Preview Diablo Immortal : ouvrir le Baal même sur mobiles

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Spécialiste Hardware et Gaming
25 mai 2021 à 10h45
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Dévoilé à l’occasion de la Blizzcon 2018, Diablo Immortal n’a pas vraiment fait une bonne première impression… C’est le moins que l’on puisse dire. À l’époque, tous les fans de hack’n’slash attendaient des nouvelles de l’hypothétique Diablo IV et Blizzard débarquait avec un projet – certes dans l’univers Diablo – mais prévu pour fonctionner sur smartphone.

Les développeurs ayant fait le déplacement avaient même subi une salve de « boo » lorsqu’ils confirmaient qu’aucune version PC n’était prévue. Trois ans plus tard, Diablo Immortal connait une vaste alpha technique à laquelle nous participons et devrait être disponible dans les prochains mois… Toujours exclusivement sur smartphones.

Afin de ne plus nécessairement attendre la sortie du jeu pour vous parler d’un projet qui nous tient particulièrement à cœur, Access Granted viendra évoquer le cas de tel chantier en accès anticipé, de telle production que nous avons eu l’occasion de découvrir en avant-première… Histoire de vous mettre l’eau à la bouche ou de vous encourager à changer de trottoir.

« You guys all have phones right? »

Bien sûr intégré au lore de la franchise Diablo, cet épisode Immortal se place entre Diablo II et Diablo III, Blizzard ayant sans doute décidé de garder la suite pour le quatrième opus sur PC. De base, on est un peu surpris de voir à quel point Diablo Immortal peut miser sur son scénario : nous ne sommes certes pas des experts du jeu sur smartphone, mais les développeurs sont souvent moins ambitieux, scénaristiquement parlant. Nous n’évoluons plus à Tristram, mais à Wortham. Nous retrouvons en revanche des têtes connues à commencer par l’inusable Deckard Cain et d’autres, moins réjouissants, comme Leoric, le Roi Squelette ou Baal, le Seigneur de la Destruction.

Diablo Immortal débute alors que la Pierre-Monde a certes été détruite – cf. les événements de Diablo II – mais ses fragments représentent encore une grande menace. D’abord parce que ces fragments sont à même de pourrir les terres sur lesquelles ils se trouvent faisant ressortir d’anciens démons. En outre, le puissant Skarn, également connu comme le Héraut de la Terreur et ancien lieutenant de Diablo, a en tête de rassembler tous ces fragments, de les réunir et de les utiliser pour faire revenir son maître déchu. Vous vous en doutez, pour contrecarrer ses plans et sauver ce qu’il reste à sauver, le « monde entier » compte sur notre auguste personne.

Diablo Immortal © Nerces
Deckard Cain est omniprésent pour conseiller, informer, guider le joueur © Nerces

La suite vous la connaissez sans doute si vous avez essayez ne serait-ce qu’une fois un Diablo : lourdement équipé, notre meilleur ami se lance dans une extermination aussi systématique qu’énergique de toutes les engeances qu’il est amené à rencontrer, depuis de simples bestioles sauvages jusqu’aux plus terribles des démons en passant par tout ce que le bestiaire Blizzard a pu imaginer de morts-vivants et autres créatures mystiques. Notre héros cogne dans tous les sens, amasse du butin, gagne en expérience et prend de l’ampleur à mesure que les défis se font de plus en plus délicats. Du Diablo pur jus, nous voilà rassurés.

Comme la majorité des spectateurs de cette Blizzon 2018, on pouvait effectivement craindre de voir la franchise dénaturée par son passage sur mobile… une plateforme que l’on n’associe pas forcément avec le genre nerveux et dynamique du hack’n’slash. Esthétiquement, on pouvait faire confiance à Blizzard pour nous proposer quelque chose de léché, mais la puissance des mobiles serait-elle suffisante pour que l’action garde sa férocité ? Comment Blizzard allait-il résoudre la question de son financement alors le principe des microtransactions « allergise » de nombreux joueurs PC. Enfin et c’est sans doute le plus important, les contrôles tactiles allaient-ils vraiment convenir au style Diablo ?

