur jusqu'à trouver celle qui convient. En modes « Auto », « Programme » et « Priorité ouverture », il est ensuite possible de programmer une fonction de décalage automatique de la sensibilité (voir capture d'écran). Ceci fait, il suffit ensuite - à chaque fois que l'avertisseur de bougé s'affiche - de presser la touche « Partage » qui s'affiche en bleu pour augmenter automatiquement la sensibilité jusqu'à atteindre la valeur nécessaire à une prise de vue nette. Même si le SX100 IS offre déjà un réglage rapide et direct de la sensibilité (via la touche supérieure du pad), cette fonction reste très commode pour réagir sans délai face à un manque de luminosité. A noter au passage que cette même touche « Partage » peut être paramétrée pour accueillir un autre réglage (balance des blancs, balance des blancs perso, affichage de la grille de composition…).
La fonction de décalage automatique de la sensibilité permet de réagir sans délai face à un manque de luminosité (après pression sur la touche Partage, la sensibilité passe de 80 à 800 Iso tandis que la vitesse s'accroit et passe de 0,4 à 1/25 seconde
Comme son nom l'indique (
IS pour « Image Stabilisation), le SX100 IS est pourvu d'un dispositif de stabilisation destiné à réduire l'impact des tremblements infligés par le photographe à l'appareil. Concrètement, ce dispositif servira pour toutes les prises de vue réalisées à main levée et en particulier pour celles prises dans des conditions de luminosité « limites », c'est-à-dire qui obligent à augmenter dangereusement le temps de pose. Le dispositif de stabilisation présent sur le SX100 IS n'est, du fait de ses nombreuses déclinaisons, pas sans rappeler celui du Panasonic Lumix DMC-TZ3 :
- continu : dans ce mode, l'appareil stabilise non seulement l'image enregistrée, mais également l'image affichée sur l'écran arrière. De cette façon, il est plus facile de composer ses images en sachant à quoi s'attendre au niveau de leur netteté ;
- prise de vue : dans ce mode, l'appareil stabilise l'image uniquement au moment du déclenchement ;
- panoramique : dans ce mode, l'appareil compense les mouvements dirigés vers le haut et vers le bas. On peut donc l'utiliser pour prendre en photo des objets qui se déplacent horizontalement.
Prise de vue (¼ de seconde à 80 Iso) sans stabilisateur puis avec stabilisateur sur « continu »…
… puis avec stabilisateur en « prise de vue » et enfin sur pied
Ce que nous apprennent ces différents essais, c'est que l'on a tout à gagner à enclencher le stabilisateur. Même si les images que l'on obtient ne sont pas parfaitement nettes, on n'observe déjà plus cet effet de sujet dédoublé caractéristique des flous de bougé. Ensuite, contrairement à ce qui se passe dans le cas du Panasonic TZ3, le mode qui nous fournit les clichés les plus convaincants est le mode continu dans lequel les clichés sont stabilisés en permanence, et non le mode prise de vue pourtant réputé plus efficace et dans lequel l'image n'est stabilisée qu'au moment du déclenchement.
Pour aller plus loin
Tout complet qu'il est au niveau des modes, le SX100 IS est en retrait pour ce qui est des réglages de l'autofocus. On ne dispose en effet ici que d'un seul et unique collimateur définitivement centré. Pour effectuer la mise au point sur un sujet décentré, il vous faudra nécessairement procéder par recadrage (placez le sujet au centre de l'image, effectuez la mise au point au moyen d'une demie pression sur le déclencheur, maintenez le déclencheur à demi enfoncé, recadrez puis déclenchez). Pour compenser cette limitation, vous pourrez vous rabattre sur la fonction de mise au point manuelle (activation depuis le pad) qui fait appel à une échelle de distance et à une fonction loupe qui agrandit la partie centrale de l'image de façon à faciliter la mise au point sur cette zone. Même s'il est intéressant de pouvoir débrayer l'autofocus, on ne peut toutefois manquer d'indiquer que les dispositifs proposés sur les compacts (échelle et loupe) ne sont jamais très convaincants et que pour faire une mise au point précise, on aura vraiment mieux fait de faire confiance à l'autofocus.
