J.H Gavetti, Ikoula : "le Cloud Andromède est un projet ubuesque"

Après le lancement officiel de deux structures (Numergy et Cloudwatt) appuyées financièrement par l'Etat (via le Programme d'Investissements d'Avenir), les acteurs français du Cloud computing s'interrogent sur l'intérêt du projet. Jules-Henri Gavetti, le p-dg de l'hébergeur français Ikoula estime que cette initiative n'a pas sa place dans le paysage technologique.

Jules-Henri Gavetti, PDG Ikoula
Quel est votre sentiment maintenant que les structures SFR/ Bull et Orange/Thalès sont constituées grâce aux subsides des pouvoirs publics ?

Jules-Henri Gavetti : C'est n'importe quoi. Il y a des entreprises en France qui font de l'hébergement depuis 14 ans, qui ont créé des business à la force du poignet. Nous ne sommes pas seuls sur le marché, je pense à des OVH également qui sont déjà présents mais je ne comprends toujours pas pourquoi l'Etat finance un tel projet. C'est tout simplement ubuesque.

J'ai créé avec Ikoula 50 emplois et nous avons été accompagnés par les collectivités locales, notamment dans la région de Reims, mais il faut savoir qu'un marché existe déjà, que nous avons disposons également de Data Center. Orange et les autres n'avaient donc pas à pénétrer sur le marché.

Pour l'instant aucune offre de Numergy ou de Cloudwatt n'ont été dévoilées mais l'une des cibles seront les PME. Serez-vous en concurrence directe ?

J.H G : On vient chasser sur mon marché, il est donc logique que je sois remonté à bloc. Il faut bien comprendre que la concurrence est nécessaire mais elle doit être saine. Dans aucun business vous verrez des acteurs champignons venir sur un secteur technologique donné. Pour moi, cette initiative est donc un geste fort qui signifie que les PME innovantes n'ont pas leur place en France.

Si j'étais un Free je ferai plus de bruit mais je vais baisser la tête et continuer à avancer. Mais en tout cas, ce n'est pas un message positif.

Avez-vous pensé à d'éventuels recours ou à changer votre fusil d'épaule face à ces acteurs ?

J.H G : Pour nous le marché français est mort, nous venons d'ouvrir une boutique en Grande-Bretagne et nous comptons dès à présent investir à l'étranger. L'Espagne, l'Italie, l'Allemagne et le Portugal sont désormais nos cibles car nous allons forcément devoir accélérer notre feuille de route. Mais cela risque d'entraîner des destructions mécaniques d'emplois car en centralisant l'offre, ces nouvelles structures vont détruire de l'emploi.

Quant aux recours, nous avions fait une demande auprès du FSI (Fonds Stratégique d'Investissement, organisé dans le cadre du Grand emprunt) pour développer la fibre sur Reims et ainsi améliorer nos offres. A ce jour, nous n'avons toujours reçu aucune réponse de leur part.
Modifié le 06/09/2012 à 17h33
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