Diablo Immortal © Nerces
Des contrôles tacticles classiques, mais « diablement » efficaces © Nerces

L'Enfer, c'est les autres… sauf en JcJ

Les choses débutent de manière on ne peut plus classiques avec le choix du personnage. Au lancement de cette alpha technique en décembre, seules quatre classes étaient disponibles : le sorcier, le barbare, le chasseur de démons et le moine. Depuis, Blizzard en a ajouté une cinquième, le croisé, et un sixième personnage arrivera un peu plus tard, le nécromancien. Bien sûr, chaque classe a ses spécificités et le croisé – sans doute la plus « originale » - se focalise sur le combat à moyenne distance. Il est capable d’encaisser de très nombreux coups et se distingue par son mélange de sortilèges et d’attaques de mêlées qui en font un personnage à mi-chemin entre le barbare et le sorcier.

La création du personnage ne laisse pas de place à l’improvisation et en dehors de son sexe et de son patronyme, il n’y a rien à paramétrer. Le jeu nous lance alors dans le bain en prenant soin de nous accompagner jusqu’à Wortham. La séquence fait office de mini-didacticiel afin que l’on prenne en main les contrôles essentiels du jeu : Blizzard imagine sans doute que de nombreux joueurs de Diablo découvriront le jeu sur mobile avec ce titre. Le coin inférieur gauche est dédié au joystick virtuel alors que le coin inférieur droit rassemble tout ce qu’il faut d’attaques et de compétences à utiliser au travers de quelques « boutons ».

Diablo Immortal © Nerces
L'ami Baal est de retour... pour en prendre une fois encore plein les gencives © Nerces

Nous l’avons dit, nous ne sommes pas des spécialistes du jeu sur mobile, mais dès les premiers instants de la partie, on a l’impression d’être en terrain connu. Diablo Immortal se joue comme un Diablo III, la question des contrôles mise à part et ces contrôles, justement, on s’y fait vite. C’en est même assez déroutant. Bien sûr, les sensations sont différentes du duo clavier / souris, mais la précision n’est pas en reste et pourvu que vous disposiez d’un écran de bonne taille, l’affichage ne souffre pas trop de la présence des mains : une bonne portion de l’écran reste visible et on profite bien du remarquable travail graphique des développeurs.

Car oui, Diablo Immortal est un beau jeu, une réussite technique à tous les niveaux. D’abord, on retrouve l’ambiance oppressante, « angoissée » des précédents opus, même si la comparaison est plus à faire avec Diablo III que Diablo II, indiscutablement. Les héros, les créatures et les décors profitent tous d’un haut niveau de détails. Pour être tout à fait honnête, c’est presque trop. Testé sur un Galaxy Note 10+ , le côté foisonnant que pouvaient prendre certains niveaux nécessitait un peu d’habitude. Il faut se faire à un jeu du type de Diablo sur un écran – pourtant un 6,8 pouces – aussi petit. Sur un iPad , les choses sont logiquement plus confortables.

Diablo Immortal © Nerces
Diablo Immortal © Nerces

Diablo Immortal au niveau de détail le plus élevé à gauche, le plus faible à droite © Nerces

Sur un iPad en revanche, la taille de la bête rend les choses peut-être un peu plus fatigantes que sur notre Galaxy Note 10+. Reste que dans un cas comme dans l’autre, la performance est à saluer : on se fait aux contrôles en quelques minutes seulement et on ne parvient généralement pas à lâcher le jeu avant plusieurs heures. Des heures qui servent d’abord à présenter le jeu et toutes ses options, nous avons évoqué le côté didacticiel du début de partie. Il se poursuit durant quelques dizaines de minutes, le temps que notre personnage atteigne le niveau 10 et, en réalité, il continue encore bien au-delà afin d’introduire, par petites touches, le contenu que les développeurs de Blizzard ont imaginé.

