Flight Simulator 2020 : la tête dans les nuages

Nerces
Spécialiste Hardware et Gaming
30 juillet 2020 à 09h01
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Afin de ne plus nécessairement attendre la sortie du jeu pour vous parler d'un projet qui nous tient à cœur ou nous incite à la plus grande prudence, Access Granted viendra évoquer le cas de tel chantier en accès anticipé, de telle production que nous avons eu l'occasion de découvrir en avant-première... Histoire de vous mettre l'eau à la bouche ou de vous encourager à changer de trottoir.

Voilà bientôt quinze ans que la franchise Flight Simulator n’avait plus décollé. Près de quinze ans que Microsoft avait délaissé ce monument du jeu vidéo si l’on excepte la piètre tentative de 2012 jamais véritablement intégrée à la série (Microsoft Flight!). Dans à peine deux semaines, il sera de nouveau possible de quitter – virtuellement - le plancher des vaches. Nous avons pu nous y essayer en avant-première.

Sobrement baptisée Microsoft Flight Simulator, cette nouvelle mouture est née de la volonté de replacer le jeu vidéo sur PC au cœur de la stratégie du groupe. Bien sûr, une version Xbox One est également prévue, mais c’est bel et bien sur PC que le jeu prendra toute son ampleur, qu’il permettra de profiter au mieux de ses atouts en matière de simulation. Manches, palonniers, quadrants, modules annexes et paysages en tous genres, alors que le jeu n'est pas encore disponible, l’environnement Flight Simulator prend déjà forme chez tous les partenaires de Microsoft.

Vole, je veux un amour qui vole…

Avant même d’entrer dans le vif du sujet, il est important de préciser que Flight Simulator n’est pas un jeu comme les autres. Il s’agit d’un simulateur et il s’adresse avant tout aux « simers » comme on les appelle dans le jargon du jeu vidéo. En ce sens, le jeu ne propose aucune mission, aucun scénario. Il n’intègre pas de campagne avec des objectifs à réaliser successivement ou dans le désordre. Des choses sont envisagées en ce sens, bien après la sortie, mais pour l'heure, la seule motivation est celle de voler, d’aller d’un point A à un point B en se faisant plaisir.

En réalité, Flight Simulator intègre tout de même quelques séquences plus dirigistes : l’école de pilotage. Il s’agit, vous l’aurez compris, de permettre aux néophytes de se faire la main, de comprendre comment fonctionne un avion et de maîtriser les premiers gestes. En huit leçons, l’objectif est ici de couvrir les aspects essentiels du vol depuis le décollage jusqu’à l’atterrissage en passant par des notions qui peuvent sembler plus anecdotiques comme la check-list ou l’utilisation de la radio… Vous vous en doutez, aux commandes d'un avion de ligne avec 300 passagers à son bord, elles ne sont en réalité pas anecdotiques du tout !

Aux commandes d'un Daher-Socata TBM 900... un peu trop près des immeubles de Montréal © Nerces pour Clubic

Avant même cette première leçon de pilotage, nous avons eu un regret : aucun didacticiel pour aider à configurer les commandes de vol. De fait, on a l’impression que Microsoft met un peu la charrue avant les bœufs. Bien sûr, Flight Simulator a des profils par défaut pour certains contrôleurs, mais sur notre bêta les matériels intégralement reconnus étaient rares. Un débutant ayant investi dans un joystick pour aller avec son jeu sera dans l’obligation de paramétrer les contrôles sans savoir précisément à quoi correspond telle ou telle action. Gageons que les choses évoluent positivement d’ici la sortie.

Survol de Baltimore... le ciel se couvre © Asobo / Microsoft

De manière plus générale, Microsoft et son partenaire en charge du développement, le Français Asobo Studios, ont encore des progrès à faire pour accompagner – sur la durée – les néophytes, mais reconnaissons que ce n’est pas une mince affaire sur un projet aussi énorme que Flight Simulator. En effet, si nous avons évoqué l’absence de tout scénario, de toute mission, il nous faut préciser que cela s’accompagne d’une ouverture sans équivalent sur le monde. Maladroitement, il a été annoncé que la version standard du jeu ne serait accompagnée que de 20 aéroports / 20 avions.

