Mac : un malware détecté après deux ans d'existence

Vous ne connaissez pas encore Fruitfly ? Et pour cause : même les spécialistes de la sécurité informatique ont mis du temps à le découvrir. Ce malware a néanmoins existé pendant au moins deux ans et a infecté au moins 400 Mac. Et ce n'est que l'estimation la plus modeste !

Fruitfly : une architecture extrêmement simple et des objectifs imprécis


Interrogé par Ars Technica, Patrick Wardle, un chercheur chez Synack, une entreprise spécialisée dans la sécurité informatique, a indiqué qu'un malware pour Mac baptisé Fruitfly serait capable de prendre des captures d'écran, d'enregistrer les touches du clavier appuyées et d'activer la webcam... le tout à l'insu de l'utilisateur, bien sûr. Ce logiciel-espion collecte également les informations sur les périphériques connectés à l'ordinateur. Selon Patrick Wardle, qui a analysé le malware, ce dernier donnait à tout un chacun la possibilité de recevoir les données collectées, à condition d'avoir acheté des noms de domaine bien précis. Après avoir acheté l'un de ces noms de domaine, le chercheur a d'ailleurs constaté que pas moins de 400 Mac s'y étaient connectés. Les adresses IP et les noms des Mac infectés ont tout de suite été communiqués.

La facilité à collecter les informations et le fait que personne n'avait encore créé de domaines permettant cette collecte laisse penser que ce malware est plus une expérimentation d'informaticiens enthousiastes que le travail d'un vrai malfaiteur qui se serait fixé l'objectif de surveiller des cibles précises. Cette nouvelle reste néanmoins inquiétante dans la mesure où il s'agit d'une collecte d'informations par un tiers et à l'insu de la personne concernée.

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Des moyens de savoir si vous êtes infecté existent


Dans la mesure où Mac est un système d'exploitation assez perméable aux malwares, en comparaison avec Windows, il est probable que les personnes infectées l'aient été après avoir cliqué sur une URL se faisant passer pour un site légitime. Et comme les Mac infectés étaient tous des ordinateurs de maison, il apparaît que les auteurs de cette attaque n'étaient pas réellement motivés par l'obtention de secrets industriels ou de rançons importantes. Patrick Wardle considère même que le malware a déjà été abandonné par ses concepteurs.

Synack a depuis développé deux petits logiciels afin de permettre aux potentielles victimes de savoir si elles sont infectées : le premier, baptisé BlockBlock, prévient l'utilisateur du lancement du malware tandis que le second, baptisé Oversight, fait apparaître une notification à chaque fois qu'un logiciel essaie d'utiliser la webcam ou le micro.


Modifié le 25/07/2017 à 17h54
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