Un démon à posséder sans bourse délier

Et du contenu, Diablo Immortal n’en manque pas. Présenté par ses promoteurs comme un jeu mobile de rôle-action massivement multijoueur en ligne plutôt que comme un hack’n’slash. Diablo immortal se joue d’abord en solo afin de progresser, de découvrir toutes les subtilités d’un monde qui alterne entre scénario principal somme toute vaste, nombreuses quêtes secondaires et donjons instanciés à pratiquer en solitaire. Sur ce plan là, c’est du tout bon. Bien sûr, la nature des quêtes n’a rien d’originale et les choses se résument souvent à « va tuer x bestioles » ou « ramasse x charmes ». Reste que la mise en scène, les échanges avec les PNJ – tous doublés – et le travail graphique suffisent à l’immersion.

Diablo Immortal © Nerces
Les différents contenus se débloquent très progressivement pour ne pas noyer les nouveaux venus © Nerces

Sur l’alpha technique, il est également possible de découvrir certains aspects multijoueur. Notez bien que la structure ouverte de Diablo Immortal implique d’être toujours connecté aux serveurs Blizzard pour jouer : il n’existe pas de mode à proprement parler solo. On peut tout à fait jouer dans son coin, mais cette conception permet, régulièrement, de croiser d’autres joueurs – deux milles environs pour cette alpha technique – et de leur proposer de grouper. On fait alors équipe pour massacrer d’autant plus vite les créatures lambdas, ainsi que les ennemis élites et les divers boss. La création d’un groupe est également conseillée pour certains donjons et quelques autres contenus.

Ainsi, Blizzard a-t-il imaginé plusieurs « modes » pour aller plus loin, des modes que nous n’avons cependant parfois pu qu’effleurer et nous nous garderons donc bien d’émettre un avis à leur sujet. Le Cycle du Conflit est un système de jeu en JcJ par factions auxquelles on peut choisir d’appartenir : les aventuriers, les ombres et les immortels. Avant cela, il est cependant nécessaire de se faire la main sur le « champ de bataille » qui oppose deux groupes de huit joueurs : les attaquants doivent défaire des gardiens et escorter des idoles pour détruire le cœur antique alors que, logiquement, les défenseurs tentent d’empêcher l’équipe adversaire de réussir son objectif.

Notons également qu’à partir du niveau 55 se débloque l’inévitable Parangon et Blizzard ouvre alors la voie à encore davantage de joyeusetés avec de multiples arbres… Sur lesquels nous aurons le temps de revenir d’ici la sortie du jeu ou au moment du test proprement dit ! En l’état, on peut donc qualifier ce Diablo Immortal d’excellente surprise. Le jeu est dans la veine des précédents opus de la franchise, même si toutes les évolutions de cette dernière ne plaisent pas forcément aux fans de la première heure. On apprécie la précision des contrôles qui autorise de nombreuses fantaisies grâce à un verrouillage des ennemis fort bien pensé. Enfin, la richesse de contenu est impressionnante et gageons que pour un free-to-play rares soient ceux qui y trouvent à redire.

Ah oui, nous n’en avions pas parlé jusque-là, mais sauf volte-face de dernière minute, Diablo Immortal est effectivement prévu pour être free-to-play. L’idée est que toutes les classes, tous les équipements soient entièrement gratuits. Il conviendra bien sûr de juger sur pièces, mais les éléments payants devraient se limiter à des pierres pour forger de l’équipement, des crests chargés d’accroître la difficulté / les récompenses des donjons. Enfin, un Battle Pass comportant deux volets – payant et gratuit – devrait compléter un modèle économique qui semble ne pas devoir prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages. Merci pour eux.

Diablo Immortal © Nerces
Le Battle Pass et sa tarification exacte pose encore question © Nerces
Modifié le 25/05/2021 à 17h40
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