Un malware qui détruit vos données demande 222 bitcoins

Les pirates informatiques ont toujours une longueur d'avance : un malware très connu qui détruit les données, appelé KillDisk, est devenu un ransomware. Comme tout ransomware, il demande de payer une somme d'argent pour récupérer les données faute de quoi il rendra toute donnée illisible.

Mais le problème pourrait être bien plus important qu'une simple attaque de ransomware : KillDisk a été développé par une équipe de hackers, qui visait avant tout des entreprises pour leur voler les données et le fait d'y associer un ransomware pourrait n'être qu'un moyen de brouiller les pistes.

KillDisk : le malware de TeleBots s'attaque à vos disques durs


Le malware KillDisk porte bien son nom : il « tue » le disque dur qu'il infecte. Il a été identifié dans le courant de l'année 2016, après une série d'attaques visant des entreprises ukrainiennes ainsi que des banques. Les principaux antivirus le détectent désormais, mais il n'en reste pas moins extrêmement dangereux.

KillDisk a été développé par un groupe de hackers appelé TeleBots et avait pour but de limiter la possibilité de remonter leurs traces. Le groupe de hackers lançait ses attaques par le biais d'un troyen, qui leur permettait de voler les données des entreprises ciblées. Une fois les données volées, le malware était installé, réduisant le disque dur à néant : il supprime des fichiers, change des extensions et replace des fichiers systèmes. Les données sont irrécupérables et les ordinateurs ne peuvent plus démarrer.

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Un ransomware pour brouiller encore plus les pistes ?


L'activation de KillDisk rendait certes les données irrécupérables, mais les entreprises ciblées savaient qu'elles avaient été victimes d'une attaque. Selon Bleeping Computers, l'ajout du ransomware pourrait cacher autre chose que la simple volonté de TeleBots de récupérer un peu d'argent.

Une fois qu'il a infecté un ordinateur, KillDisk propose désormais deux options : soit payer 222 bitcoins, c'est-à-dire plus de 220 000 dollars selon le cours de la monnaie virtuelle du 2 janvier 2017, soit voir les fichiers être détruits. Les entreprises visées pourraient ainsi être tentées de payer ou de passer par une récupération de données classique (bien que le cryptage des fichiers soit plus poussé que celui des ransomwares les plus courants) ; elles ne se douteraient donc plus avoir été réellement attaquées et d'avoir été victimes d'un vol de données, soupçonnant un simple ransomware d'avoir infecté leur réseau.

Modifié le 02/01/2017 à 15h02
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