le vendredi 05 février 2016

Les YouTubeurs, première pierre à l’édifice de la formation en ligne

Depuis 2005, des entreprises se sont spécialisées dans la formation en ligne. En parallèle, de nouveaux contenus, centrés sur le « e-learning » ont fait leur apparition. Propulsés par des YouTubeurs, ces créateurs tentent de remplacer les sociétés spécialisées.

L'essor de YouTube a permis à de nombreux vidéastes de se faire connaître. Certains d'entre eux ont déjà réussi à monétiser une partie de leur activité. En France, Cyprien, Norman ou Squeezie totalisent entre 5 et 8 millions d'abonnés. Du côté des Etats-Unis, Felix Kjellberg alias PewDiePie, dispose de presque 42 millions d'abonnés et s'affiche comme le mieux payé se sa profession. Le jeune homme d'origine suédoise, membre du Studio Maker racheté par Disney en 2013, a créé son propre réseau multi-chaînes intitulé Revelmode.

Sur YouTube, chaque domaine a son spécialiste (les jeux vidéo, la cuisine, l'humour ou encore la culture), son public et son propre objectif. Parmi les tendances lourdes qui ont émergé, figure l'apprentissage en ligne ou « e-learning ». Ce mouvement vise à élargir des connaissances par des procédés simples, comme le divertissement ou la vulgarisation grâce à des humoristes ou des comédiens.

Dans la lignée de la chaîne e-penser du vidéaste Bruce Benamran spécialisé dans la vulgarisation de sujets principalement scientifiques, la chaîne Les Questions Cons et Les Express'ions proposent chaque semaine des contenus vidéo basés sur l'apprentissage d'une expression ou d'une question existentielle. Si l'humour est un bon moyen de faire passer un message ou apprendre, d'autres domaines s'y prêtent également. Aux Etats-Unis, Scott Manley a choisi de faire la fusion entre le jeu vidéo et la science. Il met en avant des tutoriels pour mieux comprendre le jeu indépendant de simulation de vol spatial Kerbal Space Program.

Scott Manley


La formation e-learning en entreprises


Dans ce paysage dans lequel YouTube prend une place de choix. Les professionnels ont aussi leur carte à jouer en matière d'éducation et de formation. Les MOOCS (Massive Online Open Course), lancés en 2013 en France, reposent par exemple sur la formation via des vidéos enregistrées ou diffusées en ligne. Filmées depuis un amphithéâtre ou un studio, ces contenus sont accessibles partout à tout moment. Ces cours en ligne ouverts et massifs, constituent un exemple de formation à distance en télé-enseignement. Les contenus sont adaptés à chaque public en fonction du secteur choisi.

Edufactory, société fondée en 2000, et dont la production est basée à Lyon, conseille chaque mois des clients comme les grandes sociétés du CAC40 (Allianz, Total, Bolloré, EDF...) pour mettre en place une formation à distance sur mesure. La formation représente une alternative à faible coût comparé aux formations traditionnelles existantes. Le prix d'une formation demeure variable en fonction des besoins de la communauté ciblée (nombre de participants, but de la formation, moyens pour la réalisation...) mais la formation à distance s'adapte autant aux entreprises de 1 000 que de 10 salariés.

Accessible à tout moment, l'e-learning vise à réduire le coût de formation et faciliter l'apprentissage. « Nous ne sommes pas sur la formation grand public standard mais sur un apprentissage ciblé pour une entreprise », précise Laurent Bernier, associé fondateur d'Edufactory .

e-learning

Le professionnel insiste sur la différence de projet et de contenu comparé aux YouTubeurs. « Si c'est pour apprendre comment faire une pizza à l'aïoli, un YouTubeur fera mieux que nous », ajoute le responsable. « L'apprentissage est ciblé dans une entreprise qui veut communiquer un savoir-faire ». La formation en ligne, qui fait partie intégrante du fonctionnement de l'entreprise, participe à la transmission de la culture et l'échange des pratiques. Quant à l'audience, elle demeure ciblée à chaque production de formation.

Les sociétés du secteur, qui utilisent des formats plus longs et complexes, espèrent donc apporter des compétences et connaissances supplémentaires bien plus élargies que les YouTubeurs. S'ils ne supplanteront probablement pas les professionnels du domaine, ces derniers apportent une nouvelle pierre à l'édifice de la compréhension et de la formation.

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Modifié le 05/02/2016 à 13h51
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