Le prometteur OLED
La diode électroluminescente organique (Organic Light Emitting Diode dans la langue de Shakespeare) est une technologie dont le premier brevet a été déposé par la Kodak en 1987. Depuis, Samsung et surtout Sony (voir
Sony : plus de 200 millions de $ pour l'OLED) ont investi dans l'OLED et ont d'ores et déjà mis sur le marché plusieurs produits utilisant cette technologie. Et si c'est au nombre d'applications d'une technologie que l'on reconnait son intérêt, alors l'OLED est probablement celle qui a l'avenir le plus radieux, puisque des sociétés comme Philips, LG, Toshiba, Archos (pour son Gmini XS104), Sandisk (pour ses cartes mémoire), Canon ou Epson (pour ses têtes d'impression) utilisent actuellement cette technologie. Le champ d'application est donc très large, ce qui rendra probablement ce procédé pérenne.
Comment fonctionne l'OLED ?
Cette technologie est radicalement différente des autres par son mode d'éclairage. En effet, là où certains des autres procédés utilisent une source externe, les pixels d'un écran OLED sont constitués de telle manière qu'ils assument eux-mêmes leur propre éclairage. Ces pixels sont en effet composés de trois diodes électroluminescentes (une verte, une bleue et une rouge) qui créent leur propre lumière lorsqu'elles sont soumises à une faible différence de potentiel (en d'autres termes, une tension). Ces diodes, dont l'épaisseur ne dépasse pas le millimètre, sont composées de trois couches d'un semi-conducteur organique entourées par une cathode et une anode, l'ensemble reposant sur un « substrat » transparent, en verre ou en matière plastique.

Notez qu'il existe deux types d'écrans OLED, ceux dont la matrice est passive et ceux, au contraire, qui bénéficient d'un support électronique intégré au substrat, support qui permet un meilleur contrôle des pixels de l'écran. D'autres technologies similaires enfin, comme le PLED (Polymer Light-Emitting Diodes), le PHOLED (Phosphorescent OLED) ou le SMOLED (Small Molecular OLED) dérivent de l'OLED et semblent également très prometteuses.
Que peut-on attendre de cette technologie ?
Le principal attrait de l'OLED est sans aucun doute sa capacité à fournir des écrans d'une finesse incomparable. Ainsi, un écran 26 pouces aura une épaisseur de seulement 1 cm quand des modèles plus petits (destinés aux cadres photos numériques par exemple) pourront atteindre la profondeur record de 3 mm ! Autre intérêt de cette technologie, la faible consommation des écrans qui en seront équipés. En effet, l'absence de retroéclairage diminue significativement les besoins en énergie. On peut également préciser que cette technologie autorise :
- des taux de contraste extrêmement importants, de 100 000 à 1 000 000 pour 1, davantage dûs à une profondeur des noirs excellente (on parle de 0,025 cd/m2 !) qu'à une luminosité importante, celle-ci n'excédant pour l'instant pas les 250 cd/m2 ;
- une rémanence inexistante, avec des temps de réponse qui peuvent descendre à 0,01 ms pour les écrans de petite taille, 0,1 ms pour ceux de plus grande dimension ;
- un rendu des couleurs qui va au-delà de la norme NTSC, sans égaler toutefois les performances en la matière des écrans laser.
Enfin, il existe dès maintenant des prototypes très intéressants d'écrans transparents ou semi-transparents, tactiles (par Fraunhofer IPMS) et Samsung a même présenté une véritable feuille flexible de seulement 0,05 mm d'épaisseur capable d'afficher une résolution de 480 x 272 pixels sur un diagonale de 4 pouces, avec un taux de contraste de 100 000:1 et une luminosité de 200 cd/m².
Cette technologie n'est toutefois pas exempte de petits défauts, au rang desquels on pourra évoquer une durée de vie limitée, même si Toshiba (voir
Importants progrès pour l'OLED par Toshiba) puis Kodak ont annoncé fin aout l'avoir étendu à 60 000, voire à 65 000 heures avec le Kodak OLED Material EK-GD403. Il reste également quelques soucis au niveau de la conception des dalles de tailles importantes et les angles de visions ne promettent pas non plus ici d'être parfaits (aux alentours de 160°).
Prix et disponibilité
La technologie OLED est, parmi celles présentées aujourd'hui, celle qui a fourni les plus de produits commercialisés ou en passe de l'être. On pourra ainsi évoquer :
- un Cadre photo par Kodak présenté à la Photokina 2008, proposé à quelque 900 euros ;
- l'écran 11 pouces Sony XEL1 vu l'IFA 2008, qui sera disponible en janvier pour la bagatelle de 3 000 euros ;
- Samsung est également très actif dans le domaine et a réalisé, outre sa feuille flexible, d'autres produits comme des portables équipés d'écrans OLED ou des téléviseurs 31 et même 40 pouces. Ces derniers ne seront toutefois pas disponibles dans le commerce avant 2011 d'après Samsung eux-mêmes ;
- Sony reste aussi prudent que Samsung et n'annonce pas de commercialisation avant 2013 ;
- LG est quant à lui plus ambitieux et, fort d'un écran 19 pouces déjà présent dans ses cartons, assure pouvoir commercialiser des dalles de grandes tailles à l'horizon 2011/2012 ;
- Toshiba annonce un écran OLED de 30 pouces (voir Toshiba : une TV OLED 30 pouces en 2009 ?) qui sera lui disponible dès l'année prochaine ;
- d'autres produits enfin sont également très attendus, comme le fameux clavier OLED de Art Lebedev, l'Optimus Maximus, alors que d'autres sont d'ores et déjà disponibles, comme le baladeur neo Rave équipé d'un écran OLED et qui présente une épaisseur de seulement 5 mm.
Reste à savoir si toutes ces ambitions seront réalisées, mais plusieurs cabinets d'étude tablent sur une croissance annuelle estimée à plus de 160% durant les huit prochaines années en termes de livraison sur les écrans OLED. Nous avons donc une chance de voir arriver ces produits assez rapidement.