Nous reviendrons sur le cas des appareils, mais pour les aéroports, il faut en réalité savoir que les 20 dont il est question sont ceux qui ont profité d’un soin tout particulier. Même la version standard du jeu intégrera effectivement plusieurs milliers d’aéroports à travers le monde. Toutes les régions du monde sont accessibles depuis les zones les plus évidentes de Californie ou d’Europe de l’Ouest jusqu’aux contrées les plus reculées. Il sera ainsi possible de décoller depuis l’aéroport de l’Altaï, en revanche, les régions les plus fermées, au hasard la Corée du Nord, n’ont aucun aéroport.

En cherchant bien, on verra peut-être Stanley Goodspeed © Nerces pour Clubic

Hélice et moon

Sur la page d’accueil, l’aventure débute avec la sélection d’un aéroport de départ et d’un autre pour notre destination. On opte ensuite pour un appareil. Là, le choix ne manque pas sur notre préversion du jeu : les 20 appareils de la version basique sont déjà présents. Cela va du petit appareil « école » - un Cessna 152 – à l’imposant quadriréacteur de Boeing, le 747-8. Les gros porteurs sont relativement rares, mais on peut aussi compter sur la présence de l’A320 Neo d’Airbus alors que de nombreux petits appareils permettent d’alterner entre hélices (Beechcraft Bonanza G36, Robin DR-400) et turboréacteurs (Cessna Citation CJ4).

Nous n’avons aucune expérience de pilote, mais l’impression de prendre place dans des cockpits radicalement différents est bien rendue. Rien que les procédures de décollage entre l’Icon A5 - un petit amphibie d’à peine 700 kg - et les 500 tonnes du 747-8 sont incomparables. Nous avons eu la chance de pouvoir tester presque tous les avions de la version standard avec différents contrôleurs depuis le Thrustmaster TCA Sidestick jusqu’au Logitech Flight Yoke System en passant par un manche Speedlink Arrow, un Honeycomb Alpha Flight… et même le gamepad Microsoft Xbox 360. Oui, c'est jouable au pad.

Écran de chargement : sur la bêta, il faut parfois attendre 5 minutes avant d'arriver sur la piste © Nerces pour Clubic

À chaque fois, la justesse des commandes était épatante. Bien sûr, nous avions plus la sensation d’y être lorsque nous dirigions le Daher-Socata TBM 900 avec un yoke qu’aux commandes d'un A320 Neo avec un pad. Reste que le survol d’immenses métropoles ou la traversée d’une épaisse couche nuageuse fait toujours son petit effet. Avant de s’envoler, divers réglages sont présents : on peut définir ses préférences ou se laisser aller au « temps réel ». Applicable au trafic aérien comme à la météo, ce mode nécessite une connexion permanente. Précisons que le hors-ligne sera présent, mais nous ne savons pas quelles limitations il impliquera.

Atterrissage « parfait » sur une plage non loin du fameux Burj Al Arab © Nerces pour Clubic

Autre élément garant du réalisme des situations, Asobo et Microsoft ont employé la technique de photogrammétrie et des pétaoctets d’images satellites pour générer bâtiments et reliefs. Dans la majorité des cas, cela marche très bien et le rendu est impressionnant, mais c'est encore inégal et un survol de Nantes est par exemple moins évocateur que celui de Rennes. Notons d’ailleurs que malgré la puissance de notre configuration et des réglages au maximum, nous n’avons jamais obtenu le rendu des vidéos officielles, en particulier du côté des effets sur l’eau.

Pour Microsoft, la sortie du 18 août n’est que « le début de l’aventure ». De multiples ajouts sont prévus et si le trackIR sera d’emblée pris en charge, il faudra patienter jusqu’à l’automne pour la réalité virtuelle, d’abord avec le casque HP G2 et, bien plus tard, via SteamVR. Sans que l'on soit encore fixés sur la forme que tout cela prendra, de nombreux partenaires travaillent dès à présent sur des contenus additionnels pour enrichir des vols au cours desquels on prend déjà un grand plaisir… à condition d’adhérer au style bien sûr ! Flight Simulator a tout pour réussir, mais le concept simulation qu’il défend n’est pas destiné à tous les joueurs.

Une qualité graphique que nous n'avons pas complètement retrouvée sur notre bêta © Asobo / Microsoft

Preview réalisée à partir d’un code fourni par l’éditeur.

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