L'éditeur français Qosmos est accusé de surveillance informatique en Syrie

Deux organisations veillant au respect des droits de l'Homme (FIDH et LDH) viennent d'attaquer en justice un éditeur français spécialisé dans l'analyse de trafic réseau. Qosmos est accusé d'avoir « fourni du matériel de surveillance utilisé par le régime syrien pour surveiller les opposants ».

Qosmos
La Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) et la Ligue des droits de l'Homme (LDH) ont déposé une « dénonciation auprès du Parquet du Tribunal de grande instance de Paris, afin que la justice française enquête sur l'implication de sociétés françaises, en particulier l'entreprise Qosmos, dans la fourniture de matériel de surveillance au régime de Bachar El Assad ».

Ces organisations reprochent à la société française spécialisée dans le DPI (Deep Packet Inspection) d'avoir fourni un matériel capable d'analyser en temps réel les données numériques qui transitent sur les réseaux. Qosmos aurait ainsi « contribué à fournir au régime syrien le matériel de surveillance électronique nécessaire à la répression de la contestation qui a lieu en Syrie depuis mars 2011 ». Une enquête préliminaire devrait être ouverte puis, dans un délai de 3 mois, une plainte officielle pourrait être déposée devant les tribunaux.

De son côté, l'éditeur, qui participe au projet d'antivirus français DAVFI via une technologie d'analyse comportementale réseau basée sur ses outils de reconstruction de paquets n'était pas joignable pour répondre à nos questions.

Le nom de Qosmos avait cependant été évoqué lors de l'affaire Amesys (une société accusée d'avoir fourni des solutions similaires à la Libye). A l'époque, le site Owni avait publié une carte dans laquelle figuraient plusieurs acteurs français spécialisés dans l'analyse réseau. Bien que la Syrie n'y figure pas, on retrouvait plusieurs acteurs comme Alcatel, Qosmos, Thales, Aqsacom, Amesys (Bull), Scan&Target, Septier et Vupen.
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