Test Ratchet & Clank Rift Apart : une épopée interdimensionnelle éblouissante

Annoncé durant la première conférence dédiée à la PS5 , Ratchet & Clank: Rift Apart faisait alors figure de vitrine technologique pour la dernière machine en date de Sony. Insomniac Games promettait d'utiliser toutes les capacités de la console, qu'il s'agisse du SSD, de l'audio 3D ou encore des fonctionnalités de la DualSense . Mais à vouloir tout faire, le jeu parvient-il à concocter un mélange aussi harmonieux que réussi ? La réponse dans ce test.

Devenue incontournable dès son premier opus sur PS2, la saga Ratchet & Clank n'a pourtant pas été beaucoup investie par Sony sur la génération de console précédente. En effet, la PlayStation 4 n'a accueilli qu'un seul épisode sous la forme d'un remake de l'épisode initial sorti en 2002. Ainsi, et malgré les nombreuses qualités du dernier jeu en date, la licence semblait être reléguée au second plan, alors qu'Insomniac Games rencontrait un succès planétaire avec Marvel's Spider-Man en 2018. Or, environ deux ans plus tard, le célèbre duo faisait son grand retour avec l'annonce de Ratchet & Clank: Rift Apart, un titre pensé exclusivement pour la PS5.

L'impatience des fans à l'idée de replonger dans cet univers coloré et plein d'humour était palpable... Et à juste raison ! Au cours d'une année quasiment complète de communication plus ou moins intense autour de sa production, Insomniac a appuyé sur des aspects forcément alléchants comme le voyage interdimensionnel, sans le moindre temps de chargement. Il est donc temps de débuter notre épopée.

Ratchet & Clank Rift Apart
  • Des personnages très réussis et un scénario convaincant
  • Alternance entre humour et scènes plus "sérieuses" parfaitement dosée
  • Graphiquement et techniquement superbe
  • Les fonctionnalités de la PS5 toutes bien utilisées
  • Durée de vie plus que correcte
  • Bande originale et doublages français impeccables
  • Un jeu qui plaira à tous les publics
  • Les dimensions impactent peu le gameplay
  • Un tantinet trop classique
  • Pas de différences entre Ratchet et Rivet manette en main

Disney n'a qu'à bien se tenir

Ce Ratchet & Clank: Rift Apart est considéré comme une aventure standalone, ce qui indique qu'il n'est pas nécessaire de jouer au reste de la série pour comprendre l'histoire narrée au fil des 13 premiers opus. Le fameux Lombax et son ami robotique coulent des jours heureux depuis leurs précédents exploits. Hélas, comme nous pouvions le redouter, le docteur Nefarious ne l'entend pas de cette oreille et dérobe un objet, nommé le Dimensionnateur, à nos héros.

La catastrophe qui devait arriver arrive et des portails dimensionnels s'ouvrent pour aspirer nos héros dans une autre dimension. Il faut alors se réapproprier l'arme à l'origine de ce désastre pour réparer les univers et ramener notre duo dans son monde d'origine.

Ratchet & Clank Rift Apart © Sony Interactive Entertainment
Ratchet, Clank et le pénible Dr Nefarious repartent pour une nouvelle aventure rocambolesque

Sur le papier, le scénario paraît intéressant et dans les faits il parvient sans mal à garder les joueurs en haleine jusqu'à sa conclusion. Le format de la campagne solo ne tranche pas radicalement avec celui des anciens épisodes puisque Ratchet et Clank vont de planète en planète avec leur vaisseau pour accomplir leur mission. La vraie nouveauté, qui vient passablement chambouler le déroulé des événements, se trouve du côté de Rivet, une autre Lombax habitant dans cette nouvelle dimension. Certaines quêtes nous permettent ainsi de l'incarner, bien que sa prise en main demeure en tout point semblable à celle de Ratchet (mais nous y reviendrons plus tard).