Le SX100 IS ne permet d'utiliser que le collimateur central
Est-il un appareil sorti en 2007 à avoir fait l'impasse sur la fonction de détection des visages, aurons-nous envie de demander ensuite ? Si oui, le SX100 IS n'est pas de ceux-là. La fonction, conçue pour améliorer la mise au point et l'exposition lors de photographies de personnes, s'active dans les menus puis s'enclenche au moyen d'une touche dédiée située sous l'écran. Si l'appareil détecte la présence d'un visage, il l'affiche en vert et garde la mise au point sur lui-même si la personne bouge. Vous pourrez ensuite vérifier le nombre de visages choisis et enfin déplacer la sélection vers un autre visage qui vous parait plus important. Cette fonction est-elle vraiment pertinente ? Pas si sûr ! L'utilisation de la fonction de détection fait en effet perdre beaucoup de temps (le traditionnel « Souriez, le petit oiseau va sortir ! » passe aussi vite qu'une lettre à la poste à côté) sans compter que l'appareil ne sera pas forcément capable de reconnaitre les visages de biais.
L'appareil identifie la présence d'une personne et la suit dans ses mouvements.
On remarque ensuite que le SX100 IS affiche l'histogramme de l'image et restitue, au moyen d'un clignotement, les zones surexposées. En mode lecture enfin, on dispose d'un raccourci pour contrôler rapidement la qualité de la mise au point sur le visage en question.
Reste à dire un mot au sujet des capacités de l'appareil en terme d'acquisition rapide d'images. Pour cela, le SX100 IS peut faire appel aux trois modes que voici :
- Continue : l'appareil enregistre jusqu'à 1,3 image par seconde ; la mise au point reste fixe.
- AF en continu : l'appareil enregistre des images au rythme de 0,8 par seconde tant que le déclencheur est maintenu enfoncé ; la mise au point est automatiquement recalculée à chaque image.
- Pdv affichée en direct : l'appareil enregistre des images au rythme de 0,8 image par seconde ; la mise au point peut être réglée manuellement.
En mode continu, l'appareil enregistre des clichés au rythme de 1,3 image par seconde
Nous vous proposons à présent de revenir en image sur les points abordés plus haut de façon à vous donner un aperçu vivant du fonctionnement de l'appareil :
Conclusion
Premier compact de la marque doté un zoom aussi puissant, le SX100 IS de Canon est un premier essai assez réussi et qui n'a pas à rougir de la comparaison avec le TZ3 de Panasonic pour ce qui est des modes et de la qualité d'image. Très avancé, le SX100 IS permet en effet à celui qui le souhaite de régler manuellement les paramètres de vitesse et / ou d'ouverture. Les utilisateurs avertis apprécieront cette possibilité, tout comme les images relativement piquées que délivre ce compact. Là où les choses se gâtent en revanche, c'est lorsque l'on tente d'exploiter la position grand-angle de l'objectif : on découvre alors que l'on dispose d'un recul insuffisant pour témoigner du contexte de l'image et que ces images capturées à 36 mm (au lieu de 28 mm pour le TZ3) sont marquées par une nette déformation en barillet. Les photos produites par le SX100 IS pâtissent également de la forte présence d'aberrations chromatiques, ces franges colorées qui viennent se loger sur les pourtours des objets. Pour disposer des images les plus propres possible, il faudra fuir les forts contrastes lumineux et s'abstenir de dépasser les 800 Iso. Au-delà, les images sont véritablement trop bruitées (grumeleuses presque) pour rester agréables à l'œil. Une fois ces différents points rappelés, que reste-t-il à dire au sujet du SX100 IS ? On ne pourra conclure sans signaler qu'il s'agit d'un modèle vraiment corpulent pour un appareil de la famille des compacts, que son zoom manque de discrétion et de précision et enfin que l'autofocus se limite à une seule zone. Pour le reste, on signalera le plaisir qu'il y a à se promener dans des menus assez riches, à pouvoir paramétrer une commande externe de façon à y placer un de nos réglages favoris et enfin à faire appel à une fonction de décalage très pratique qui permet d'accroitre sans délai la sensibilité de façon à faciliter la prise de vue à main levée.
- Rendez-vous sur cette page et celle-ci pour comparer le rendu des images de cet appareil avec celles des Panasonic Lumix TZ3 et Sony Cyber-Shot DSC-H3.