le jeudi 18 février 2016

La SNCF va déployer des robots nettoyeurs et transporteurs Gare de Lyon

Un robot pour porter les bagages des personnes à mobilité réduite, un autre pour nettoyer efficacement les halls de gare, un troisième pour aller dénicher les toiles d'araignée... la SNCF explore différentes pistes pour mettre l'innovation robotique au service des usagers, et la démarche débute à Paris le mois prochain.

Dès le 1er mars, à la gare de Lyon à Paris, les voyageurs pourront voir s'activer un robot nettoyeur capable de fonctionner tout seul. Il suffira à l'agent de propreté d'appuyer sur un bouton et le robot se lancera dans le nettoyage de la zone demandée. Doté de capteurs et d'une vision à 360 degrés, la machine s'arrête en moins d'une demi-seconde dès qu'elle détecte un obstacle, par exemple un voyageur.

« Il n'y a aucun risque de collision avec cette autolaveuse automatisée Swingobot », assure Francis Rodrigues, référent pour la France de cette machine intelligente fabriquée par une société américaine et « qui vaut dans les 30 000 euros. »

Déjà utilisé à l'aéroport de Houston au Texas et au Pentagone notamment, le robot vient d'être homologué en Europe. L'exemplaire de la gare de Lyon est le premier à être déployé en Europe, indique Patrick Ropert, directeur général de SNCF Gares & Connexions. Ce robot fait partie des innovations prévues dans le nouveau contrat de prestation de nettoyage confié à la société Sud Services, précise M. Ropert.

Le robot, le nouveau porteur de bagages


Autre nouveauté : un robot capable de transporter les bagages des personnes à mobilité réduite. En cours de mise au point par la société de robotique Effidence, une PME de Clermont-Ferrand, il vise à seconder les agents SNCF dans leur tâche d'accompagnement de ces personnes. « Actuellement, les agents doivent à la fois les accueillir convenablement, s'occuper de leur chaise roulante et porter les bagages », souligne Cédric Tessier, PDG d'Effidence.

Effidence 3

« Avec le chariot robotisé intelligent qui se chargera des valises, l'agent de la SNCF va pouvoir s'occuper à 100% des personnes à mobilité réduite », explique-t-il. « Il lui suffira d'appuyer sur un bouton et de se mettre devant le robot : celui-ci le suivra comme un toutou. Le robot est bardé de capteurs et va repérer les jambes de cette personne » ajoute le jeune homme, démonstration à l'appui. En mode autonome, le chariot peut aussi faire tout seul des allers et retours d'un point à un autre de la gare, pour convoyer divers matériels.

Déjà utilisé pour la récolte du raisin en Champagne, ce chariot est en cours d'adaptation pour ce nouveau type d'usage. Il sera testé en mai à la gare de l'Est à Paris, afin d'être dimensionné correctement. « En revanche, il serait difficile de concevoir un robot pour chaque voyageur qui circule dans la gare » en raison du monde, prévient M. Tessier.

Gares & Connexions a doté l'entreprise d'un budget de 50 000 euros pour adapter ce chariot à ses besoins. Cette branche de la SNCF en charge des gares, qui a décidé de « relever le défi de la propreté des gares », va aussi expérimenter un « robot voltigeur-laveur » qui sera chargé de nettoyer les vitres en hauteur et d'ôter les toiles d'araignées.

Elle a chargé une petite société, Veymont Technologie, d'adapter un drone à ce type d'usage. Il sera testé en mai dans la gare de Valence-TGV qui comporte une très grande verrière. « Les robots n'enlèveront pas d'emplois dans les gares. Simplement les agents chargés de la propreté pourront se consacrer à d'autres tâches comme décoller les chewing-gums, nettoyer les vitres », assure M. Ropert.

Pepper

Depuis décembre, la SNCF teste également le robot humanoïde Pepper dans trois gares TER en Pays de la Loire (Saumur, Sables-d'Olonne, Nort-sur-Erdre). Le robot franco-japonais, qui mesure 1,20 mètre, est là pour accueillir, renseigner et accompagner les voyageurs. Il peut leur donner des conseils touristiques et même jouer avec eux s'il y a de l'attente aux guichets.

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Modifié le 18/02/2016 à 16h49
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