Quoi qu'il en soit, force est de constater que la réussite est de mise en matière de storytelling. Le jeu alterne entre humour, action et moments plus contemplatifs durant lesquels les personnages se questionnent sur leurs origines ou leur façon d'être. Les émotions s’enchaînent à l'écran à la manière d'un excellent Pixar. Il n'est donc pas rare d'esquisser un sourire et de se prendre d'attachement pour les protagonistes... Et Rivet sort vraiment du lot dans ce domaine tant elle s'imbrique parfaitement avec les deux héros iconiques de la saga. D'autant qu'une vraie surprise, dont nous tairons la nature, vient parachever le tout, sur ce casting des plus convaincants !

Ratchet & Clank Rift Apart © Sony Interactive Entertainment
Rivet, l'une des grandes réussites de cet épisode

Une PS5 déjà bien exploitée

À la sortie d'une nouvelle console, les joueurs espèrent prendre une claque monumentale sur la partie visuelle des jeux à gros budget. Insomniac Games est assez coutumier du fait, après un Ratchet & Clank (2016) et deux Spider-Man extrêmement plaisants à regarder. Mais puisque Rift Apart se permet d'arriver uniquement sur PlayStation 5, nous étions en droit d'attendre des graphismes à la hauteur des performances de la machine. Bonne nouvelle : la réussite est totale à ce niveau.

Les personnages sont modélisés à la perfection, les effets de lumière ou même de particules sont impressionnants et les décors fourmillent de détails. Quant aux cinématiques, elles vont encore plus loin pour se hisser à la hauteur des films d'animation des plus grandes compagnies.

Ratchet & Clank Rift Apart © Sony Interactive Entertainment
Certaines séquences décollent la rétine !

Dès le début de la partie, nous avons le choix entre trois modes de rendu distincts. Le premier favorise les graphismes avec une modélisation générale plus fine, une définition en 4K à 30fps et le ray tracing activé. Aucun ralentissement intempestif à signaler de notre côté durant les séquences riches en explosions et autres fusillades. Par ailleurs, un mode accentuant les performances à 60 fps et un mode ray tracing avec les 60 fps (nommé Performances RT) sont bien au programme. Nous détaillons les spécificités de ces modes en profondeur dans le bloc ci-dessous.

Autre atout indéniable du titre d'Insomniac, les temps de chargement ont bien été supprimés et charger une partie prend à peine une petite seconde. Le SSD fait clairement des merveilles ici !

Ratchet & Clank Rift Apart © Sony Interactive Entertainment
L'effet visuel des poches dimensionnelles est extrêmement bien rendu

Un point sur la technique

Ce nouvel épisode de Ratchet & Clank proposera dès le lancement trois modes graphiques différents. Nous avons pu les tester et tout le monde devrait y trouver son bonheur :

  • Fidélité (par défaut) : un mode qui cible un rendu en 4K à 30 images par seconde avec toutes les raffinements techniques poussés au maximum (ray tracing, effets volumétriques, nombres d'objets affichés à l'écran, distance d'affichage). Un excellent traitement du motion blur fluidifie l'affichage et fait mieux passer la pilule des 30 images par seconde, quand on s'est habitué au 60 images par seconde de la plupart des titres PS5.
  • Performances RT : ce mode cible un rendu en 4K dynamique à 60 images par seconde avec le ray tracing activé. Quelques compromis sont faits pour tenir cette fréquence d'images élevée, principalement les effets volumétriques qui sont fortement réduits, le nombre d'objets affichés et bien sûr, la résolution plus faible. Le jeu semble tourner en 1440p au minimum, mais l'excellent AA temporel permet d'obtenir un rendu vraiment propre même sur une TV 4K de 55". C'est pour nous le mode à privilégier pour profiter au maximum du titre, avec peu de compromis gênants.
  • Performances : un dernier mode qui désactive complétement le ray tracing pour booster la résolution tout en maintenant 60 images par seconde. Franchement à moins d'avoir une TV ou un projecteur de 80", cela n'apportera pas grand chose par rapport au mode « Performances RT », tout en vous faisant perdre la plupart des effets graphiques qui font de ce jeu une véritable expérience next-gen.
ratchet RT 30
Gauche : mode fidélité (30 fps RT ON) / Droite : mode performances RT (60 fps RT ON)

