Le format Ultraviolet arrive en France : ce qu'il faut savoir

Attendu en France depuis le 30 septembre dernier, le format Ultraviolet se fait pour l'heure particulièrement discret dans l'Hexagone. Mais la situation va rapidement changer avec l'arrivée des premières offres et contenus proposés dans ce format. C'est l'occasion de faire une piqûre de rappel et un état des lieux de ce qui attend les consommateurs dans les prochains mois.

Ultraviolet, qu'est-ce que c'est ?

Dans le contexte des offres dématérialisées, l'Ultraviolet (UV) n'est ni un mauvais film avec Milla Jovovich, ni un rayonnement qui fait bronzer : il s'agit, selon le point de vue, d'une plateforme permettant d'unifier une offre VOD en téléchargement définitif sur un compte familial, ou d'un DRM qui verrouille le contenu dans un casier numérique. D'un côté comme de l'autre, l'utilisateur n'aura, à terme, pas d'autres choix que d'utiliser le service pour accéder à un grand nombre de films proposés en dématérialisé : pour ce faire, il lui faut s'inscrire sur une plateforme en ligne, pour disposer d'un compte familial, qui permet d'enregistrer jusqu'à 6 personnes pour pourront visionner en même temps un catalogue personnel de contenu acquis.

Ultraviolet logo

L'Ultraviolet est une création du Digital Entertainment Content Ecosystem (DECE), un consortium qui rassemble une cinquantaine d'acteurs de l'industrie des nouvelles technologies et du divertissement. Parmi eux, on trouve d'un côté des constructeurs de produits connectés comme des téléviseurs, des box, des smartphones et tablettes ou des lecteurs de DVD/Blu-ray (Philips, Panasonic, Nokia, Toshiba, Dell, HP, IBM, Sony, Samsung, Microsoft, etc.). De l'autre, on trouve des éditeurs et distributeurs de contenus, qui proposent principalement des films en téléchargement définitif soit via une plateforme dédiée, soit en combo avec des DVD ou des Blu-ray : citons, dans cette catégorie, Flixster, Sony, Universal, Paramount, Fox ou encore Warner Bros. Des exemples parmi d'autres, car la liste est longue.

Partenaires UV

Concrètement, le DECE cherche à unifier tous ses fournisseurs de contenu sous le drapeau de l'UV, un standard présenté comme quasiment universel - mais qui ne le sera, en pratique, probablement jamais - et lisible, à terme, sur le plus grand nombre possible de dispositifs. C'est là que les partenaires matériels entrent en jeu, car, par le biais de leurs terminaux connectés, ils se sont engagés à rendre la plateforme UV la plus accessible possible. Encore une fois, il s'agit d'une théorie bien loin de la réalité actuelle.

Des débuts mitigés aux USA

Aux Etats-Unis, l'Ultraviolet est une réalité depuis le dernier trimestre 2011. C'est à cette époque que les premiers éditeurs, comme Warner, ont commencé à intégrer des copies numériques de certains films en UV en complément d'éditions DVD ou Blu-ray de films. Le séduisant concept du format, qui se résume à « Achetez une fois, visionnez n'importe où » n'a cependant pas fait de vagues, ni chez les consommateurs, ni chez les éditeurs et distributeurs, qui développent leur offre au compte-goutte, et non sans mal : on peut citer l'offre de Paramount aux Etats-Unis, qui propose des films pas forcément récents à 20 dollars en téléchargement définitif. Pas de quoi motiver les consommateurs à abandonner les DVD et Blu-ray pour le dématérialisé. D'autres, comme la Fox, ont choisi des chemins différents, mais nous aurons l'occasion d'en reparler dans ce dossier.

Ultraviolet CES
Le logo Ultraviolet sur la façade du CES en janvier 2013.

Face à une offre de contenu qui tâtonne s'ajoute un nombre restreint de plateformes compatibles : les films acquis en Ultraviolet peuvent, pour l'heure, être visionnés directement depuis la plateforme Web sur un ordinateur ou une tablette. Sur un smartphone, il faut passer via une application compatible : la principale disponible à ce jour est Flixster, sur iOS et Android. Le service permet d'acquérir des films UV et d'accéder au catalogue personnel de l'utilisateur. Petit à petit, les grands constructeurs intègrent à leurs produits connectés la possibilité d'accéder à la plateforme Ultraviolet : cette année, plusieurs grandes firmes, comme Sony, Samsung ou LG, ont proposé aux USA des films UV gratuits pour l'achat de certains nouveaux modèles de TVHD ou de lecteurs de Blu-ray.

Pacific Rim UV
Enfin, une dernière tendance émergente outre-Atlantique : la possibilité d'acquérir la version Ultraviolet d'un film déjà possédé en DVD ou en Blu-ray. Évoquée en mars 2012 dans nos colonnes, la démarche est depuis appliquée chez Walmart, où il est possible, en échange de quelques dollars, de disposer d'un code UV sur présentation d'un film participant à l'opération. Selon certains acteurs de l'industrie auxquels nous avons pu parler en France, une telle offre pourrait éventuellement traverser nos frontières.

Une arrivée discrète en France

En théorie, l'Ultraviolet était censé arriver en Europe le 30 septembre dernier. En pratique, il se fait, pour l'heure, particulièrement discret. Et pour cause : les éditeurs et distributeurs ne communiquent pas sur le sujet. Pourtant, l'Ultraviolet sera présent dans les bacs pour les fêtes de fin d'année, mais avant de se pencher sur le catalogue, attardons-nous sur la manière d'accéder à ce contenu numérique.
Modifié le 23/12/2013 à 16h59
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