À quel(s) moment(s) se pose la question du format ?
La question du format se pose essentiellement à deux occasions, la première fois lors de la prise de vue, la seconde après les retouches effectuées au moyen d'un logiciel d'image. Toutefois, si rien dans les menus de votre appareil ne concerne cette question des formats (ce sera le cas de la plupart des compacts), et que vous êtes du genre imprimer ou envoyer vos photos sans passer par la case retouche, rendez-vous directement en
page 3. Vous y lirez le paragraphe consacré au JPEG (le format dans lequel vous travaillez peut-être sans le savoir). A ce moment-là, peut-être que vous mettrez le doigts sur des inconvénients insoupçonnés, et serez vous tentés par des formats plus spécifiques.
Votre appareil vous permet-il de choisir le format d'enregistrement ?
Avant la prise de vue
Les choses sont simples à ce niveau. Si vous photographiez au moyen d'un compact, il y a fort à parier que celui-ci ne vous laissera pas le choix du format. Au mieux, il vous permettre de choisir une taille (large, moyenne, petite…) et une qualité d'image (standard, fine, super fine...). Le premier paramètre détermine les dimensions de l'image, tant au niveau de l'affichage que de l'impression :
- Affichage : une « petite » image de 800 x 532 pixels s'affichera sans problème au centre de votre moniteur, tandis qu'une grande de 3 008 x 2 000 pixels vous obligera à utiliser l'ascenseur pour la voir en entier.
- Impression : une image de 3 millions de pixels pourra être imprimée en 10 x 15 cm, tandis qu'une image de 8 millions de pixels donnera un bon A4.
Une petite image de 800 x 532 pixels s'affichera en entier sur un écran 19 pouces de 1 280 x 1 024 pixels, tandis que le fichier original de 3 008 x 2 000 pixels ne pourra pas être vu intégralement à 100%. Si vous destinez vos photos à l'affichage sur ordinateur (envoi par messagerie…) un fichier de taille réduite suffira
Pour savoir à quel format une photo pourra être imprimée de façon optimale, faites le calcul suivant :
- Pour se faire rapidement une idée : divisez par 100 largeur et hauteur vous obtiendrez la dimension en cm pour une impression correcte. Par exemple, une image de 3888 x 2608 (10 millions de pixels) donnera une impression correcte jusqu'à la taille 38 x 26 cm, donc tiendra sur un A3 (42 x 29,7 cm).
- Pour ceux qui veulent une formule (cette formule donne la limite à ne pas dépasser pour imprimer dans la résolution voulue) : Taille (cm) = 2,54 * Nbre de pixels / DPI.
A savoir : 1 pouce = 2,54 cm et DPI = Dots per inch (points par pouce), c'est la résolution d'impression de votre imprimante.
Quant à la qualité, elle dépend du taux de compression appliqué à l'image. Les appareils photo (le Canon Ixus 75, le Pentax Optio W30, etc.), sont chacun réglés sur un taux spécifique, fixé par le constructeur, qui conditionne la qualité de l'image. Quoi que vous fassiez, en même en optant pour les réglages les plus qualitatifs (Qualité « Fine » et taille maximale), vous obtiendrez un fichier ayant subi une compression qui impactera la qualité de l'image : c'est la raison pour laquelle les fichiers JPEG des appareils subissent une légère altération.
A vous ensuite de rester sur la compression minimale et d'enregistrer ainsi les meilleurs JPEG que l'appareil peut produire, ou bien d'augmenter cette compression afin de réduire le poids de l'image. Celui-ci va effectivement décroissant à mesure que l'on augmente le taux de compression, ainsi que le montre l'exemple qui suit : une même image de 1 000 x 665 pixels à laquelle nous avons appliqué plusieurs taux de compression (20, 35 et 50), pèse 429 Ko dans sa version non compressée, puis 127, 88 et 76 Ko dans les suivantes.
Une image sans compression puis avec un taux de l'ordre de 20, 35 et 50. On remarque que la compression agit sur la qualité de l'image (apparition des fameux « artefacts JPEG » sur les contours de la fleur)
A noter :
- Si l'espace de stockage n'est pas un problème, il est recommandé d'opter pour la taille d'image maximale et le taux de compression le plus faible. Il vous sera ainsi possible d'effectuer des retouches fines, des recadrages importants et de grands tirages de vos photos, même si vous n'en aviez pas l'intention dans un premier temps.
- Lorsque vous arrivez en fin de carte et que vous souhaitez pouvoir enregistrer de nombreuses photos, baissez la résolution et / ou augmentez la compression. Vous pourrez ainsi multiplier par deux ou plus le nombre d'images qu'il est possible d'enregistrer.
Cette longue diatribe sur le JPEG et ses méandres ne doit pas nous faire oublier notre question de départ : quel format choisir avant la prise de vue ? En dehors du JPEG qui est le format de base (tous les appareils travaillent au moins en JPEG), on trouve le
Raw voire le Tiff. Malgré les inévitables exceptions qui confirment la règle (comme les compacts avancés ou encore les bridges débutants), on peut retenir ceci :
- Les compacts travaillent seulement en JPEG.