L'autre star insoupçonnée (ou presque) du soft d'Insomniac est la DualSense. La manette de la PlayStation 5 est superbement mise à contribution avec ses gâchettes adaptatives qui permettent de ressentir la résistance des armes. Le retour haptique n'a pas été oublié. Il émet des vibrations bluffantes pour reproduire des sensations en adéquation avec ce qu'il se passe à l'écran (Ratchet qui ramasse des boulons, tape les touches d'un clavier...). Le jeu gagne aussi en immersion grâce à l'audio 3D et au haut-parleur de la manette qui diffuse régulièrement des bruitages. En dehors de quelques bugs mineurs et de crashs qui devraient être corrigés pour le lancement, Ratchet & Clank: Rift Apart réalise un carton plein technique et utilise les fonctionnalités de la PS5 avec brio !

Ratchet & Clank Rift Apart © Sony Interactive Entertainment
Les scarapides permettent de se déplacer rapidement dans les zones plus ouvertes

Du Ratchet & Clank pur et pas si dur

Visuellement, l'exclusivité de Sony réalise donc un quasi sans-faute. Mais dans l'ensemble, et si ce n'est à quelques exceptions près, la progression et le gameplay de Ratchet & Clank: Rift Apart ne marquent pas une vraie rupture avec les jeux précédents.

Nous retrouvons par exemple la plupart des armes habituelles de la licence qui sont accessibles via une boutique en dépensant des boulons glanés au fil de nos pérégrinations. Globalement, l'arsenal demeure classique et moins déjanté qu'à l'accoutumée. Il est toujours possible de l'améliorer en dépensant du raritanium afin de déverrouiller des capacités inédites à force d'utiliser l'arme en question.

Ratchet & Clank Rift Apart © Sony Interactive Entertainment
Un mini-boss pointe à l'horizon...

Ce Ratchet & Clank à la sauce PS5 conserve, au passage, sa très légère dimension RPG. À force d'anéantir des ennemis, nos héros gagnent de l'expérience et montent en niveau. Ce gain se manifeste par la simple augmentation de la barre de vie maximale. Les similitudes continuent jusque dans certaines phases de gameplay qui demandent de dévaler des rails à toute vitesse ou d'attaquer par les airs à bord d'un moyen de locomotion. Aussi, chaque planète dispose d'une quête secondaire et de collectibles (boulons en or, robots espions...) à récolter. Le jeu tente tout de même d’insuffler un peu de variété au fil des heures avec notamment des petites énigmes relativement faciles. Rien de bien novateur donc...

Ratchet & Clank Rift Apart © Sony Interactive Entertainment
Queques passages apportent de la variété dans le gameplay

S'il n'y a rien à reprocher au gameplay, puisque les personnages répondent sans sourciller aux sollicitations du joueur, nous pouvons regretter l'absence de réelles variantes dans la manière de contrôler Ratchet et Rivet. Nos Lombax partagent des mouvements, des animations et même un arsenal totalement identiques. De plus, les joueurs vétérans comme débutants n'auront aucun mal à venir à bout du jeu en mode normal. Heureusement, il existe quatre modes différents pour adapter la difficulté et apporter un semblant de challenge à l'aventure. Quant aux gunfights, ils sont toujours aussi dynamiques et requièrent d'exploiter intelligemment les armes de Ratchet en fonction des ennemis croisés.

Ratchet & Clank Rift Apart © Sony Interactive Entertainment
Si l'arsenal n'a pas beaucoup changé depuis Ratchet & Clank (2016), certaines armes font bien le ménage

Un jeu en plusieurs dimensions

Comme nous avons pu le mentionner précédemment, un bonne partie de la campagne marketing du jeu s'orientait autour des voyages dimensionnels et leurs impacts sur nos héros. Si cet aspect du titre peut donner naissance à des instants remarquables, il y a tout de même de quoi être un peu déçu par le manque de répercutions sur le gameplay. Pendant un combat ou en pleine exploration, notre avatar peut par exemple se « téléporter » vers des sortes de portails dimensionnels visibles au loin.

