FlexiFLESH : une appli pour pirater les sextoys connectés ?

Le tournant numérique pris par les fabricants de sextoys ces dernières années, qui n'ont cessé d'innover créant des sextoys reliés au smartphone et même reliés entre eux via Internet, ne manque pas de susciter des questions : qu'en est-il de la sécurité ? La marque Wevibe a même été accusée d'espionner les utilisateurs de l'un de ses modèles et de collecter des données sur la fréquence et la durée des utilisations à leur insu.

Cette fois, l'inquiétude a de quoi monter d'un cran : la société FlexiSPY, spécialisée dans les spywares, a annoncé avoir créé le premier logiciel permettant de pirater des sextoys connectés.

FlexiFLESH permet de prendre le contrôle des sextoys connectés


C'est le site EconomieMatin qui a découvert, vendredi 31 mars 2017, la mise en vente de ce logiciel : FlexiFLESH. Développé par FlexiSPY, il se propose de pirater une vaste gamme de sextoys connectés, y compris les très communs Lush, Lovesense ou encore We-Vibe 4Wingman. Mais l'entreprise annonce une dizaine de modèles compatibles.

piratage ban

Vendu au prix de 349,99 euros, le logiciel permettrait, selon l'entreprise, de prendre le contrôle total du sextoy connecté... A l'insu de celui ou celle qui le porte. L'utilisateur de FlexiFLESH peut ainsi, via son smartphone désormais connecté à l'appareil, l'allumer, l'éteindre ou encore en changer les vibrations à sa guise. Selon FlexiSPY, il s'agit là d'une nouvelle dimension de "jeux sexuels" entre adultes consentants. Mais il est évident que ça pose de gros problèmes.

Une vulnérabilité présentée à la DefCon 2016


FlexiSPY exploite ici une vulnérabilité de la connexion Bluetooth de ces appareils, vulnérabilité qui avait été découverte et présentée à la conférence DefCon d'août 2016 à Las Vegas. Il semblerait que, depuis, les constructeurs n'aient pas réalisé de mise à jour du logiciel et que la faille soit encore active et exploitable.

Le problème, bien évidemment, est que désormais, n'importe qui, y compris des inconnus, peuvent prendre le contrôle d'un appareil aussi intime qu'un sextoy à l'insu de la personne qui l'utilise. Une introduction dans la vie privée qui n'aurait pas trop de mal à être qualifiée d'agression sexuelle... Et qui a toutes les chances de se terminer devant un tribunal.

Modifié le 31/03/2017 à 14h50
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