- Les bridges travaillent en JPEG, et en Raw pour les plus avancés d'entre eux.
- Les reflex proposent l'enregistrement en JPEG et/ou en Raw.
La majorité des compacts travaillent exclusivement en JPEG tandis que les bridges et les reflex proposent également l'enregistrement en Raw
Rares sont les appareils qui permettent d'enregistrer en Tiff, ce format étant délaissé en raison de la lourdeur des fichiers produits. En l'absence de Raw, il intéressera toutefois ceux qui sont à la recherche d'un format non compressé (et qui présente donc un bon potentiel pour la retouche) et lisible par tous les logiciels. Le choix – JPEG, Tiff, Raw... - dépendra de vos besoins, que nous vous invitons à déterminer en vous rapportant au tableau présenté en introduction, avant une description plus détaillée de chacun de ces formats dans les pages suivantes. Dans le doute, et en particulier à ce stade de la chaine qui conditionne toutes les étapes à venir, référez-vous à l'adage qui dit que
« Qui peut le plus peut le moins ».
Après la retouche
Vous avez ouvert votre photo dans un logiciel de retouche d'images, soit celui fourni par le constructeur de votre appareil photo, soit
The Gimp si vous faites partie des utilisateurs qui cherchent un outil puissant et gratuit,
Photofiltre si vous souhaitez un logiciel simple et gratuit,
Photoshop si vous avez l'expertise et le budget nécessaire, Paint Shop Pro qui pour un prix raisonnable vous ouvre les portes de la vraie retouche photo, etc. Les logiciels de retouche sont aussi nombreux que variés, et trouver celui qui vous convient vous demandera un temps d'enquête et d'apprentissage.
La plupart d'entre eux vous proposeront d'enregistrer vos photos modifiées dans un format qui leur est propre (PSD pour Photoshop, PSP pour PaintShopPro, XCF pour Gimp, etc.). Ces formats correspondent à des formats de travail, conçus pour éviter que la qualité ne se dégrade au fil des réenregistrements et modifications. Vous les utiliserez lorsque vous devez vous interrompre pour reprendre une modification le lendemain, lorsque vous pensez que certains changements ne sont pas définitifs, etc. Ils vous serviront de point de départ pour des retouches ultérieures.
Le format propriétaire du logiciel (ici .psp pour PaintShopPro) est un format de travail dans lequel on enregistre une image appelée à servir de point de départ pour des retouches ultérieures
Ces formats ont l'avantage de ne pas utiliser d'algorithmes de compression destructeurs comme le JPEG et de permettre de revenir facilement sur les modifications effectuées. Ce dernier point suppose toutefois un peu de méthodologie et de connaissances de la part de l'utilisateur. Pour pouvoir intervenir à nouveau sur la luminosité sans repartir de zéro, ou encore supprimer l'accentuation sans perdre le bénéfice d'un ajustement de la
Balance des blancs, il vous faudra passer par l'utilisation de calques. Qu'est-ce qu'un calque ? Les calques sont des couches transparentes qui contiennent une petite partie des informations de l'image (par exemple : une signature que l'on veut apposer sur la photo, un filtre noir et blanc, etc.), et qui une fois superposées permettent d'obtenir l'image finale. Il est conseillé de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier en respectant la règle « 1 calque = 1 retouche importante ». Cette précaution permet de préserver les retouches intermédiaires et pouvoir supprimer les plus importantes sans perdre le bénéfice des retouches faites avant.
Les calques permettent de préserver les modifications effectuées tout en revenant sur celles que l'on souhaite
Une fois l'image définitive obtenue, il est conseillé de l'aplatir, c'est-à-dire de fusionner tous les calques entre eux. Cette manipulation vous permettra de disposer d'une version en registré dans un format plus classique - JPEG ou Tiff - qui se prête mieux aux échanges et à l'affichage.
A noter :
- Préservez l'original du fichier de façon à pouvoir entreprendre plus tard d'autres types de retouches. Un simple clic droit sur le fichier puis « Copier », suivi d'un clic droit dans la zone de travail puis « Coller », permet de créer un double que vous modifierez à votre guise.
Ne travaillez jamais directement sur les originaux des fichiers
Le cas particulier des Raw :
Le fait de photographier en Raw vous obligera à vous tourner vers un (ou plusieurs) logiciel spécifique. Comme pour le JPEG, vous pourrez faire vos premiers pas au moyen de l'application fournie par le constructeur. Toutefois, souvent limitées en possibilités et / ou dans le temps, ces applications ne vous permettront pas de tirer totalement partie de la richesse de ces « négatifs numériques ». Nous revenons sur les questions des fichiers Raw et des logiciels adaptés un peu loin dans ce guide.