Loin d'être nombreux, ces points d'attache remplissent au final la fonction d'un déplacement rapide sur une très courte distance plutôt qu'une réelle téléportation. Il en va de même pour les poches dimensionnelles qui, en plus d'être facultatives, débouchent simplement sur des parcours très réduits. Nous sommes assez loin d'un vrai « game changer » qui aurait pourtant pu apporter un regain de verticalité à la jouabilité.

Ratchet & Clank Rift Apart © Sony Interactive Entertainment
Les petites épreuves des poches dimensionnelles permettent d'obtenir des pièces d'armure

Mais durant les 15 heures nécessaires pour le terminer à 100 %, Ratchet & Clank: Rift Apart n'est jamais lassant. La progression est d'une limpidité exemplaire et on replonge avec plaisir dans une nouvelle partie via le mode défi (c'est-à-dire un new game +). Celui-ci permet de récupérer des armes supplémentaires tout en débloquant des améliorations inédites. Nous avons aussi passé un certain temps sur le mode photo qui ne manque pas d'options de personnalisation comme des filtres, des calques, des expressions faciales et bien plus encore.

Pour finir, il faut impérativement souligner que le titre est porté par une mise en scène qui se fait bien souvent marquante et des doublages français absolument irréprochables. Le level design fait également partie des points forts du jeu et quelques niveaux se permettent même d'offrir de vastes zones dans lesquelles il fait bon se promener. En résumé, la magie Ratchet & Clank opère toujours avec Rift Apart.

Ratchet & Clank Rift Apart © Sony Interactive Entertainment
Rivet va tout casser !

Ratchet & Clank Rift Apart : l'avis de Clubic

S'il ne réinvente pas une formule qui a déjà fait ses preuves, Ratchet & Clank: Rift Apart conserve le charme inhérent à une licence qui reste au sommet de sa forme après presque deux décennies d'existence. Le jeu fait preuve d'un équilibre parfait entre les phases de plateforme, les combats prenants et l'exploration des planètes somptueuses de cet opus.

En effet, les équipes d'Insomniac sont parvenues à dompter les capacités de la PS5 grâce à leur savoir-faire ancestral remontant à l'époque de la première PlayStation. Tout est réalisé avec une justesse olympienne... Et il faut dire que nous n'en attendions pas moins de leur part.

S'il est vrai que cet épisode prend peu de risques et que les dimensions n'influencent au final que faiblement le gameplay, Ratchet & Clank: Rift Apart demeure une réussite sur toute la ligne dans les autres domaines. La totalité de l'aventure est portée à bras le corps par des personnages attachants, un humour savamment dosé et une histoire menée tambour battant. Ratchet & Clank: Rift Apart ravive notre flamme nostalgique tout en y ajoutant une dose généreuse de modernité sur le plan technique. Un vrai bonheur !

Test effectué sur PS5 en mode "qualité" (4K-30fps) à partir d'un code fourni par Sony Interactive Entertainment

Ratchet & Clank Rift Apart

9

Insomniac Games livre un nouveau Ratchet & Clank qui se repose sur les bases de ses prédécesseurs et qui exploite à merveille les capacités de la PS5. En presque 20 ans d'existence, la saga n'a pas pris une ride et Rift Apart en est la preuve !

Les plus

  • Des personnages très réussis et un scénario convaincant
  • Alternance entre humour et scènes plus "sérieuses" parfaitement dosée
  • Graphiquement et techniquement superbe
  • Les fonctionnalités de la PS5 toutes bien utilisées
  • Durée de vie plus que correcte
  • Bande originale et doublages français impeccables
  • Un jeu qui plaira à tous les publics

Les moins

  • Les dimensions impactent peu le gameplay
  • Un tantinet trop classique
  • Pas de différences entre Ratchet et Rivet manette en main
Modifié le 11/06/2021 à 16h06
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